Que faire sur BNP maintenant ?

Rédigé le 29 mai 2009 par | Big caps Imprimer

Ces derniers jours de mai sont riches en événements sportifs, entre l’haletante fin du championnat de France de football, et la quinzaine de Roland Garros qui vient de débuter.

Et justement, entre deux touchers de balle de Federer, je me suis dit qu’il serait bien de faire un point avec vous sur la BNP. Allez savoir pourquoi j’ai fait ce rapprochement… peut-être à cause du vert des tribunes… ou peut-être plutôt parce que BNP a nettement une longueur d’avance dans le jeu des bancaires.

Il y a trois mois, je publiais ces lignes dans un billet sur le secteur bancaire, où j’expliquais — alors que beaucoup ne voyaient pas la moindre éclaircie à court terme — qu’un rebond d’environ 100% était probable sur le secteur qui surperformerait le marché dans cette période. Celui-ci a eu lieu, et la BNP a été parmi celles qui ont fait encore mieux que le secteur.

Mais aujourd’hui, à l’heure où plus personne ne parle de faillites bancaires, alors que la Bank United en Floride, avec près de 12,6 milliards de dollars d’actifs, a fait défaut la semaine dernière, dans la plus grande indifférence, il me semble intéressant de jeter un coup d’oeil au leader de ce secteur dans la zone euro.

◊ Fondamentalement : un grand coup droit

Ce rôle de leader, récemment renforcé par le rachat de Fortis, plutôt bien négocié, mais aussi par une étonnante capacité à rebondir, comme le montrent les chiffres du premier trimestre 2009. Le bénéfice net de 1,56 milliards d’euros et la progression de toutes les activités du groupe (dans la banque de détail comme d’investisasement) expliquent entre autres cette surperformance de la BNP par rapport à ses concurrents, et encore plus par rapport au marché.

Dans les cours actuels de 45 euros, alors que le CAC 40 tourne difficilement autour de l’équilibre et que son secteur de référence en Europe ne dépasse pas les 20% depuis le 1er janvier, la banque signe ainsi un gain de plus de 50% depuis le début de l’année.

Je ne m’étalerai pas ici sur les atouts fondamentaux du groupe à moyen terme, mais il a clairement démontré ces derniers mois que même s’il était dans un environnement difficile, c’est un de ceux qui a le mieux résisté. Sa performance sur le marché confirme surtout, et c’est le plus important, qu’il est l’un des mieux placés pour profiter d’une éventuelle reprise à moyen terme.

◊ Techniquement : c’est plus compliqué…

Mais justement, à moyen terme, que nous dit le graphique en données hebdomadaires ?

Graphique de BNP en données hebdomadaires

Tout d’abord, la tendance à moyen terme est toujours baissière. Les cours sont coiffés par une résistance oblique baissière qui joint les tops de juin 2007 et septembre 2008, et se situe actuellement au-dessus des 60 euros.

Sur cet horizon hebdomadaire, on remarque que la BNP a dessiné en janvier et mars dernier une jolie figure en « double bottom« , avec deux points bas successifs très proches dans la zone des 20 euros, dont l’objectif, en dépassement des tops de fin janvier, a été récemment atteint et même dépassé à un peu plus de 40 euros.

Mais le plus dur n’est pas fait. On voit clairement sur le graphique en données hebdomadaires que c’est maintenant un véritable mur de résistances qui se dresse sur le chemin de la valeur : – résistance horizontale des 50 euros, anciens plus bas de mars et juillet 2008 ; – juste au-dessus, les 50% de toute la baisse de juin 2007 à janvier 2009, à 53 euros ; – enfin, les 60 euros, niveau de la résistance oblique baissière, et du retracement de 61,8% de cette même séquence de correction.

Les indicateurs mathématiques confirment qu’après ce rebond de plus de 100% depuis les points bas de janvier, nous sommes actuellement dans une zone stratégique sous les 50 euros, et il sera difficile de la dépasser dans les semaines qui viennent.

En effet, le RSI à 14 semaines teste actuellement une résistance descendante qu’il n’est pas parvenu à franchir nettement depuis 2006 ! Quant au MACD hebdomadaire, il a beaucoup de mal à franchir nettement le niveau du 0.

◊ Faites attention : sécurisez votre position

Il ne faut donc présumer de rien, mais sauf sur un passing shot d’extraterrestre, il sera difficile de passer ces résistances dans les semaines qui viennent. Il me paraît sage de prendre vos bénéfices dans la zone actuelle, ou au moins de protéger vos positions à l’achat avec des « trailings stops ».

◊ A court terme, respirez un peu… mais vite

Graphique de BNP en données journalières

A court terme, la situation technique est plus réjouissante bien sûr, puisque nous nous situons dans un canal haussier depuis les points bas de mars dernier.

Les indicateurs mathématiques renforcent mon sentiment haussier sur cet horizon, avec un RSI 14 installé au-dessus de la zone de neutralité des 50%, et un MACD soutenu par une droite de support oblique ascendante, qui coïncide actuellement avec le niveau du zéro, confirmant que la tendance à court terme est haussière.

Toutefois, si l’on y regarde de plus près, on voit que les cours ont récemment buté sous la résistance des 50 euros dont nous parlions plus haut, et malgré la force du rally de ces derniers mois, ils n’ont même pas été jusque là, et ont échoué par deux fois récemment sous les 48 euros.

Sur les indicateurs, on note également quelques signes d’essoufflement, avec des divergences baissières sur le RSI comme le MACD, c’est-à-dire que le dernier plus haut sur les cours n’a pas été suivi par un plus haut sur ces indicateurs.

Pourtant, la tendance reste positive pour le moment, et il faudrait casser nettement le canal haussier en cours (actuellement support à environ 43 euros), pour confirmer une consolidation.

Si vous avez acheté le secteur bancaire et BNP en février dernier, quand je vous en avais parlé, je conseillerais aujourd’hui de garder la valeur avec un « trailing stop » à ce niveau, voire légèrement en dessous.

◊ En cas de cassure du canal haussier, et d’échec sous les 50 euros, quel serait alors l’objectif ?

C’est très clair pour moi, l’objectif naturel d’une correction à court terme serait la zone des 34/35 euros, que l’on retrouve comme niveau de retracement de 50% du rebond depuis janvier dernier, mais surtout comme support horizontal majeur, correspondant aux anciens points bas de novembre 2008, et aux plus hauts de début janvier.

La solidité de ce niveau, si nous allions le tester dans les semaines qui viennent sera déterminante.

En résumé, la BNP a bel et bien un break d’avance, c’est indéniable. Pour l’instant, elle a surperformé le marché, mais cela reste à confirmer… car nous ne sommes qu’à la fin du premier set !

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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