Comment gagner plus de 30% dans un marché désespérément amorphe ?

Rédigé le 14 février 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Responsable analyste de Levier7, un service de trading sur les produits dérivés

La volatilité baisse de plus en plus sur les marchés ces dernières semaines. Le VIX s’est d’ailleurs rapproché de ses plus bas de l’année dernière. Les variations sur les indices, et notamment sur le CAC 40, ne permettent donc pas — ou rendent très difficile — le trading pour celui qui fait ce que l’on appelle du swing trading.

Soutenue par l’analyse technique et l’étude des corrélations inter-marchés, cette technique permet de capter les tendances à court terme. Mais cela est moins facile à appréhender dans un marché où la tendance n’est pas forte. Dans ce cas-là, il vaut mieux utiliser ce qu’on appelle le stockpicking — c’est-à-dire la sélection des valeurs au sein d’un indice.

En cherchant des valeurs qui montrent des signes de force (ou de faiblesse) par rapport à l’ensemble du marché, cette méthode permet de dégager de la performance même dans un marché atone.

Voici comment.

Un petit 0,35% sur le CAC 40…
Pour ce faire, j’ai décidé de revenir avec vous sur le trade sur Peugeot que j’ai récemment réalisé à un moment où le CAC 40 n’a quasiment pas bougé.

Pour illustrer cet exemple et bien comprendre la notion de stockpicking et de sur- ou sous-performance par rapport au CAC 40, examinons ensemble ce qui s’est passé sur l’indice entre les 19 et 24 janvier dernier :

Graphique: CAC 40

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Comme vous le voyez clairement sur ce graphique, si j’avais vendu le CAC 40 à l’ouverture le 19 janvier à 4 019 points et que je l’avais racheté le 24 janvier à la clôture à 4 033 points, mon opération aurait été quasi-nulle voire légèrement perdante puisque j’aurai perdu 0,35%.

Au sein de mon service de trading, j’utilise quotidiennement les turbos (produits dérivés) avec des effets de levier très raisonnables (entre 4 et 15). Cela nous permet, entre autre, de multiplier les performances sur le court terme tout en limitant les risques. Pour Peugeot j’ai utilisé un effet de levier de 5. En tenant compte de celui-ci, la variation sur le CAC 40 aurait été de 1,75%, ce qui reste relativement faible.

… Contre 6% sur Peugeot
Passons maintenant au graphique de Peugeot. Vous pourrez ainsi mieux comprendre combien la sous-performance (ou surperformance) d’un titre peut être importante sur une courte période — moins d’une semaine dans le cas présent — et nous permettre de sortir gagnant alors même que les mouvements observés sur le CAC 40 sont relativement faibles :

Graphique: Peugeot

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Le 19 janvier dans l’après-midi, Peugeot a confirmé ses signes de faiblesse. Je surveillais la valeur de près suite à une divergence baissière sur le RSI la veille — l’indicateur commençait à baisser malgré le sommet sur les cours — et celle-ci a corrigé nettement plus que le marché ce 19 janvier dernier.

Le titre a d’ailleurs dessiné, en chandeliers japonais, une structure proche d’une étoile du soir. Ce soir-là, il a clôturé au plus bas validant ainsi le scénario que j’avais anticipé dans la journée grâce aux signaux que me donnait l’analyse technique.

J’ai donc pris position sur un turbo put dans l’après-midi avec un levier assez faible (5), la valeur étant assez réactive.

Mon scénario de correction sur le titre s’est poursuivi les jours suivants jusqu’au 24 janvier. J’ai alors décelé des signes de rebond sur le titre sur le niveau des 30,30 euros. En conséquence, j’ai décidé de prendre nos bénéfices un peu plus haut au moment où un rebond se mettait en place à court terme. Celui-ci se confirmera d’ailleurs le soir même et les jours suivants.

Au final, entre le moment de notre prise de position et la sortie de celle-ci, Peugeot a perdu un peu plus de 6% (en 5 jours). En comparaison au petit 0,35% du CAC 40 sur la même période, cela fait une sacrée différence.

Soit 31,03% de plus-value
Avec l’effet de levier de 5 utilisé, le gain sur la position s’élève à 31,03%. Au regard des variations du CAC 40 dans le même intervalle, cela représente une belle opération.

D’habitude, j’utilise en moyenne un effet de levier 7, rapporté au cas qui nous intéresse aujourd’hui cela nous aurait offert un gain de 42%. Bien sûr, cela ne fonctionne pas à chaque fois mais ce trade n’a rien d’exceptionnel. Néanmoins, il vous permet d’appréhender la manière dont j’utilise la sélection des valeurs (stockpicking) pour tirer notre épingle du jeu et faire des performances même lorsque le marché évolue très peu.

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Dans un contexte de marché où les écarts sont de plus en plus faibles et tant qu’une tendance forte ne se dégage pas à court terme, cela reste à mon avis une des clés de la performance pour votre portefeuille.

Je la mets donc au service de mes abonnés (avec l’analyse technique) afin de faire mieux que le marché et ce, quelles que soient les conditions de marché. A ce jour notre performance affiche sur l’année 518%.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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