Fibonacci avait découvert les bases de l’AT

Rédigé le 25 janvier 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Quel point commun y a-t-il entre les pyramides de Gizeh, Pythagore, le Parthénon, Bernoulli, Kepler, Vinci, Newton et Elliott ? Le nombre d’or.

Celui-là même qui aurait été utilisé par Phidias pour décorer le Parthénon. En l’hommage au sculpteur, on l’a donc nommé phi. Il est égal à (1+√5)/2 soit 1,618.

Ce nombre a des propriétés mathématiques remarquables

Par exemple, 1/1,618 = 0,618, et 0,618 x 0,618 = 0,382 = 1-0,618. Mais pourquoi toutes ces équations ? Tout simplement parce ce nombre a servi de référence à un grand nombre de théories mathématiques que nous connaissons bien dans le milieu financier. Parmi elles, les fameuses vagues d’Elliott. Et c’est sur cette approche que je souhaite revenir aujourd’hui.

Au commencement était le nombre d’or

Lorsque Leonardo Fibonacci écrit son livre Liber Abaci (ou Livre du calcul) en 1202, il n’associe pas le nombre d’or au concept de proportion divine. De retour de l’actuelle Algérie, son livre est la rencontre entre les mathématiciens grecs et arabes, et sera la base des progrès en mathématiques, physique et pour l’astronomie dans l’Italie de la Renaissance.

Mais notre homme aime le concret. Il cherche à comprendre la reproduction des lapins et se pose la question suivante : sachant que tous les mois un couple de lapins engendre un autre couple de lapins dès que les petites bêtes ont deux mois, combien y aura-t-il de couples de lapins au bout d’un an, si un seul couple de lapins est introduit sur une île déserte ? C’est de cette étude que provient la célèbre suite de Fibonacci : Un= U n-1+U n-2, qui elle aussi a des propriétés remarquables.

Ce n’est qu’au XVe siècle, plus de 300 ans plus tard qu’un compatriote de Fibonacci, Luca Pacioli, introduira la notion de divine proportion. Il est l’un des premiers à associer le nombre d’or à l’esthétique et à Dieu. Enfin nous, ce qui nous intéresse, ce sont ses propriétés mathématiques.

La théorie elliottiste est basée, en partie, sur ce nombre d’or

Cela lui vaut d’ailleurs d’être classée dans la catégorie « ésotérique » — tout comme l’analyse technique toute entière ! Preuve d’une totale ignorance — au mieux méconnaissance — cela me pousse donc aujourd’hui à faire une mise au point.

Le nombre d’or a en effet des propriétés mathématiques remarquables, tout comme la suite de Fibonacci, et cela est incontestable.

D’où l’intérêt de Ralph Nelson Elliott pour ces deux concepts. Dans leur prolongement, il a développé la notion de cycle et de psychologie dans l’approche des marchés financiers. Et ce, au moyen d’outils mathématiques et géométriques qui n’ont absolument rien d’ésotérique !

Le nombre d’or, c’est de la géométrie !

Nous retrouvons très fréquemment, dans la nature, les proportions induites par le nombre d’or. L’analyse technique utilisant d’ailleurs de nombreuses figures géométriques.

Elliott en a conclu que nous devrions également retrouver ces proportions dans les différents mouvements des cours de Bourse. Il consacra alors vingt ans de sa vie à l’étude de l’historique de 75 ans de cours boursiers — de l’année à la demi-heure — pour aboutir à une théorie très pragmatique qui lie la psychologie des intervenants et les propriétés de la suite de Fibonacci.

Tout cela n’a donc rien à voir avec l’ésotérisme ou même la religion. Cette mise au point est importante, parce qu’il me semble que si l’on prend le temps de s’y attarder et que l’on met de côté ses préjugés, la théorie d’Elliott peut constituer un apport intéressant en complément des autres piliers de l’analyse technique — l’analyse graphique, les chandeliers japonais, et l’analyse des indicateurs mathématiques.

Elliott le mal-aimé

Je le reconnais certes volontiers, certaines personnes se prétendent parfois elliottistes sans vraiment l’être, ce qui a desservi cette théorie et l’analyse technique en général.

Cette théorie et son utilisation concrète sont beaucoup plus simples que certains veulent le croire ou le faire croire. En elle-même, elle porte déjà un lien avec certaines figures géométriques classiques étudiées par les analystes techniques, comme le triangle et le biseau, qui permettent de mieux décomposer, en détail, ces phénomènes récurrents. Ceci étant, l’important est toujours de combiner cette approche avec l’utilisation d’autres outils de l’analyse technique notamment l’analyse graphique et les indicateurs mathématiques. C’est pour cela que je pense que ceux qui se disent des « analystes elliottistes purs » n’ont rien compris ni à Elliott, ni à l’analyse technique. Enfin bref, passons sur ces considérations et revenons à nos moutons.

Un bon analyste technique est quelqu’un d’ouvert qui combine les différentes approches de l’analyse technique, d’Elliott aux indicateurs mathématiques en passant par la finance comportementale. Il est constamment dans la recherche de nouvelles techniques pour mieux comprendre le marché, en perpétuelle évolution.

Cette mise au point étant faite je vous souhaite de bons trades et comme je l’ai dit plus haut, gardons l’esprit ouvert !

Dès la semaine prochaine, nous rentrerons dans le détail de la théorie elliottiste, et nous verrons comment l’appliquer aux marchés.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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