Série noire à Francfort : le DAX kaput ?

Rédigé le 23 avril 2013 par | Apprendre la Bourse, Big caps Imprimer

Conférence "A la recherche du rendement perdu"

Hasard ou coïncidence ? La place boursière qui présentait le meilleur taux de corrélation par rapport à la chute des matières premières la semaine dernière n’était pas Sydney (l’Australie est le premier fournisseur de la Chine), ni le Chili (premier producteur de cuivre), ni le Canada (qui produit de tout, du charbon au diamant, de l’acier au lingot d’or)… mais l’Allemagne.

Soyons réaliste : ce n’est pas le plongeon des métaux précieux ou industriels qui a fait reculer le DAX 30 de 3,75%. Ce n’est pas non plus la sidérurgie (THYSSENKRUPP – DE0007500001 a perdu 4,3%, en ligne avec la tendance générale) ni le secteur minier (absent de l’indice), mais bien des poids lourds comme SIEMENS (DE0008032004) à -5,75%, SAP (DE0007164600) à -3% vendredi, ou RWE (DE0007037129) à -13,85% d’un vendredi sur l’autre.

Et que penser de COMMERZBANK (DE0008032004) qui chute de 21% depuis le 1er janvier et de 33% depuis son zénith annuel ? A 1,14 euro, le titre file tout droit vers la zone des penny stocks.

Qui aurait pu imaginer qu’une des plus puissantes banques allemandes pourrait subir une telle débâcle ? Il convient de s’interroger sur ce que cela révèle de la fragilité du système financier germanique et des risques liés à l’exposition sur des pays « périphériques » dont la sortie de l’ornière ne semble pas aussi évidente qu’aux yeux des politiques.

DEUTSCHE BANK (DE0005140008) sauve un peu l’image du secteur bancaire allemand — mais elle affiche tout de même -9% depuis le 1er janvier et -20% sur son zénith annuel.

L’Allemagne semble surtout pâtir de la prise de conscience que la Chine est en train de changer de modèle de développement. La décennie glorieuse marquée par l’achat massif de machines-outils destinées à produire des biens destinés à l’exportation est révolue.

La Chine est largement excédentaire en capacités de production. Elle se tourne désormais vers la demande intérieure en s’appuyant sur une offre locale, impératif de sauvegarde de l’emploi oblige.

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Par ailleurs, la dévaluation massive du yen rend la Chine moins compétitive — et le yuan, arrimé au dollar, recule face à l’euro.

Du coup, c’est l’Allemagne qui perd des points de compétitivité, de façon particulièrement dramatique face au Japon avec lequel l’industrie germanique se retrouve en concurrence frontale.

L’euro fort commence à plomber la croissance allemande. Cette dernière ne saurait être soutenue par la consommation (comme en Chine), car les salaires moyens outre-Rhin figurent parmi les plus bas du nord de l’Europe, loin derrière la France, l’Autriche ou la Belgique.

Si Angela Merkel décide de soutenir le pouvoir d’achat des retraités et de certaines catégories de fonctionnaires, elle ne peut en revanche instaurer une hausse du revenu minimum ni peser sur les négociations entre patronat et syndicat dans le secteur privé.

L’émergence d’un nouveau parti politique — plus qu’euro-sceptique puisqu’il prône une refonte de l’euro ou une sortie pure et simple — est assez symptomatique du malaise actuel : un dernier sondage crédite cette formation de 5% des sièges au Bundestag aux prochaines législatives.

Le risque d’un ralentissement mondial tel que l’induit le séisme des matières premières se solde par un sentiment de malaise à Francfort, le DAX 30 alignant pas moins de six séances de repli consécutives.

Un 5 sur 5 à la baisse, c’est un scénario rarissime — c’est même du jamais vu depuis mai 2012 puis la période noire de la mi-novembre 2011.

La franche cassure du plancher majeur des 7 580 après un triple test historique de la zone des 8 075/8 100 points induit un risque de correction majeur, avec un premier objectif de retracement du plancher des 7 000 points de mi-novembre 2012

Il n’est pas exclu que Francfort tente de revisiter la zone des 7 585/7 600 — tout comme le CAC 40 s’était hissé vers 3 660 vendredi –, mais c’est souvent un « rebond de chat mort »… et la correction reprend avec d’autant plus de vélocité lorsque les précédents planchers sont enfoncés.

Le premier objectif serait le comblement du gap des 7 351 points du 28 novembre 2012 puis celui des 7 195 points du 21 novembre, avant de rejoindre le principal support déjà mentionné des 7 000 points.

 

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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