Euro : achat sur repli vers 1,3485 et 1,3370 pour jouer la hausse

Rédigé le 8 février 2011 par | Matières Premières Imprimer

Analyste et responsable d’un service de trading sur le Forex

Après un mois de janvier très technique, où tous les gérants ont repris des positions et rééquilibré leurs portefeuilles, le mois de février, lui, semble placé sous le signe de la volatilité.

Alors que les prochains trimestriels se font déjà attendre, nous entrons dans une période d’incertitudes avec en toile de fond une tension géopolitique que les marchés, à mon avis, sous-estiment.

L’inflation au coeur des débats
Le thème principal est définitivement l’inflation. Sur toutes les chaînes et les radios, la hausse des prix inquiète. Qu’elle soit due à l’anticipation des hausses de salaires des pays en développement, à la hausse des matières premières ou tout simplement au besoin de préserver les marges des grands groupes, l’inflation est dans toutes les têtes.

L’inflation est un indicateur global qui peut refléter de nombreux paramètres macroéconomique à la fois.

Trichet ou le pompier pyromane
C’est tout d’abord Jean-Claude Trichet qui a dû venir éteindre le feu qu’il avait lui-même allumé quelques semaines auparavant.

Après plusieurs propos inquiétants sur le niveau de l’inflation qui ont poussé l’euro sur des plus hauts depuis novembre, le gouverneur de la BCE a finalement dû calmer le jeu hier lors de sa conférence de presse.

Il a insisté sur le fait que ce sont les anticipations moyen terme qui comptent, et qu’il attendait une accalmie de l’inflation en fin d’année.

Madame Irma est de retour…

Pas mieux du côté de la Banque d’Angleterre
Ce matin, Bloomberg publiait un article concernant la crédibilité de la Banque centrale anglaise. Va-t-elle réussir à maîtriser les tensions sur les prix et comment ? Voilà qui divise le Comité monétaire et rend, par là même, de plus en plus illisible la stratégie de la Banque d’Angleterre.

C’est d’ailleurs Madame Barker, ancienne membre de la Banque d’Angleterre, qui évoquait la possible « perte de crédibilité sur le thème de l’inflation » du comité.

Après un PIB très décevant, et confronté à un challenge budgétaire historique, l’Angleterre semble plonger un peu plus dans la tourmente.

Prix maîtrisés aux Etats-Unis …c’est toujours ça !
En revanche, l’inflation ne semble pas être le souci principal des Etats-Unis. L’inflation s’y est limitée le mois dernier à 0,1% hors énergie.

C’est plutôt le problème de la dette qui resurgit régulièrement. Après Moody’s, c’est Standard & Poor’s qui, dans un communiqué politiquement correct, rassure sur la notation des Etats-Unis tout en glissant tout de même que la dette pourrait être passée en perspective négative dans les deux prochaines années si rien n’est fait.

L’euro repasse sous 1,3650$
Sous l’effet du discours de Jean-Claude Trichet, l’euro s’est fortement replié depuis son plus haut à 1,3860$.

Graphique 4 heures EUR/USDCliquez ici pour agrandir

La paire teste à l’heure où j’écris ces lignes la zone de support à 1,3640/1,3620$ qui constitue le retracement à 23,6% de la hausse précédente.

Comme vous le savez si vous me lisez régulièrement, dans une phase corrective, les niveaux de Fibonnacci nous donnent des indications précieuses. Et comme toujours la zone la plus importante est celle comprise entre 38,2 et 50% du retracement.

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Nous avons donc une forte probabilité de voir la paire revenir entre 1,3485 et 1,3370$ si la zone actuelle venait à rompre.

Toutefois, ce mouvement ne remettrait pas en cause la tendance haussière de la paire à moyen terme.

Première parution dans l’Edito des Matières Premières & Devises le 04/02/2011 : http://www.edito-matieres-premieres.fr/1502/devises/inflation-euro-dollar-trichet.html

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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