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FLASH SPÉCIAL BREXIT : Le Royaume-Uni n’avait plus rien à perdre. Et vous, qu’allez-vous perdre ?

Rédigé le 24 juin 2016 par | Actions, Analyses indices, Indices, sociétés et marchés, Taux & Devises Imprimer

Le scénario est sans précédent, tout comme l’organisation d’un referendum sur la volonté de continuer d’appartenir ou non à l’Union européenne (UE).

Brexit : le Royaume-Unis va quitter l’UE

L’UE : une assemblée de 28 nations, dont l’agrégation à « marche forcée » a débouché sur un ensemble hétéroclite, dont une grosse moitié des membres a adopté l’euro et l’autre non.

Le Royaume-Uni faisait partie de la seconde moitié. Mais son poids économique – second du classement européen en termes de PIB, au coude à coude avec la France – va très au-delà d’une simple donnée algébrique. Londres est la première « ville monde » d’Europe et la City constitue le cœur du réacteur nucléaire financier. Et peu importe que l’euro n’ait pas cours sur la rive nord de la Tamise.

Quelques éléments sociaux et géopolitiques du Brexit

Ce réacteur financier génère beaucoup de recettes dont la City demeure la principale bénéficiaire, avec des bonus à 1 M€ pour certains brasseurs d’argent et qui, contrairement à la théorie-alibi du ruissellement, ne profite pas à la population britannique. La question du logement est un cauchemar à Londres et sa grande périphérie, pour ceux qui ne bénéficient pas de salaires à 5 zéros.

Il est devenu très difficile d’accéder aux soins dans les villes du Royaume-Uni où le taux d’immigration est très fort. Les citoyens gagnant plus de 50 000 £ par an ne fréquentent pas les hôpitaux et les dispensaires bondés. Ils ne mettent pas 1h30 à 2h, matin et soir, pour se rendre de leur domicile à leur travail dans des transports qui se délabrent.

Tout ceci ne semble pas avoir beaucoup de rapport avec l’Europe, ni avec la bureaucratie de Bruxelles (et cela n’en a probablement pas beaucoup) et pourtant : l’analyse du vote démontre que celui-ci est à la fois social et géopolitique. Il signifie :  assumer son destin de grande nation quand l’Europe s’enfonce dans l’impuissance et la compromission.

Mais l’aspect social a probablement été sous-estimé tant les pro-Europe ont axé leur communication sur le risque que la situation soit pire.

Le Royaume-Uni avait-il quelque chose à perdre ?

Et ce alors que les chiffres de l’emploi anglais, allègrement embellis, masquent un chômage endémique, une précarité record, un sous-emploi subi… et peut-être des millions de personnes non comptabilisées parce que ne cherchant plus de travail, comme aux Etats-Unis. Et toutes ces personnes n’ont en fait plus rien à perdre, que la livre baisse ou que le chômage augmente, puisqu’elles sont déjà hors circuit.

En ce qui concerne « l’Europe qui apporte la paix » : l’état d’urgence renforcé en France, l’état d’alerte maximum en Belgique, le président Erdogan (Turquie) qui se joue d’Angela Merkel et humilie ses députés, qui fait déferler les migrants à travers l’Europe… Cela semble préfigurer des lendemains assez sombres.

L’Europe serait devenu un repoussoir

Le discours arrogant des élites politiques, qui tiennent le même discours que les eurocrates qui se targuent, tel Jean-Claude Juncker, de fouler au pied la démocratie ; des instituts de sondage aux ordres ; des pays soi-disant partenaires qui ont fait campagne sur le mode menace (« le pire attend le Royaume-Uni en cas de Brexit »)… Tout cela a pu finalement conférer à l’Europe un caractère de repoussoir.

Trop de Britanniques, de Gallois, d’Écossais, d’Irlandais se sentant laissés pour compte, taxés de xénophobes, alors qu’ils vivent des situations tendues dans chaque aspect de leur vie quotidienne, ont succombé à la tentation de donner un coup de pied dans la fourmilière.

La stupeur des marchés est la mesure de leur certitude que le peuple n’oserait pas braver leurs mises en garde. Cette stupeur est d’autant plus grande qu’un sondage diffusé par Populus donnait le Bremain gagnant jeudi midi avec une marge irréversible de 10 points, à 55/45 en faveur du stay. Rappelez-vous : les marchés exultaient, le CAC40 prenant plus de 2%, et les indices américains ont ouvert largement dans le vert.

Mais comment ne pas être confondu par les méthodes de sondage et d’analyse manifestement erronées d’un institut roulant ouvertement pour le Bremain, et dont la dernière enquête a littéralement euphorisé la City ? D’autant que les autres sondages commandés créditaient le Brexit d’un maximum de 48%… un pourcentage constant depuis le week-end dernier !

Il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir… et qui éteint la lumière pour empêcher les autres d’y voir clair.

Beaucoup a déjà été dit – et beaucoup de bêtises aussi – sur les conséquences d’un Brexit pour les citoyens du Royaume-Uni ; en réalité, tout reste à négocier avec l’Europe.

Brexit : le pire est pour l’Europe

C’est surtout l’Europe qui va subir un véritable séisme psychologique et politique. Elle va devoir se réinventer de fond en comble au risque de se disloquer en quelques mois.

Combien de milliards de livres, d’euros, de yen (et peut-être de dollars) les banques centrales vont-elles devoir injecter en attendant qu’un nouveau modèle d’Europe voit le jour ? Ne sont-elles pas rendues au bout de la logique consistant à empêcher les marchés de baisser à tout prix, en toute circonstance, de telle sorte que les actifs affichent des niveaux de valorisation qui arrangent tout le monde ?

L’Europe, une entité largement surcotée, qui s’imagine encore jouir d’une fabuleuse réputation, mais tourne le dos aux principes qui la justifiaient, qui prétend en permanence apporter une prospérité qui ne profite qu’à une minorité, qui prétend apporter une sécurité que chaque journal de 20H bat en brèche.

Pour nos lecteurs, pour ceux qui ont suivi nos dernières vidéos (ici et ici), qui ont osé braver le scénario de l’inéluctable maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union, ceux là vont réaliser une plus-value historique sur les BX4, BXX, DSD (bear DAX), ETF bear S&P500 (SDS, SPXS, etc.).

Et ils vont même faire un carton plein sur l’or qui bondit au-delà des 1 315 $ et se prépare pour une envolée en direction des 1 400 puis des 1 440 $ (des objectifs déjà évoqués dans de précédentes chroniques du jeudi). Si vous suivez Jim Rickards également, vous avez prix des positions en pariant à la baisse sur la livre sterling, les marchés actions anglais et avez déjà surchargé votre compartiment or, pas plus tard qu’hier encore : Bravo, nous ferons le point sur ces trades, mais vous devriez enregistrer des gains comme jamais vus. A ceux qui doutaient du système et de l’indicateur de market timing « Croix de Kissinger » de Jim… vous devriez relire ce dossier. Vous venez d’avoir la preuve de sa pertinence.

Le Brexit sur les marchés

Le CAC40 ouvre en perte de 8,50%, en gap baissier, évidemment. Les banques sont d’être mise fortement sous pressions dès l’ouverture, les banques centrales devant convenir d’un calendrier pour organiser une réunion d’urgence. La Société Générale perd 24%, la BNP 16%.

De fortes perturbations sont à redouter sur de nombreux instruments financiers à effet de levier (warrants, ETF, options), certains pourraient avoir du mal à coter. Sur le FOREX, c’est véritable carnage qui s’annonce pour les opérateurs short Yen, short dollar et surtout longs sur le cable, c’est à dire le Sterling.

Pas de coupe-circuits sur le FOREX malgré la volatilité paroxystique qui s’annonce.

Alors que le CAC40 a retracé directement le récent plancher des 4 140 (qui sera à coup sur défendu par les sherpas), le DAX30 a enfoncé les 9 500 en ouvrant à 9280 le S&P500 les 2 000 points.

Sur ces niveaux, il ne faudra pas se priver de prendre quelques bénéfices, disons sur 1/3 des positions bear, sachant que nous avons renforcé nos couvertures à 4 500 et sommes passés shorts (en doublant la mise) avec un indice renouant avec le pivot des 4 444.

D’autres allègements pourront être envisagés à l’approche des 4.000 points (en cas de rumeur de non suivi des résultats du scrutin par les députés britanniques qui prendraient un risque politique énorme… mais que la City plébisciterait). Mais l’objectif devient clairement un retracement du plancher annuel, sur les 3 890/3 900 sur le CAC40.

Nous espérons continuer de faire un sans faute et pour cela, nous appliquer à faire l’inverse de ce que pronostiquent les bookmakers.

Autre remarque : depuis quelques séances, Mathieu recommande des shorts dans La Bourse au Quotidien Pro. Il a sécurisé toutes ses positions longues par des « stop zéro ». Si vous lisez BAQ PRO : vous devriez être tranquille. Les autres, pour gérer la suite mais aussi arriver à profiter de la baisse qui nous attend, vous devriez rejoindre Mathieu et ses trades quotidiens sur actions françaises.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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