Francfort m’appelle

Rédigé le 7 mai 2009 par | Autres indices Imprimer

Petit retour en ce début mai sur l’indice directeur européen, de la Bourse de Francfort : le Dax.

Comme je le soulignais dans un précédent article sur le Dax, l’indice a tendance à surperformer le CAC40, dans les hausses comme dans les baisses. Et c’est encore le cas dans le rebond qui s’est opéré depuis début mars, avec une progression de plus de 33% en deux mois, contre à peine 29% pour notre indice national.

Devrait-on s’inspirer de l’Allemagne pour ne pas rater le rebond ? Les dernières statistiques macro-économiques de l’Allemagne, qui possède pourtant des secteurs financiers et industriels plus développés que les nôtres, montrent sa meilleure résistance économique à la crise.

Ainsi, le chômage en avril s’établit à 8,3%, un taux inférieur à la France, et l’indice ZEW du moral des investisseurs est passé de -3,5 à 13 en avril, revenant pour la première fois en territoire positif depuis juin 2007, et confirmant un rebond de l’économie allemande.

La politique économique de la coalition n’y est peut-être pas pour rien, avec entre autres une augmentation du taux de la TVA de trois points de 16% à 19%, et de l’impôt pour les plus riches à 45%. N’est-ce pas exactement le contraire de ce que fait la France, alors que nous sommes dans un contexte de déficits qui explosent ?

L’observation des mesures économiques de notre voisin devrait peut-être nous faire réfléchir si l’on ne veut pas à nouveau être en retard dans le rebond, ou la reprise (comme le CAC vis-à-vis du Dax).

Mais revenons à l’indice vedette allemand, et à son évolution ces derniers mois.

Quelle est la situation technique à moyen terme ? Lors de mon dernier point sur l’indice, début février, alors que nous étions à 4 600 pts, je vous indiquais ma préférence pour une cassure à moyen terme du support des 4 000, et une accélération à la baisse qui s’en suivrait, qui pourrait aller jusqu’aux 2 700.

L’histoire s’est emballée très rapidement, et quelques semaines après, nous avons effectivement cassé le support horizontal des 4 000, et accéléré à la baisse, pour finalement faire un point bas au niveau des 3 588 pts début mars, en bas d’un canal baissier que vous pouvez voir sur un graphique en données hebdomadaires ci-dessous, et que vous avez déjà pu observer sur d’autres indices.

Graphique du DAX

Depuis, nous avons nettement rebondi pour atteindre le haut de ce canal baissier, et nous flirtons avec la borne haute de celui-ci autour de 4 780 pts.

Toutefois, à moyen terme, la tendance reste baissière depuis 2007. Nous sommes dans un rebond, certes, majeur, mais rebond seulement.

Les objectifs de celui-ci se situeraient donc à moyen terme au niveau entre les 50% de retracement de toute la baisse entre 2007 et mars dernier, à 5 870 pts, et les 61,8% à 6 408pts, sachant qu’il existe une résistance horizontale majeure au niveau des 6 162 pts.

Mais à court terme ? Mais nous n’en sommes pas encore là, loin s’en faut, et ce rebond doit être confirmé.

Elément important, contrairement à la plupart de ces homologues, le Dax a déjà dépassé tout récemment le retracement de 23,6% de toute la baisse entre 2007 et mars dernier, à 4 665 pts. Toutefois, j’attribuerais plutôt cet élément à la surperformance de l’indice à court terme, et tant que les indices américains n’auront pas fait de même, cela demande à être confirmé.

Mais comme vous l’aurez remarqué, cette semaine pourrait justement être cruciale, puisque nous sommes à la fois en haut du canal baissier à court terme, et juste au-dessus de ce niveau de retracement.

Pourtant, après quasiment neuf semaines consécutives de hausse (du jamais vu depuis des années !) aura-t-on la force de sortir du canal baissier dès à présent, sans la moindre consolidation significative ?

Quand on se penche sur les indicateurs mathématiques, la vision est mitigée. Le stochastique hebdomadaire ne montre pour l’instant pas de signe de lassitude, et semble installé au-dessus de son support horizontal à 78, mais à un niveau stratosphérique de plus de 94, il ne pourra pas aller beaucoup plus haut. En d’autres termes, il n’est pas pour l’instant très parlant, et seule une cassure des 78 nous confirmerait une consolidation dans les semaines qui viennent.

Le RSI à 14 semaines met beaucoup moins d’entrain à progresser quant à lui, et ne parvient même pas à dépasser la zone de neutralité des 50, en butant contre une résistance horizontale à 52, nous indiquant qu’il sera difficile d’accélérer beaucoup plus longtemps à la hausse.

En cas de correction de la hausse depuis début mars, l’objectif serait alors au minimum le haut du gap haussier du 2 avril à 4 173 pts, qui coïncide avec le retracement de 50% du rebond, et plus probablement, le support horizontal majeur des 4 000 pts, plus bas de 2008 et janvier 2009 et retracement de 61,8% de la progression depuis neuf semaines.

Pour résumer, si la poursuite du rebond est probable à moyen terme, nous sommes à court terme sur des niveaux qu’il sera difficile de dépasser sans une saine correction après ces neuf semaines consécutives de hausse.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

Un commentaire pour “Francfort m’appelle”

  1. […] déjà eu l'occasion de vous en parler dans ces colonnes, le Dax est, depuis quelques années, plus volatil que ses homologues européens. En effet, il a […]

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