Tour d’horizon du ralentissement mondial tel que le prévoit (le rêve ?) le FMI…

Rédigé le 6 octobre 2015 par | Toutes les analyses Imprimer

Une début de semaine riche en statistique ne saurait être complet sans une contribution de ce cher Fonds Monétaire International. Après les estimations de la Banque Mondiale hier, c’est au tour de l’institution présidée par Christine Lagarde de donner son avis sur la croissance mondiale.

Ses experts ont donc  mouliné les chiffres de l’été… et n’y voient que des raisons d’anticiper un ralentissement de la croissance mondiale : elle serait limitée à 3,1% cette année et 3,6% en 2016, soit un repli de 0,2% par rapport aux dernières estimations pour chacune des années, ce qui est parfaitement conforme aux attentes du marché.

Ce qui l’est encore davantage, c’est le constat d’une dégradation plus sévère que prévu des grandes économies émergentes, telle que le Brésil et la Russie… mais le FMI se montre silencieux sur la Chine, où de nombreux économistes abaissent de 7% à 5% leur estimation de croissance du PIB en 2015.

De plus, avec la chute des prix du pétrole, ce sont aussi les pays exportateurs d’or noir qui vont connaître un ralentissement de leur activité économique.

Cependant, le FMI reste particulièrement optimiste pour les États-Unis cette année et révise à la hausse ses prévisions (+0,1 % pour une croissance atteignant désormais les +2,6%) mais les réduit prudemment eux de 0,2%, à +2,8%, en 2016.

Même sanction pour le Japon (-0,2 % à 0,6% en 2015 et 1,0% au lieu de +1,2% en 2016).

Enfin pour la zone euro, l’anticipation reste inchangée à +1,5% en 2015 et revue de +1,7 à +1,6% en 2016.

Pour notre part, nous serions très étonnés que les États-Unis atteignent ne serait-ce que 2,5% de croissance cette année, sauf à s’en remettre à un travestissement statistique – comme cela fut accompli très ouvertement au 2ème trimestre.

Il n’y a qu’à observer le creusement de 15% du déficit commercial en août : il était anticipé à 42 Mds$, il ressort à 48,3 Mds$… et ce n’est pas parce que les américains se sont mis à consommer comme des fous des produits chinois mais bien parce que la demande extérieure se contracte.

Et que dire de la chute de -1,8% des commandes à l’industrie allemande en août après -2,2% en juillet ?

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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