La prudence s’impose sur les marchés actions européens

Rédigé le 1 février 2011 par | Autres indices Imprimer

Que nous réservent les marchés actions européens pour 2011 ? Comme de coutume, depuis le début de l’année les pronostics fleurissent, variant d’un extrême à l’autre, même si les optimistes se font plus nombreux que les pessimistes…

Euro Stoxx 50 : la tendance de fond reste toujours aussi incertaine
Du point de vue de l’analyse technique, la situation n’a guère changé ces derniers mois, du moins s’agissant de l’indice Euro Stoxx 50 — considéré comme l’indice le plus représentatif du Vieux Continent.

Bien qu’il ait regagné près de 20% au cours de ces sept derniers mois — depuis le test des 2 500 points — la tendance de fond reste toujours aussi peu claire à moyen terme, comme en atteste la représentation graphique ci-dessous.

Graphique: Euro Stoxx 50 (en données hebdomadaires)

Cliquez ici pour agrandir

Certes, la moyenne mobile à 30 semaines s’est redressée, mais l’obstacle majeur des 3 035 points continue de bloquer la progression. La réaction baissière de ces derniers jours incite d’ailleurs à la prudence.

En effet, même si les marchés ont récemment fait preuve d’une très bonne résistance aux mauvaises nouvelles (concernant la zone euro avec le Portugal et l’Espagne, mais également les Etats-Unis avec un net redressement des inscriptions hebdomadaires au chômage, ou encore le Japon dont la note a été abaissée par l’agence Standard & Poor’s), la situation pourrait très vite se dégrader sous ces niveaux.

Et ce d’autant plus que la reprise de ces derniers mois s’est inscrite au sein d’un canal haussier, dont la sortie par le bas provoquerait sans nul doute un retour vers les plus bas de 2010.

CAC 40 : risque de correction à court terme
En ce qui concerne notre marché français, qu’en est-il du CAC 40 ? Sa reprise depuis juillet dernier de +22%, a été légèrement meilleure que celle de l’Euro Stoxx 50 mais la situation est toute aussi incertaine et fait même état d’un risque de correction à court terme.

Comme les principales places financières, la Bourse de Paris s’est adjugée plus de 12% au cours des deux derniers mois et, le retour au contact de son obstacle majeur à 4 080 points — qui correspond aux plus hauts testés en janvier puis en avril 2010 — offre pour nombre d’intervenants une zone d’allègement.

Graphique : CAC 40 (en données hebdomadaires)

Cliquez ici pour agrandir

Il est pour l’heure prématuré de parler de marchés baissiers à moyen terme, puisque la plupart des indices boursiers se situent actuellement sur des plus hauts de 9 mois (CAC 40), de 2,5 ans (S&P 500), voire carrément de 10 ans (Nasdaq 100). Néanmoins, les derniers retournements auxquels nous avons assisté ayant été rapides et violents, la zone actuelle doit éveiller votre attention et ce, alors que cette situation se retrouve également aux Etats-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni.

Le S&P 500, le Dow Jones, le DAX 30 et le FTSE 100, qui ont nettement plus progressé que le CAC 40 ou l’Euro Stoxx 50, se situent en effet, eux aussi, sous des obstacles significatifs qu’il convient de ne pas ignorer — même si la tendance a été incontestablement favorable ces dernières semaines.

Pour terminer, tant que ces différents indices n’ont pas franchi de façon claire et nette leurs niveaux obstacles précités, il convient de rester extrêmement prudent, le parallélisme entre les principaux marchés occidentaux étant là très évocateur. En somme, les indices ne font que refléter l’hésitation et l’angoisse des intervenants qui ne savent plus très bien si la crise est réellement derrière nous ou bien si de nouveaux soubresauts macroéconomiques restent possibles.

Articles du même auteur
Une valeur à fort potentiel pour bien commencer 2011
L’indicateur de sentiment, pour éviter d’intervenir au pire moment

Par conséquent, si on veut préserver son capital, « il est urgent d’attendre ». Pour un analyste technique honnête, qui regarde les marchés sur une durée assez longue pour s’extirper de l’agitation quotidienne, il serait d’ailleurs difficile de conseiller sereinement, sur ces niveaux cruciaux, l’achat comme la vente à découvert.

Mots clé :

Jerome Vinerier
Jerome Vinerier

Jérôme Vinerier est analyste technique CFTe (diplôme délivré par la fédération internationale des analystes techniques IFTA). Il a exercé cette profession avec passion pendant plusieurs années au sein d’un cabinet réputé au niveau européen, délivrant quotidiennement le fruit de sa recherche auprès d’investisseurs institutionnels sur une vaste classe d’actifs financiers (actions, devises, indices, matières premières). Animé par la recherche de la performance, il s’établit comme stratégiste indépendant en 2008. – See more at: http://quotidienne-agora.fr/redacteurs/#sthash.0s0xSg5B.dpuf

Laissez un commentaire