La Bourse au Quotidien http://labourseauquotidien.fr Analyses et conseils boursiers indépendants Fri, 17 Aug 2018 11:04:15 +0000 fr-FR hourly 1 Viaduc de Gênes : la guerre est déclarée entre Autostrade et le gouvernement http://labourseauquotidien.fr/viaduc-genes-guerre-declaree-entre-autostrade-et-gouvernement/ http://labourseauquotidien.fr/viaduc-genes-guerre-declaree-entre-autostrade-et-gouvernement/#respond Fri, 17 Aug 2018 11:04:15 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70827 Luigi Di Maio, ministre des Transports italien

Luigi Di Maio, ministre des Transports italien En grande difficulté depuis mardi et l’effondrement d’une partie du pont Morandi, qui au dernier pointage a fait 39 victimes (de dix à vingt personnes sont par ailleurs toujours portées disparues), le holding Atlantia (IT0003506190-ATL), propriétaire de la société autoroutière Autostrade, retrouve quelques couleurs ce vendredi à la Bourse de Milan. Après avoir décroché de près de 22% hier, le titre s’adjuge ainsi 3,2% à la mi-séance.

L’horizon d’Autostrade s’est nettement assombri vu l’ampleur de la tragédie, qui suscite d’intenses polémiques et a généré une véritable psychose quant à l’état général du réseau routier italien. Déterminée à frapper fort, la coalition gouvernementale a rapidement fait d’elle la principale responsable du drame de Gênes et pris une décision forte : la révocation de la concession accordée jusqu’en 2038 à la filiale d’Atlantia pour ce tronçon.

Sanction exemplaire et pleinement justifiée pour nombre d’Italiens, mesure démagogique prise dans l’émotion du moment et destinée à faire oublier l’opposition sectaire du Mouvement 5 Etoiles à tous les grands travaux pour les adversaires de la nouvelle administration, cette révocation pourrait toutefois se révéler illégale. Intervenue avant même les conclusions de l’enquête pénale, elle court-circuite en effet la procédure en vigueur dans la convention italienne des travaux publics, laquelle stipule qu’« en cas de non-exécution de ses obligations, le concessionnaire doit d'abord recevoir un rappel de l'État lui fixant un délai de 90 jours pour se justifier ».

Rien de tel ici donc, c’est pourquoi l’État pourrait, si la justice devait estimer abusive la rupture de la concession, s’acquitter d’une amende de 15 à 20 Mds€. Une perspective qui ne semble pas inquiéter le gouvernement, qui outre la mise en œuvre prochaine d’un plan national de contrôle extraordinaire de toutes les infrastructures existantes depuis 1960 a diligenté une enquête sur Autostrade et lui a donné 15 jours pour apporter la preuve qu’elle s’est conformée à ses obligations contractuelles.

Autostrade ne tend pas l’autre joue

Prise sous un feu nourri de critiques, la société autoroutière avait pourtant soumis en 2009 un projet de bretelle pour décharger le pont Morandi, sur lequel passait chaque année plus de 25 millions de véhicules, dont de nombreux convois exceptionnels. Voulu par la municipalité, le président de la Ligurie et le patronat local, celui-ci n’a toutefois jamais vu le jour en raison de l’hostilité de riverains et du Mouvement 5 Etoiles, parti de l’actuel ministre des Transports Luigi Di Maio et pour qui l’hypothèse d’un effondrement du pont Morandi relevait de la « fable ».

Aussi embarrassé soit-il par les conséquences de la rigidité passée de sa formation, ce même Luigi Di Maio n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, accusant frontalement Benetton, qui contrôle Atlantia, d’avoir payé le gouvernement de l’époque pour qu’Autostrade remporte ce marché. Dans le même registre, son collègue en charge des Infrastructures Danilo Toninelli a reproché à la société autoroutière de « payer sa concession à des prix monstrueusement bas sans avoir fait la maintenance nécessaire », tout en appelant ses dirigeants à démissionner.

Acculée, la société autoroutière, qui pour sa défense dit avoir investi 2,1 Mds€ au cours des cinq dernières années dans la maintenance, la sécurité et la viabilité des 3 020 kilomètres de réseau dont elle a la charge en Italie, tient un discours qui n’a pas varié d’un iota depuis la catastrophe.

« Rien n'indiquait que les structures portantes du viaduc pouvaient céder », soutient-elle. Une thèse que d’aucuns jugent néanmoins contradictoire avec les travaux de consolidations et de remplacement des barrières de sécurité engagés au printemps, et plus encore avec sa volonté de remplacer les entretoises en béton servant à maintenir le pylône qui s’est effondré.

Dans ce contexte, et considérant la fragilité désormais connue de tous du pont Morandi, désormais voué à la destruction totale, ce qui aura des conséquences aussi importantes qu’inquantifiables pour la ville de Gênes, la fatalité n’est pas de mise pour des millions d’Italiens. Tel est également l’avis de Francesco Cozzi, le procureur général de Gênes, selon lequel le drame de mardi relève d’« une erreur humaine ».

Celle-ci est d’abord – voire exclusivement – le fait d’Autostrade aux yeux du gouvernement, qui pourrait lui infliger une amende allant jusqu’à 150 M€.

Pas sûr toutefois que la vive et légitime colère transalpine se focalise uniquement sur la filiale d’Atlantia. Dans cette triste affaire, dans ce cataclysme qui aurait pu et dû être évité, l’attitude de la coalition gouvernementale sera aussi scrutée de près. Ministre de l’Intérieur pris en photo tout sourire en Sicile le soir même du drame et objet depuis d’un afflux de commentaires au vitriol, Matteo Salvini a déjà pu s’en apercevoir.

http://labourseauquotidien.fr/pont-morandi-genes-atlantia-autostrade-bourse-giuseppeconte/

L’article Viaduc de Gênes : la guerre est déclarée entre Autostrade et le gouvernement est apparu en premier sur La Bourse au Quotidien.

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Luigi Di Maio, ministre des Transports italien

Luigi Di Maio, ministre des Transports italien En grande difficulté depuis mardi et l’effondrement d’une partie du pont Morandi, qui au dernier pointage a fait 39 victimes (de dix à vingt personnes sont par ailleurs toujours portées disparues), le holding Atlantia (IT0003506190-ATL), propriétaire de la société autoroutière Autostrade, retrouve quelques couleurs ce vendredi à la Bourse de Milan. Après avoir décroché de près de 22% hier, le titre s’adjuge ainsi 3,2% à la mi-séance. L’horizon d’Autostrade s’est nettement assombri vu l’ampleur de la tragédie, qui suscite d’intenses polémiques et a généré une véritable psychose quant à l’état général du réseau routier italien. Déterminée à frapper fort, la coalition gouvernementale a rapidement fait d’elle la principale responsable du drame de Gênes et pris une décision forte : la révocation de la concession accordée jusqu’en 2038 à la filiale d’Atlantia pour ce tronçon. Sanction exemplaire et pleinement justifiée pour nombre d’Italiens, mesure démagogique prise dans l’émotion du moment et destinée à faire oublier l’opposition sectaire du Mouvement 5 Etoiles à tous les grands travaux pour les adversaires de la nouvelle administration, cette révocation pourrait toutefois se révéler illégale. Intervenue avant même les conclusions de l’enquête pénale, elle court-circuite en effet la procédure en vigueur dans la convention italienne des travaux publics, laquelle stipule qu’« en cas de non-exécution de ses obligations, le concessionnaire doit d'abord recevoir un rappel de l'État lui fixant un délai de 90 jours pour se justifier ». Rien de tel ici donc, c’est pourquoi l’État pourrait, si la justice devait estimer abusive la rupture de la concession, s’acquitter d’une amende de 15 à 20 Mds€. Une perspective qui ne semble pas inquiéter le gouvernement, qui outre la mise en œuvre prochaine d’un plan national de contrôle extraordinaire de toutes les infrastructures existantes depuis 1960 a diligenté une enquête sur Autostrade et lui a donné 15 jours pour apporter la preuve qu’elle s’est conformée à ses obligations contractuelles.

Autostrade ne tend pas l’autre joue

Prise sous un feu nourri de critiques, la société autoroutière avait pourtant soumis en 2009 un projet de bretelle pour décharger le pont Morandi, sur lequel passait chaque année plus de 25 millions de véhicules, dont de nombreux convois exceptionnels. Voulu par la municipalité, le président de la Ligurie et le patronat local, celui-ci n’a toutefois jamais vu le jour en raison de l’hostilité de riverains et du Mouvement 5 Etoiles, parti de l’actuel ministre des Transports Luigi Di Maio et pour qui l’hypothèse d’un effondrement du pont Morandi relevait de la « fable ». Aussi embarrassé soit-il par les conséquences de la rigidité passée de sa formation, ce même Luigi Di Maio n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, accusant frontalement Benetton, qui contrôle Atlantia, d’avoir payé le gouvernement de l’époque pour qu’Autostrade remporte ce marché. Dans le même registre, son collègue en charge des Infrastructures Danilo Toninelli a reproché à la société autoroutière de « payer sa concession à des prix monstrueusement bas sans avoir fait la maintenance nécessaire », tout en appelant ses dirigeants à démissionner. Acculée, la société autoroutière, qui pour sa défense dit avoir investi 2,1 Mds€ au cours des cinq dernières années dans la maintenance, la sécurité et la viabilité des 3 020 kilomètres de réseau dont elle a la charge en Italie, tient un discours qui n’a pas varié d’un iota depuis la catastrophe. « Rien n'indiquait que les structures portantes du viaduc pouvaient céder », soutient-elle. Une thèse que d’aucuns jugent néanmoins contradictoire avec les travaux de consolidations et de remplacement des barrières de sécurité engagés au printemps, et plus encore avec sa volonté de remplacer les entretoises en béton servant à maintenir le pylône qui s’est effondré. Dans ce contexte, et considérant la fragilité désormais connue de tous du pont Morandi, désormais voué à la destruction totale, ce qui aura des conséquences aussi importantes qu’inquantifiables pour la ville de Gênes, la fatalité n’est pas de mise pour des millions d’Italiens. Tel est également l’avis de Francesco Cozzi, le procureur général de Gênes, selon lequel le drame de mardi relève d’« une erreur humaine ». Celle-ci est d’abord – voire exclusivement – le fait d’Autostrade aux yeux du gouvernement, qui pourrait lui infliger une amende allant jusqu’à 150 M€. Pas sûr toutefois que la vive et légitime colère transalpine se focalise uniquement sur la filiale d’Atlantia. Dans cette triste affaire, dans ce cataclysme qui aurait pu et dû être évité, l’attitude de la coalition gouvernementale sera aussi scrutée de près. Ministre de l’Intérieur pris en photo tout sourire en Sicile le soir même du drame et objet depuis d’un afflux de commentaires au vitriol, Matteo Salvini a déjà pu s’en apercevoir. http://labourseauquotidien.fr/pont-morandi-genes-atlantia-autostrade-bourse-giuseppeconte/

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Air France-KLM : Benjamin Smith va bel et bien prendre les commandes http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-benjamin-smith-aux-commandes/ http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-benjamin-smith-aux-commandes/#respond Fri, 17 Aug 2018 09:19:12 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70822 Avion d'Air France

Avion d'Air France

C’était très exactement ce que ne souhaitaient pas les syndicats. Vacant depuis trois mois et la démission retentissante de Jean-Marc Janaillac, qui a rendu son tablier après que ses propositions salariales ont été rejetées par une majorité de votants dans un scrutin pathétique, le poste de PDG d’Air France-KLM (FR0000031122-AF) sera désormais occupé par Benjamin Smith, ci-devant numéro deux d’Air Canada.

Évoquée dans ces colonnes en début de semaine, cette issue satisfait pleinement l’État, détenteur d’une participation de 13% dans le transporteur franco-néerlandais et pour qui ce dirigeant de 52 ans coche toutes les cases. Pas du tout de cet avis, Philippe Evain, patron du redoutable – et redouté – Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), estimait pour sa part il y a quelques jours qu’Air France avait besoin d’un responsable "connaissant les spécificités du dialogue social français, qui maîtrise les détails du marché aérien européen et les forces en présence […]". Et de poursuivre, dans une dénonciation à peine voilée du management à l’anglo-saxonne : "avec cette nomination, nous sommes en train de faire plaisir aux Américains (Delta Airlines détient une participation de 8,8% au capital d’Air France-KLM) et aux Chinois (ndlr : China Eastern détient également 8,8% du capital du transporteur franco-néerlandais). Et je ne suis pas sûr que ça soit dans l’intérêt d’Air France et des passagers français."

On laissera cependant à "Ti Ben", son surnom officiel, un parcours très respectable, entamé voici 28 ans au service clientèle d’Air Ontario et qui, pour l’essentiel, a consisté en des responsabilités croissantes au sein d’Air Canada, la principale compagnie du pays. D’aucuns ont aussi fait valoir que Ben Smith a fait signer à deux syndicats représentant les personnels navigants des accords sur l’organisation de la compagnie et de sa filiale low cost Air Canada Rouge (qu’il a créée) valables sur une durée de dix ans, une "performance" qu’il convient tout de même de relativiser dans la mesure où les pilotes canadiens ne peuvent plus faire grève depuis six ans.

Les syndicats fulminent déjà

A la différence de Philippe Capron, le directeur financier de Veolia, un temps pressenti pour prendre les commandes, Ben Smith, qui prendra ses nouvelles fonctions au plus tard le 30 septembre prochain, n’en demeure pas moins un fin connaisseur du secteur aérien et c’est manifestement une excellente nouvelle pour les ministres concernés. Pleins d’espoir et sans doute soulagés que cet interminable processus touche à sa fin, Bruno Le Maire (Économie) et Elisabeth Borne (Transports) n’ont en effet pas dissimulé leur enthousiasme, se fendant d’un communiqué commun dans lequel ils ont estimé que "(c’était) une chance pour Air France-KLM d’attirer un dirigeant de cette dimension, qui dispose d’une importante expérience acquise au cours des dix-neuf dernières années passées chez Air Canada, d’un sens du dialogue et d’une grande capacité de transformation".

Alors que la nomination de Benjamin Smith n’était plus qu’une question d’heures, l’intersyndicale d’Air France s’est quant à elle montrée virulente hier et a jugé "inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d’un dirigeant étranger, dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent", en l’occurrence Delta Airlines.

Elle a également déploré les modalités de l’arrivée de "Ti Ben", "(scellée) en catimini lors d’un conseil d’administration (CA) extraordinaire ‘par téléphone’, le lendemain du 15 août ". "Air France mérite que l’on agisse avec plus de transparence pour qu’elle reprenne son envol dans les meilleures conditions possibles après ces huit mois d’errance sans dialogue puis sans gouvernance", a-t-elle poursuivi.

Le ton semble donné et c’est peu dire que Benjamin Smith n’est pas attendu comme le messie par des syndicats qui, trois mois après avoir eu la peau de Jean-Marc Janaillac, n’ont pas cédé un pouce de terrain sur l’épineuse question des salaires et restent déterminés à en découdre.

Le nouveau big boss va-t-il siffler la fin de la récréation ? Il va quoi qu’il en soit tout de suite entrer dans le vif du sujet, étant entendu que la menace proférée dimanche par Philippe Evain d’une grève de quinze jours si la future direction devait refuser de reprendre les négociations sur les rémunérations n’a pas disparu.

A propos de rémunération, le salaire de Ben Smith atteindra, si l’Assemblée générale des actionnaires accède au vœu du CA, le triple de celui de Jean-Marc Janaillac, soit environ 3 M€. Une somme qui fait grincer bien des dents en interne et que la corporation des pilotes adeptes de la gréviculture ne devrait pas manquer de dénoncer très rapidement.

Entre un adepte des méthodes libérales et des pilotes atteints d’un incurable complexe de supériorité et de "dogmatite aiguë", le choc des cultures me paraît inévitable. Entre ces deux cultures, c’est rien de moins que le destin d’un fleuron national qui va se jouer…

http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-chute-bourse-menaces-greve/

 

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Avion d'Air France

Avion d'Air France C’était très exactement ce que ne souhaitaient pas les syndicats. Vacant depuis trois mois et la démission retentissante de Jean-Marc Janaillac, qui a rendu son tablier après que ses propositions salariales ont été rejetées par une majorité de votants dans un scrutin pathétique, le poste de PDG d’Air France-KLM (FR0000031122-AF) sera désormais occupé par Benjamin Smith, ci-devant numéro deux d’Air Canada. Évoquée dans ces colonnes en début de semaine, cette issue satisfait pleinement l’État, détenteur d’une participation de 13% dans le transporteur franco-néerlandais et pour qui ce dirigeant de 52 ans coche toutes les cases. Pas du tout de cet avis, Philippe Evain, patron du redoutable – et redouté – Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), estimait pour sa part il y a quelques jours qu’Air France avait besoin d’un responsable "connaissant les spécificités du dialogue social français, qui maîtrise les détails du marché aérien européen et les forces en présence […]". Et de poursuivre, dans une dénonciation à peine voilée du management à l’anglo-saxonne : "avec cette nomination, nous sommes en train de faire plaisir aux Américains (Delta Airlines détient une participation de 8,8% au capital d’Air France-KLM) et aux Chinois (ndlr : China Eastern détient également 8,8% du capital du transporteur franco-néerlandais). Et je ne suis pas sûr que ça soit dans l’intérêt d’Air France et des passagers français." On laissera cependant à "Ti Ben", son surnom officiel, un parcours très respectable, entamé voici 28 ans au service clientèle d’Air Ontario et qui, pour l’essentiel, a consisté en des responsabilités croissantes au sein d’Air Canada, la principale compagnie du pays. D’aucuns ont aussi fait valoir que Ben Smith a fait signer à deux syndicats représentant les personnels navigants des accords sur l’organisation de la compagnie et de sa filiale low cost Air Canada Rouge (qu’il a créée) valables sur une durée de dix ans, une "performance" qu’il convient tout de même de relativiser dans la mesure où les pilotes canadiens ne peuvent plus faire grève depuis six ans.

Les syndicats fulminent déjà

A la différence de Philippe Capron, le directeur financier de Veolia, un temps pressenti pour prendre les commandes, Ben Smith, qui prendra ses nouvelles fonctions au plus tard le 30 septembre prochain, n’en demeure pas moins un fin connaisseur du secteur aérien et c’est manifestement une excellente nouvelle pour les ministres concernés. Pleins d’espoir et sans doute soulagés que cet interminable processus touche à sa fin, Bruno Le Maire (Économie) et Elisabeth Borne (Transports) n’ont en effet pas dissimulé leur enthousiasme, se fendant d’un communiqué commun dans lequel ils ont estimé que "(c’était) une chance pour Air France-KLM d’attirer un dirigeant de cette dimension, qui dispose d’une importante expérience acquise au cours des dix-neuf dernières années passées chez Air Canada, d’un sens du dialogue et d’une grande capacité de transformation". Alors que la nomination de Benjamin Smith n’était plus qu’une question d’heures, l’intersyndicale d’Air France s’est quant à elle montrée virulente hier et a jugé "inconcevable que la compagnie Air France, française depuis 1933, tombe dans les mains d’un dirigeant étranger, dont la candidature serait poussée par un groupe industriel concurrent", en l’occurrence Delta Airlines. Elle a également déploré les modalités de l’arrivée de "Ti Ben", "(scellée) en catimini lors d’un conseil d’administration (CA) extraordinaire ‘par téléphone’, le lendemain du 15 août ". "Air France mérite que l’on agisse avec plus de transparence pour qu’elle reprenne son envol dans les meilleures conditions possibles après ces huit mois d’errance sans dialogue puis sans gouvernance", a-t-elle poursuivi. Le ton semble donné et c’est peu dire que Benjamin Smith n’est pas attendu comme le messie par des syndicats qui, trois mois après avoir eu la peau de Jean-Marc Janaillac, n’ont pas cédé un pouce de terrain sur l’épineuse question des salaires et restent déterminés à en découdre. Le nouveau big boss va-t-il siffler la fin de la récréation ? Il va quoi qu’il en soit tout de suite entrer dans le vif du sujet, étant entendu que la menace proférée dimanche par Philippe Evain d’une grève de quinze jours si la future direction devait refuser de reprendre les négociations sur les rémunérations n’a pas disparu. A propos de rémunération, le salaire de Ben Smith atteindra, si l’Assemblée générale des actionnaires accède au vœu du CA, le triple de celui de Jean-Marc Janaillac, soit environ 3 M€. Une somme qui fait grincer bien des dents en interne et que la corporation des pilotes adeptes de la gréviculture ne devrait pas manquer de dénoncer très rapidement. Entre un adepte des méthodes libérales et des pilotes atteints d’un incurable complexe de supériorité et de "dogmatite aiguë", le choc des cultures me paraît inévitable. Entre ces deux cultures, c’est rien de moins que le destin d’un fleuron national qui va se jouer… http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-chute-bourse-menaces-greve/  

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En bisbille avec les États-Unis, la Turquie cherche de nouveaux alliés http://labourseauquotidien.fr/bisbille-etats-unis-turquie-cherche-nouveaux-allies/ http://labourseauquotidien.fr/bisbille-etats-unis-turquie-cherche-nouveaux-allies/#respond Thu, 16 Aug 2018 14:53:32 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70817 Gants de boxe marqués du logo du drapeau de la Turquie

Gants de boxe marqués du logo du drapeau de la TurquieC’est l’une des, sinon la grande préoccupation géopolitique du moment. D’autant plus spectaculaire que les deux pays sont alliés de longue date, la brouille entre les États-Unis et la Turquie fait se perdre les observateurs en conjectures.

Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan - deux gros egos coutumiers des coups de menton, des contrepieds et qui ne sont au surplus pas réputés pour faire dans la nuance - se refusant jusqu’ici à la moindre concession, c’est la Russie qui boit aujourd’hui du petit lait. Les États-Unis et la Turquie sont en effet tous les deux membres éminents de l’OTAN, organisme qui n’a eu de cesse de tenter de voler dans les plumes de Vladimir Poutine et dont Moscou rêve qu’il s’affaiblisse.

L’omnipotent président turc, littéralement intouchable depuis la gigantesque purge qui a fait suite à la tentative de coup d’État de l’été 2016 et qui dispose d’un levier d’une rare puissance auprès de l’Union européenne (UE) depuis qu’il s’est engagé à tout mettre en œuvre pour contenir l’afflux de migrants en provenance du Proche-Orient, ne s’en est pas caché : son pays est désormais "en quête de nouveaux amis et de nouveaux alliés". Vaste projet…

Le Qatar est en embuscade

Beaucoup plus isolé depuis le conflit avec Washington, Recep Tayyip Erdoğan prospecte tous azimuts, mais ni Paris ni Berlin n’ont pour l’heure donné suite à sa proposition d’une rencontre à quatre avec la Russie sur la question syrienne. Une autre pomme de discorde avec les États-Unis, auxquels il reproche de s’appuyer sur la minorité kurde, qu’il exècre, pour en finir une bonne fois pour toutes avec l’État islamique (EI).

Le rapprochement avec l’Europe ne tombe pas sous le sens, et serait tout sauf spontané et désintéressé. On voit par ailleurs bien mal l’UE tomber dans les bras de la Turquie en vue de la création d’un "axe de résistance" face aux États-Unis, pour reprendre l’expression de nos confrères du Monde. Si les tensions n’ont pas manqué entre Bruxelles et l’inénarrable locataire de la Maison Blanche ces derniers mois, et si choix il devait y avoir, l’UE ne suivrait pas Ankara dans une entreprise aussi fantasmagorique, ce pour quantité de raisons, des très vives réserves européennes (doux euphémisme) à l’endroit de la Russie poutinienne en passant par la nécessité "vitale" de ménager l’Oncle Sam.

Gages de bonne volonté, la justice turque vient tout de même d’ordonner la libération du président d’Amnesty International en Turquie et de deux soldats grecs, deux initiatives qui participent d’une volonté évidente d’adoucissement, fût-il spécieux, et qui pourraient aider à un dialogue plus profond.

En grande difficulté économique, avec une inflation élevée, un endettement public colossal et une monnaie mal en point, même si la livre turque rebondit de plus de 6% au moment où j’écris ces lignes, la Turquie est en quelque sorte "diplomatiquement à vendre", mais n’est pas seule pour autant.

D’abord parce que la Russie, qui a elle-même eu maille à partir avec fin 2015 après qu’un avion russe parti bombarder l’opposition syrienne a été abattu dans l’espace aérien turc, ne laissera sans doute pas passer une occasion pareille. Ensuite parce que le Qatar, qui n’est pas plus en odeur de sainteté auprès de Donald Trump que la Turquie et l’Iran, a fait savoir par la voix de son émir Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani qu’il fournira 15 Mds$ d’investissements au pays. Une bonne base pour appréhender l’avenir avec davantage de sérénité...

Comme l’avait fait l’Europe il y a quelques semaines, Ankara a par ailleurs répliqué aux sanctions économiques américaines en procédant à une hausse spectaculaire des tarifs douaniers sur plusieurs produits emblématiques en provenance des États-Unis (+140% sur les produits alcoolisés, +120% sur les véhicules de tourisme, +60% sur le tabac).

La querelle avec le président américain n’en risque pas moins d’accoucher d’une crise économique profonde et qui pourrait ensuite se propager à d’autres États émergents. En sus d’un énième basculement des alliances dans une région qui n’a pas toujours eu besoin de plus qu’une étincelle pour s’embraser.

http://labourseauquotidien.fr/etats-unis-turquie-livre-turque-seffondre/

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Gants de boxe marqués du logo du drapeau de la Turquie

Gants de boxe marqués du logo du drapeau de la TurquieC’est l’une des, sinon la grande préoccupation géopolitique du moment. D’autant plus spectaculaire que les deux pays sont alliés de longue date, la brouille entre les États-Unis et la Turquie fait se perdre les observateurs en conjectures. Donald Trump et son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan - deux gros egos coutumiers des coups de menton, des contrepieds et qui ne sont au surplus pas réputés pour faire dans la nuance - se refusant jusqu’ici à la moindre concession, c’est la Russie qui boit aujourd’hui du petit lait. Les États-Unis et la Turquie sont en effet tous les deux membres éminents de l’OTAN, organisme qui n’a eu de cesse de tenter de voler dans les plumes de Vladimir Poutine et dont Moscou rêve qu’il s’affaiblisse. L’omnipotent président turc, littéralement intouchable depuis la gigantesque purge qui a fait suite à la tentative de coup d’État de l’été 2016 et qui dispose d’un levier d’une rare puissance auprès de l’Union européenne (UE) depuis qu’il s’est engagé à tout mettre en œuvre pour contenir l’afflux de migrants en provenance du Proche-Orient, ne s’en est pas caché : son pays est désormais "en quête de nouveaux amis et de nouveaux alliés". Vaste projet…

Le Qatar est en embuscade

Beaucoup plus isolé depuis le conflit avec Washington, Recep Tayyip Erdoğan prospecte tous azimuts, mais ni Paris ni Berlin n’ont pour l’heure donné suite à sa proposition d’une rencontre à quatre avec la Russie sur la question syrienne. Une autre pomme de discorde avec les États-Unis, auxquels il reproche de s’appuyer sur la minorité kurde, qu’il exècre, pour en finir une bonne fois pour toutes avec l’État islamique (EI). Le rapprochement avec l’Europe ne tombe pas sous le sens, et serait tout sauf spontané et désintéressé. On voit par ailleurs bien mal l’UE tomber dans les bras de la Turquie en vue de la création d’un "axe de résistance" face aux États-Unis, pour reprendre l’expression de nos confrères du Monde. Si les tensions n’ont pas manqué entre Bruxelles et l’inénarrable locataire de la Maison Blanche ces derniers mois, et si choix il devait y avoir, l’UE ne suivrait pas Ankara dans une entreprise aussi fantasmagorique, ce pour quantité de raisons, des très vives réserves européennes (doux euphémisme) à l’endroit de la Russie poutinienne en passant par la nécessité "vitale" de ménager l’Oncle Sam. Gages de bonne volonté, la justice turque vient tout de même d’ordonner la libération du président d’Amnesty International en Turquie et de deux soldats grecs, deux initiatives qui participent d’une volonté évidente d’adoucissement, fût-il spécieux, et qui pourraient aider à un dialogue plus profond. En grande difficulté économique, avec une inflation élevée, un endettement public colossal et une monnaie mal en point, même si la livre turque rebondit de plus de 6% au moment où j’écris ces lignes, la Turquie est en quelque sorte "diplomatiquement à vendre", mais n’est pas seule pour autant. D’abord parce que la Russie, qui a elle-même eu maille à partir avec fin 2015 après qu’un avion russe parti bombarder l’opposition syrienne a été abattu dans l’espace aérien turc, ne laissera sans doute pas passer une occasion pareille. Ensuite parce que le Qatar, qui n’est pas plus en odeur de sainteté auprès de Donald Trump que la Turquie et l’Iran, a fait savoir par la voix de son émir Cheikh Tamim ben Hamad Al Thani qu’il fournira 15 Mds$ d’investissements au pays. Une bonne base pour appréhender l’avenir avec davantage de sérénité... Comme l’avait fait l’Europe il y a quelques semaines, Ankara a par ailleurs répliqué aux sanctions économiques américaines en procédant à une hausse spectaculaire des tarifs douaniers sur plusieurs produits emblématiques en provenance des États-Unis (+140% sur les produits alcoolisés, +120% sur les véhicules de tourisme, +60% sur le tabac). La querelle avec le président américain n’en risque pas moins d’accoucher d’une crise économique profonde et qui pourrait ensuite se propager à d’autres États émergents. En sus d’un énième basculement des alliances dans une région qui n’a pas toujours eu besoin de plus qu’une étincelle pour s’embraser. http://labourseauquotidien.fr/etats-unis-turquie-livre-turque-seffondre/

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Viaduc de Gênes : Atlantia dans la tourmente http://labourseauquotidien.fr/pont-morandi-genes-atlantia-autostrade-bourse-giuseppeconte/ http://labourseauquotidien.fr/pont-morandi-genes-atlantia-autostrade-bourse-giuseppeconte/#respond Thu, 16 Aug 2018 10:13:40 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70802 Giuseppe Conte, président du Conseil, Italie

Giuseppe Conte, président du Conseil, Italie Deux jours après, l’Italie est toujours groggy. Le pays commence à panser ses plaies, mais le temps du deuil est déjà révolu. Il a rapidement laissé place aux polémiques, inévitables dans pareilles circonstances, à la colère et au déliement des langues.

L’effondrement d’une partie du pont Morandi, viaduc trop vite caduc, construit à l’époque du béton tout-puissant, apparaît désormais comme une catastrophe inéluctable. Entre défauts originels de conception, explosion du trafic routier (il a été multiplié par quatre en l’espace de trente ans), neutralisation des projets alternatifs et, le jour J, des conditions météorologiques particulièrement hostiles, toutes les conditions étaient finalement réunies pour qu’il finisse par s’écrouler en faisant plusieurs dizaines de victimes.

Désormais au pouvoir, le Mouvement 5 Etoiles n’en mène pas large étant donné son opposition idéologique et résolue à tous les grands projets infrastructurels, systématiquement jugés facultatifs et trop coûteux en cette période de vaches maigres qui requiert de se serrer la ceinture. La remarque vaut aussi pour Autostrade, la société italienne des autoroutes, que détient le holding Atlantia (lui-même contrôlé par la célèbre famille Benetton) (IT0003506190-ATL), et qui n’a convaincu ni l’opinion, ni la classe politique en se réfugiant derrière la fatalité.

Déjà malmenée avant-hier - elle avait clôturé en baisse de quelque 5% après avoir perdu plus de 10% en séance et avoir fait l'objet d'une suspension de cotation -, l’action de l’inventeur du système de péage sans arrêt Telepass (et qui a aussi racheté en mars dernier l’exploitant d’autoroutes espagnol Albertis aux côtés d’ACS, une opération de plus de 18 Mds€) dévisse de plus de 25% ce jeudi en milieu de matinée dans des volumes particulièrement denses (déjà plus de 9,5 millions de titres échangés, contre 715 356 au terme de la séance de lundi). Des critiques et des interrogations de fond surpassant largement les considérations techniques sur le pont Morandi se sont logiquement faites jour, et Autostrade vient de voir la concession autoroutière qui lui était originellement accordée jusqu'en 2038 révoquée par le président du Conseil Giuseppe Conte. La première sanction d'une longue série ?

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Un réseau routier vieillissant et insuffisamment entretenu

Toujours est-il que la filiale d'Atlantia, tenue pour principale responsable du drame par le gouvernement, n’a pas donné suite à un rapport technique rédigé début 2009 qui mettait en avant "une intense dégradation des structures du viaduc, soumises à d’immenses sollicitations". Et si le groupe a sans surprise catégoriquement récusé l’accusation de négligence, les travaux qu’il dit avoir entrepris en mai dernier se bornaient à des consolidations et au remplacement des barrières de sécurité. Très insuffisant pour une structure aussi vétuste et vulnérable…

Alors que les Italiens dans leur ensemble réclament réponses et mesures de rétorsion, la polémique rejaillit inéluctablement sur Atlantia, mastodonte qui a dégagé 1 Md€ de profits l'an passé, gère à lui seul plus de la moitié du réseau autoroutier italien et dont l’image est aujourd’hui très écornée. Sa gestion des "affaires courantes" n’a jamais été aussi contestée et, d’une façon plus générale, le peu d’empressement des pouvoirs publics pour l’entretien et la rénovation du réseau routier dans sa globalité fait maintenant franchement désordre.

Alors que onze ponts, en incluant le pont Morandi, se sont effondrés en Italie en seulement cinq ans et que des centaines d’infrastructures d’âge et de nature comparables donnent des signes de fatigue rien qu’en Ligurie, le pays a compris qu'il ne pouvait plus faire l’économie d’une cure de jouvence à l’échelle nationale. Au vu de la peur unanime d’une nouvelle tragédie, légitimée par l’insigne faiblesse des investissements pour l’entretien, la modernisation et la sécurité du réseau (NDLR : à en croire nos confrères des Echos, l’Agence italienne de gestion des autoroutes (Anas) n’a dépensé que 180 M€ par an entre 2007 et 2013 à cette fin, une somme dérisoire au regard des revenus engrangés), une réaction étatique vigoureuse était attendue.

Désireux d'afficher sa détermination, Giuseppe Conte vient donc d'annoncer le déploiement au plus tôt d'un "plan de contrôle extraordinaire de toutes les infrastructures existantes depuis 1960". Presque le minimum au regard de l'urgence de la situation et du caractère vital des enjeux...

L’article Viaduc de Gênes : Atlantia dans la tourmente est apparu en premier sur La Bourse au Quotidien.

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Giuseppe Conte, président du Conseil, Italie

Giuseppe Conte, président du Conseil, Italie Deux jours après, l’Italie est toujours groggy. Le pays commence à panser ses plaies, mais le temps du deuil est déjà révolu. Il a rapidement laissé place aux polémiques, inévitables dans pareilles circonstances, à la colère et au déliement des langues. L’effondrement d’une partie du pont Morandi, viaduc trop vite caduc, construit à l’époque du béton tout-puissant, apparaît désormais comme une catastrophe inéluctable. Entre défauts originels de conception, explosion du trafic routier (il a été multiplié par quatre en l’espace de trente ans), neutralisation des projets alternatifs et, le jour J, des conditions météorologiques particulièrement hostiles, toutes les conditions étaient finalement réunies pour qu’il finisse par s’écrouler en faisant plusieurs dizaines de victimes. Désormais au pouvoir, le Mouvement 5 Etoiles n’en mène pas large étant donné son opposition idéologique et résolue à tous les grands projets infrastructurels, systématiquement jugés facultatifs et trop coûteux en cette période de vaches maigres qui requiert de se serrer la ceinture. La remarque vaut aussi pour Autostrade, la société italienne des autoroutes, que détient le holding Atlantia (lui-même contrôlé par la célèbre famille Benetton) (IT0003506190-ATL), et qui n’a convaincu ni l’opinion, ni la classe politique en se réfugiant derrière la fatalité. Déjà malmenée avant-hier - elle avait clôturé en baisse de quelque 5% après avoir perdu plus de 10% en séance et avoir fait l'objet d'une suspension de cotation -, l’action de l’inventeur du système de péage sans arrêt Telepass (et qui a aussi racheté en mars dernier l’exploitant d’autoroutes espagnol Albertis aux côtés d’ACS, une opération de plus de 18 Mds€) dévisse de plus de 25% ce jeudi en milieu de matinée dans des volumes particulièrement denses (déjà plus de 9,5 millions de titres échangés, contre 715 356 au terme de la séance de lundi). Des critiques et des interrogations de fond surpassant largement les considérations techniques sur le pont Morandi se sont logiquement faites jour, et Autostrade vient de voir la concession autoroutière qui lui était originellement accordée jusqu'en 2038 révoquée par le président du Conseil Giuseppe Conte. La première sanction d'une longue série ?

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Un réseau routier vieillissant et insuffisamment entretenu

Toujours est-il que la filiale d'Atlantia, tenue pour principale responsable du drame par le gouvernement, n’a pas donné suite à un rapport technique rédigé début 2009 qui mettait en avant "une intense dégradation des structures du viaduc, soumises à d’immenses sollicitations". Et si le groupe a sans surprise catégoriquement récusé l’accusation de négligence, les travaux qu’il dit avoir entrepris en mai dernier se bornaient à des consolidations et au remplacement des barrières de sécurité. Très insuffisant pour une structure aussi vétuste et vulnérable… Alors que les Italiens dans leur ensemble réclament réponses et mesures de rétorsion, la polémique rejaillit inéluctablement sur Atlantia, mastodonte qui a dégagé 1 Md€ de profits l'an passé, gère à lui seul plus de la moitié du réseau autoroutier italien et dont l’image est aujourd’hui très écornée. Sa gestion des "affaires courantes" n’a jamais été aussi contestée et, d’une façon plus générale, le peu d’empressement des pouvoirs publics pour l’entretien et la rénovation du réseau routier dans sa globalité fait maintenant franchement désordre. Alors que onze ponts, en incluant le pont Morandi, se sont effondrés en Italie en seulement cinq ans et que des centaines d’infrastructures d’âge et de nature comparables donnent des signes de fatigue rien qu’en Ligurie, le pays a compris qu'il ne pouvait plus faire l’économie d’une cure de jouvence à l’échelle nationale. Au vu de la peur unanime d’une nouvelle tragédie, légitimée par l’insigne faiblesse des investissements pour l’entretien, la modernisation et la sécurité du réseau (NDLR : à en croire nos confrères des Echos, l’Agence italienne de gestion des autoroutes (Anas) n’a dépensé que 180 M€ par an entre 2007 et 2013 à cette fin, une somme dérisoire au regard des revenus engrangés), une réaction étatique vigoureuse était attendue. Désireux d'afficher sa détermination, Giuseppe Conte vient donc d'annoncer le déploiement au plus tôt d'un "plan de contrôle extraordinaire de toutes les infrastructures existantes depuis 1960". Presque le minimum au regard de l'urgence de la situation et du caractère vital des enjeux...

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Smartphones : Apple doit composer avec une concurrence chinoise de plus en plus sérieuse ! http://labourseauquotidien.fr/smartphones-apple-concurrence-chinoise-huawei-xiaomi/ http://labourseauquotidien.fr/smartphones-apple-concurrence-chinoise-huawei-xiaomi/#respond Tue, 14 Aug 2018 14:24:20 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70797

Salués par les investisseurs, avec il est vrai un bénéfice net et un chiffre d’affaires supérieurs à leurs attentes, les résultats du deuxième trimestre d’Apple (US0378331005-AAPL), qui a récemment défrayé la chronique pour être devenue la toute première société à franchir le cap hallucinant des 1 000 Mds$ de capitalisation, ont également recelé une information de taille et qui pourrait augurer d’un tournant. Pour la première fois depuis 2010, la marque à la pomme, à l’époque devancée par Nokia, n’était plus au dernier pointage le deuxième plus gros vendeur de téléphones au monde derrière l’intouchable Samsung.

Elle a en effet écoulé "seulement" 41,3 millions de terminaux sur la période avril-juin, quand dans le même temps Samsung et le groupe chinois Huawei en ont vendu respectivement 71,5 et 54,2 millions à en croire les estimations de l’IDC (International Data Corporation). Simple coup de mou ou amorce d’une tendance durable ?

Cette performance a quoi qu’il en soit déçu le marché, qui tablait sur 41,8 millions d’exemplaires, mais n’en a pas pour autant tenu rigueur au géant de Cupertino étant donné la progression de 20% des revenus tirés des iPhone. Une hausse qui pourrait sembler de prime abord paradoxale, mais qui s’explique par le niveau élevé du prix moyen des smartphones d’Apple, lequel a atteint 724 $ au deuxième trimestre, contre 694 $ anticipés par le consensus.

De quoi valider la théorie en vogue selon laquelle la firme californienne aurait opté pour un positionnement premium, en mettant davantage l’accent sur les téléphones les plus chers, quitte à perdre des parts de marché. Et si un nouvel iPhone potentiellement plus abordable devrait être présenté dès le mois prochain, on peut compter sur Huawei pour mettre les bouchées quadruples afin de conserver sa médaille d’argent.

Huawei, mais aussi Xiaomi…

De plus en plus en cour en Europe (inimaginables il y a encore deux ans, les affiches dans le métro parisien avec le footballeur champion du monde Antoine Griezmann tenant en main un téléphone Huawei en sont une preuve parmi beaucoup d’autres), le groupe chinois s’est donc mué en briseur de duopole. À en croire Richard Yu, le responsable de la branche produits de consommation de Huawei, ce petit exploit tient sa source dans l’engouement que suscite ses articles hauts de gamme (essentiellement les P20 et P20 Pro de nouvelle génération) en Chine et sur le Vieux Continent. Des téléphones de qualité, robustes, plutôt faciles d’utilisation et surtout meilleur marché pour les consommateurs de tous les continents, ce qui permet au groupe de gommer progressivement son déficit de notoriété par rapport à ses deux illustres concurrents...

La saturation endémique du marché international des smartphones, qui a donné des signes de faiblesse au deuxième trimestre (-1,8% par rapport à la même période en 2017) rend illusoire la possibilité de devenir le numéro un mondial du secteur à brève échéance, mais Huawei devrait pouvoir compter sur l’appui de Pékin, dans un contexte de guerre commerciale féroce entre les États-Unis et la Chine. Il y a deux semaines, mon confrère Philippe Béchade évoquait à cet égard la perspective pour Apple d’être "prochainement victime d’une forme de "patriotisme" technologique des consommateurs chinois si Donald Trump continue de menacer Pékin d’une offensive douanière massive".

Et de juger vraisemblable "un appel à la préférence pour les produits chinois lorsque le consommateur dispose d’une offre locale de qualité comparable… ce qui est effectivement le cas pour les smartphones avec Huawei, Honor, Xiaomi et d’autres marques plus confidentielles qui se spécialisent sur le segment premium".

Xiaomi, justement, frappe lui aussi de plus en plus fort à la porte, avec des ventes mondiales de téléphones qui se sont envolées de 48,8% en glissement annuel au deuxième trimestre à 31,9 millions d’exemplaires.

Et pendant que Huawei et Xiaomi commencent à devenir prophètes en leur pays, Apple voit son horizon s’assombrir en Inde. Le gouvernement de Narendra Modi menace en effet d’interdire purement et simplement les iPhone dans le pays si la marque à la pomme persiste à refuser de préinstaller d’office sur tous ses appareils, selon le vœu de l’autorité indienne des télécoms, un filtre anti-spam créé par l'organisme de régulation national (TRAI) afin de lutter contre les appels et SMS indésirables.

Pour l’heure, Apple a opposé une fin de non-recevoir à cette demande, jugeant que cette application ne correspond pas à sa politique de confidentialité. L’importance des enjeux pourrait l’amener à lâcher du lest. Dans le cas contraire, Huawei et Xiaomi auraient là aussi sans doute une belle carte à jouer…

http://labourseauquotidien.fr/guerre-commerciale-apple-bientot-croquee-par-chinois/

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Salués par les investisseurs, avec il est vrai un bénéfice net et un chiffre d’affaires supérieurs à leurs attentes, les résultats du deuxième trimestre d’Apple (US0378331005-AAPL), qui a récemment défrayé la chronique pour être devenue la toute première société à franchir le cap hallucinant des 1 000 Mds$ de capitalisation, ont également recelé une information de taille et qui pourrait augurer d’un tournant. Pour la première fois depuis 2010, la marque à la pomme, à l’époque devancée par Nokia, n’était plus au dernier pointage le deuxième plus gros vendeur de téléphones au monde derrière l’intouchable Samsung. Elle a en effet écoulé "seulement" 41,3 millions de terminaux sur la période avril-juin, quand dans le même temps Samsung et le groupe chinois Huawei en ont vendu respectivement 71,5 et 54,2 millions à en croire les estimations de l’IDC (International Data Corporation). Simple coup de mou ou amorce d’une tendance durable ? Cette performance a quoi qu’il en soit déçu le marché, qui tablait sur 41,8 millions d’exemplaires, mais n’en a pas pour autant tenu rigueur au géant de Cupertino étant donné la progression de 20% des revenus tirés des iPhone. Une hausse qui pourrait sembler de prime abord paradoxale, mais qui s’explique par le niveau élevé du prix moyen des smartphones d’Apple, lequel a atteint 724 $ au deuxième trimestre, contre 694 $ anticipés par le consensus. De quoi valider la théorie en vogue selon laquelle la firme californienne aurait opté pour un positionnement premium, en mettant davantage l’accent sur les téléphones les plus chers, quitte à perdre des parts de marché. Et si un nouvel iPhone potentiellement plus abordable devrait être présenté dès le mois prochain, on peut compter sur Huawei pour mettre les bouchées quadruples afin de conserver sa médaille d’argent.

Huawei, mais aussi Xiaomi…

De plus en plus en cour en Europe (inimaginables il y a encore deux ans, les affiches dans le métro parisien avec le footballeur champion du monde Antoine Griezmann tenant en main un téléphone Huawei en sont une preuve parmi beaucoup d’autres), le groupe chinois s’est donc mué en briseur de duopole. À en croire Richard Yu, le responsable de la branche produits de consommation de Huawei, ce petit exploit tient sa source dans l’engouement que suscite ses articles hauts de gamme (essentiellement les P20 et P20 Pro de nouvelle génération) en Chine et sur le Vieux Continent. Des téléphones de qualité, robustes, plutôt faciles d’utilisation et surtout meilleur marché pour les consommateurs de tous les continents, ce qui permet au groupe de gommer progressivement son déficit de notoriété par rapport à ses deux illustres concurrents... La saturation endémique du marché international des smartphones, qui a donné des signes de faiblesse au deuxième trimestre (-1,8% par rapport à la même période en 2017) rend illusoire la possibilité de devenir le numéro un mondial du secteur à brève échéance, mais Huawei devrait pouvoir compter sur l’appui de Pékin, dans un contexte de guerre commerciale féroce entre les États-Unis et la Chine. Il y a deux semaines, mon confrère Philippe Béchade évoquait à cet égard la perspective pour Apple d’être "prochainement victime d’une forme de "patriotisme" technologique des consommateurs chinois si Donald Trump continue de menacer Pékin d’une offensive douanière massive". Et de juger vraisemblable "un appel à la préférence pour les produits chinois lorsque le consommateur dispose d’une offre locale de qualité comparable… ce qui est effectivement le cas pour les smartphones avec Huawei, Honor, Xiaomi et d’autres marques plus confidentielles qui se spécialisent sur le segment premium". Xiaomi, justement, frappe lui aussi de plus en plus fort à la porte, avec des ventes mondiales de téléphones qui se sont envolées de 48,8% en glissement annuel au deuxième trimestre à 31,9 millions d’exemplaires. Et pendant que Huawei et Xiaomi commencent à devenir prophètes en leur pays, Apple voit son horizon s’assombrir en Inde. Le gouvernement de Narendra Modi menace en effet d’interdire purement et simplement les iPhone dans le pays si la marque à la pomme persiste à refuser de préinstaller d’office sur tous ses appareils, selon le vœu de l’autorité indienne des télécoms, un filtre anti-spam créé par l'organisme de régulation national (TRAI) afin de lutter contre les appels et SMS indésirables. Pour l’heure, Apple a opposé une fin de non-recevoir à cette demande, jugeant que cette application ne correspond pas à sa politique de confidentialité. L’importance des enjeux pourrait l’amener à lâcher du lest. Dans le cas contraire, Huawei et Xiaomi auraient là aussi sans doute une belle carte à jouer… http://labourseauquotidien.fr/guerre-commerciale-apple-bientot-croquee-par-chinois/

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Pour Bayer, la condamnation de Monsanto pourrait se révéler dramatique http://labourseauquotidien.fr/bayer-condamnation-monsanto-dewayne-johnson/ http://labourseauquotidien.fr/bayer-condamnation-monsanto-dewayne-johnson/#respond Tue, 14 Aug 2018 10:43:01 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70790 Siège de Monsanto

Siège de Monsanto Très nombreux, les détracteurs de Monsanto ont enfin pu sabler le champagne ce week-end. Longtemps considéré intouchable, le semencier américain, tombé dans l’escarcelle de Bayer (DE000BAY0017-BAYN) et inventeur entre autres de l’agent orange de sinistre mémoire, vient en effet de faire l’objet d’une condamnation historique.

Jardinier de San Francisco (Californie) atteint d’un lymphome cancéreux, l’Américain Dewayne Johnson, 46 ans, tenait Monsanto pour responsable de sa maladie, contractée selon lui à cause de son utilisation intensive de l’herbicide Roundup, dont il ignorait le redoutable pouvoir de nuisance. Réclamant une indemnité de 400 M$, il a finalement obtenu 289 M$ au terme d’un procès très médiatisé d’un mois.

La justice américaine a donc tranché en faveur de ce lanceur d’alerte et ce jugement à la grande portée symbolique, véritable victoire de David contre Goliath, pourrait changer radicalement la donne, sachant que quelque 5 000 procédures analogues (toutes relatives à la dangerosité du glyphosate) sont actuellement en cours de l’autre côté de l’Atlantique.

Les investisseurs voient rouge

La perspective qu’il fasse jurisprudence et contraigne Bayer – qui, sans surprise, a fait appel de cette décision, estimant qu’elle est "en contradiction avec le poids des preuves scientifiques, des décennies d’expérience dans le monde réel et des conclusions des autorités réglementaires du monde entier" – à s’acquitter de milliards de dollars d’amendes préoccupe en tout cas grandement les investisseurs, comme en a témoigné son comportement hier en Bourse. Après avoir perdu jusqu’à 14% en séance, le titre du géant pharmaceutique allemand a en effet clôturé en baisse de 10,31%.


Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Pour rappel, Bayer a investi 63 Mds$ pour acquérir Monsanto, la plus importante opération de croissance externe de son histoire et le plus gros rachat d’une entreprise américaine jamais réalisé par une société européenne. Annoncé en 2016, ce "mégadeal" au long cours a nécessité des cessions d’actifs de Bayer afin de se conformer à la législation européenne en vigueur sur la concurrence. Il a par ailleurs été approuvé fin mai par le Département américain de la Justice (DoJ).

Quant aux inquiétudes grandissantes de la communauté financière, elles semblent légitimes, même si le verdict du tribunal de San Francisco doit encore être confirmé. Auquel cas, Bayer pourrait en être quitte pour un long casse-tête judiciaire et regretter amèrement d’avoir jeté son dévolu sur l’une des sociétés les plus haïes de la planète…

http://labourseauquotidien.fr/la-justice-americaine-autorise-le-mariage-entre-bayer-et-monsanto/

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Siège de Monsanto

Siège de Monsanto Très nombreux, les détracteurs de Monsanto ont enfin pu sabler le champagne ce week-end. Longtemps considéré intouchable, le semencier américain, tombé dans l’escarcelle de Bayer (DE000BAY0017-BAYN) et inventeur entre autres de l’agent orange de sinistre mémoire, vient en effet de faire l’objet d’une condamnation historique. Jardinier de San Francisco (Californie) atteint d’un lymphome cancéreux, l’Américain Dewayne Johnson, 46 ans, tenait Monsanto pour responsable de sa maladie, contractée selon lui à cause de son utilisation intensive de l’herbicide Roundup, dont il ignorait le redoutable pouvoir de nuisance. Réclamant une indemnité de 400 M$, il a finalement obtenu 289 M$ au terme d’un procès très médiatisé d’un mois. La justice américaine a donc tranché en faveur de ce lanceur d’alerte et ce jugement à la grande portée symbolique, véritable victoire de David contre Goliath, pourrait changer radicalement la donne, sachant que quelque 5 000 procédures analogues (toutes relatives à la dangerosité du glyphosate) sont actuellement en cours de l’autre côté de l’Atlantique.

Les investisseurs voient rouge

La perspective qu’il fasse jurisprudence et contraigne Bayer – qui, sans surprise, a fait appel de cette décision, estimant qu’elle est "en contradiction avec le poids des preuves scientifiques, des décennies d’expérience dans le monde réel et des conclusions des autorités réglementaires du monde entier" – à s’acquitter de milliards de dollars d’amendes préoccupe en tout cas grandement les investisseurs, comme en a témoigné son comportement hier en Bourse. Après avoir perdu jusqu’à 14% en séance, le titre du géant pharmaceutique allemand a en effet clôturé en baisse de 10,31%.

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Pour rappel, Bayer a investi 63 Mds$ pour acquérir Monsanto, la plus importante opération de croissance externe de son histoire et le plus gros rachat d’une entreprise américaine jamais réalisé par une société européenne. Annoncé en 2016, ce "mégadeal" au long cours a nécessité des cessions d’actifs de Bayer afin de se conformer à la législation européenne en vigueur sur la concurrence. Il a par ailleurs été approuvé fin mai par le Département américain de la Justice (DoJ). Quant aux inquiétudes grandissantes de la communauté financière, elles semblent légitimes, même si le verdict du tribunal de San Francisco doit encore être confirmé. Auquel cas, Bayer pourrait en être quitte pour un long casse-tête judiciaire et regretter amèrement d’avoir jeté son dévolu sur l’une des sociétés les plus haïes de la planète… http://labourseauquotidien.fr/la-justice-americaine-autorise-le-mariage-entre-bayer-et-monsanto/

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Le retrait de la cote de Tesla se précise http://labourseauquotidien.fr/elon-musk-retrait-cote-tesla/ http://labourseauquotidien.fr/elon-musk-retrait-cote-tesla/#respond Tue, 14 Aug 2018 09:25:56 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70782 Voiture électrique Tesla model X

Voiture électrique Tesla model X Ouvertement envisagé la semaine dernière par son président, le truculent milliardaire Elon Musk, le retrait de la Bourse de Tesla (US88160R1014-TSLA), qui pourrait donner lieu au plus grand LBO de tous les temps, fait actuellement l’objet d’intenses discussions. Désireux de s’affranchir de la surveillance et de la réglementation contraignante de Wall Street, le dirigeant a en effet indiqué hier avoir entamé des négociations à cette fin avec le fonds souverain saoudien (PIF) et d'autres investisseurs dont l’anonymat reste préservé à ce stade.

Pour rappel, Elon Musk avait fait sensation la semaine dernière en rachetant les positions des actionnaires minoritaires à un cours de 420 $ par action, soit un montant astronomique de 71Mds$, avec l’ambition, pour reprendre l’expression de mon confrère Philippe Béchade, de "carboniser les vendeurs à découvert".

Valorisé un peu plus de 60 Mds$, le fabricant californien de voitures électriques de luxe cote actuellement autour de 356 $, soit un gain de l’ordre de 36 $ depuis le début de l’année. En schématisant, d’aucuns interprèteront cette hausse notable comme un agrément des investisseurs à la stratégie – et aux promesses mirobolantes – d’Elon Musk.

 


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Un groupe désespérément déficitaire

Les résultats du deuxième trimestre se sont pourtant révélés assez contrastés, avec certes une production de Model 3 légèrement supérieure aux attentes du marché (28 578 unités, contre 28 000 anticipées par les analystes), mais beaucoup moins de livraisons que prévu (40 470 exemplaires, contre 49 000 escomptés par le consensus). Au surplus, le groupe, toujours confronté à des dépenses pharaoniques, reste désespérément et lourdement déficitaire, ayant déploré une perte de 717,5 M$ sur la période, contre une précédente perte de 336,4 M$ au titre du deuxième trimestre de l’exercice 2017.

De quoi s’interroger sur les fondamentaux de Tesla, même si la société a réduit sa perte en rythme séquentiel et que le chiffre d’affaires a bondi de 43% à environ 4 Mds$ au titre de la période avril-juin (le marché visait 3,92 Mds$), et émettre des réserves quant à son objectif d’être rentable au second semestre, d’autant qu’Elon Musk est coutumier des prévisions exagérément optimistes.

Le fondateur de Tesla, toujours lui, s’est récemment illustré en présentant ses excuses pour s’être montré "impoli" avec les analystes, qu’il avait brutalement éconduits en mai dernier. Trois mois plus tard, le ton est plus posé et l’humilité semble davantage de rigueur. Enfin !

Elon Musk, un homme très (trop ?) sûr de lui

Jadis journaliste spécialisé dans le développement durable (c’était avant que les crises des subprimes et de la zone euro rendent la protection de l’environnement plus facultative aux yeux des Occidentaux), je suis Tesla depuis plusieurs années. Pour ne rien vous cacher, j’ai toujours été sceptique concernant cette société, qui par-delà un concept séduisant – la production de voitures à la fois très performantes et non-polluantes – a selon moi le tort de cibler un marché trop confidentiel, en l’occurrence des clients aisés (les modèles Tesla sont loin d’être accessibles à tous) à la sensibilité écologique poussée, deux critères qui tendent à restreindre fortement le "scope".

De même, j’ai toujours appréhendé la communication d’Elon Musk avec circonspection et les derniers événements pourraient bien me donner raison. Alors que deux financiers qui spéculaient sur un effondrement boursier ont déposé des plaintes après l’envolée du titre consécutivement à l'annonce d’une possible sortie de la cote, une flambée qui leur a fait perdre des millions de dollars et qu’ils jugent artificielle, le milliardaire s’est montré extrêmement sûr de lui concernant les tractations avec PIF.

"J'ai quitté la réunion du 31 juillet sans aucun doute qu'un accord avec le fonds souverain saoudien allait se conclure et que ce n'était qu'une question de procédure", a-t-il ainsi affirmé, évoquant en outre un financement déjà "sécurisé". Gardons tout de même à l’esprit que les sommes en jeu sont considérables. Au cas où Elon Musk conserverait sa participation de 20%, il faudrait en effet la bagatelle de 50 Mds$ pour finaliser la transaction (peut-être moins, certes, si de grands actionnaires décidaient de ne pas vendre leurs parts).

Un montant qui me donne à penser que l’opération, si tant est qu’elle ait bien lieu, ne sera pas exactement une formalité…

http://labourseauquotidien.fr/elon-musk-tente-coup-de-bluff-71-mds/

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Voiture électrique Tesla model X

Voiture électrique Tesla model X Ouvertement envisagé la semaine dernière par son président, le truculent milliardaire Elon Musk, le retrait de la Bourse de Tesla (US88160R1014-TSLA), qui pourrait donner lieu au plus grand LBO de tous les temps, fait actuellement l’objet d’intenses discussions. Désireux de s’affranchir de la surveillance et de la réglementation contraignante de Wall Street, le dirigeant a en effet indiqué hier avoir entamé des négociations à cette fin avec le fonds souverain saoudien (PIF) et d'autres investisseurs dont l’anonymat reste préservé à ce stade. Pour rappel, Elon Musk avait fait sensation la semaine dernière en rachetant les positions des actionnaires minoritaires à un cours de 420 $ par action, soit un montant astronomique de 71Mds$, avec l’ambition, pour reprendre l’expression de mon confrère Philippe Béchade, de "carboniser les vendeurs à découvert". Valorisé un peu plus de 60 Mds$, le fabricant californien de voitures électriques de luxe cote actuellement autour de 356 $, soit un gain de l’ordre de 36 $ depuis le début de l’année. En schématisant, d’aucuns interprèteront cette hausse notable comme un agrément des investisseurs à la stratégie – et aux promesses mirobolantes – d’Elon Musk.  

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Un groupe désespérément déficitaire

Les résultats du deuxième trimestre se sont pourtant révélés assez contrastés, avec certes une production de Model 3 légèrement supérieure aux attentes du marché (28 578 unités, contre 28 000 anticipées par les analystes), mais beaucoup moins de livraisons que prévu (40 470 exemplaires, contre 49 000 escomptés par le consensus). Au surplus, le groupe, toujours confronté à des dépenses pharaoniques, reste désespérément et lourdement déficitaire, ayant déploré une perte de 717,5 M$ sur la période, contre une précédente perte de 336,4 M$ au titre du deuxième trimestre de l’exercice 2017. De quoi s’interroger sur les fondamentaux de Tesla, même si la société a réduit sa perte en rythme séquentiel et que le chiffre d’affaires a bondi de 43% à environ 4 Mds$ au titre de la période avril-juin (le marché visait 3,92 Mds$), et émettre des réserves quant à son objectif d’être rentable au second semestre, d’autant qu’Elon Musk est coutumier des prévisions exagérément optimistes. Le fondateur de Tesla, toujours lui, s’est récemment illustré en présentant ses excuses pour s’être montré "impoli" avec les analystes, qu’il avait brutalement éconduits en mai dernier. Trois mois plus tard, le ton est plus posé et l’humilité semble davantage de rigueur. Enfin !

Elon Musk, un homme très (trop ?) sûr de lui

Jadis journaliste spécialisé dans le développement durable (c’était avant que les crises des subprimes et de la zone euro rendent la protection de l’environnement plus facultative aux yeux des Occidentaux), je suis Tesla depuis plusieurs années. Pour ne rien vous cacher, j’ai toujours été sceptique concernant cette société, qui par-delà un concept séduisant – la production de voitures à la fois très performantes et non-polluantes – a selon moi le tort de cibler un marché trop confidentiel, en l’occurrence des clients aisés (les modèles Tesla sont loin d’être accessibles à tous) à la sensibilité écologique poussée, deux critères qui tendent à restreindre fortement le "scope". De même, j’ai toujours appréhendé la communication d’Elon Musk avec circonspection et les derniers événements pourraient bien me donner raison. Alors que deux financiers qui spéculaient sur un effondrement boursier ont déposé des plaintes après l’envolée du titre consécutivement à l'annonce d’une possible sortie de la cote, une flambée qui leur a fait perdre des millions de dollars et qu’ils jugent artificielle, le milliardaire s’est montré extrêmement sûr de lui concernant les tractations avec PIF. "J'ai quitté la réunion du 31 juillet sans aucun doute qu'un accord avec le fonds souverain saoudien allait se conclure et que ce n'était qu'une question de procédure", a-t-il ainsi affirmé, évoquant en outre un financement déjà "sécurisé". Gardons tout de même à l’esprit que les sommes en jeu sont considérables. Au cas où Elon Musk conserverait sa participation de 20%, il faudrait en effet la bagatelle de 50 Mds$ pour finaliser la transaction (peut-être moins, certes, si de grands actionnaires décidaient de ne pas vendre leurs parts). Un montant qui me donne à penser que l’opération, si tant est qu’elle ait bien lieu, ne sera pas exactement une formalité… http://labourseauquotidien.fr/elon-musk-tente-coup-de-bluff-71-mds/

L’article Le retrait de la cote de Tesla se précise est apparu en premier sur La Bourse au Quotidien.

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Air France-KLM rechute en Bourse après de nouvelles menaces de grève http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-chute-bourse-menaces-greve/ http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-chute-bourse-menaces-greve/#respond Mon, 13 Aug 2018 13:49:15 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70773 Avion d'Air France-KLM

Avion d'Air France-KLM

Air France-KLM (FR0000031122-AF) est en quelque sorte confronté à un douloureux retour à la réalité ce lundi. Plutôt bien orienté depuis la publication de résultats du deuxième trimestre honorables au regard du contexte, il retombe dans ses travers et accuse la plus forte baisse du SBF 120 en début d’après-midi (-4,9%, -37,3% depuis le 1er janvier).

"L’édifice reste fragile", écrivais-je dans ces colonnes le 1er août dernier, dans le sillage de l’annonce de comptes trimestriels marqués par un recul du bénéfice d’exploitation (Ebit) beaucoup moins prononcé qu’attendu. Je gardais en effet à l’esprit un newsflow peu engageant, avec des incertitudes quant au profil de la nouvelle direction et la persistance des revendications salariales, incertitudes qui dans mon esprit prévalent encore sur des ratios toujours attractifs (PER et VE/Ebit de 7).

Graph chute en Bourse du titre Air France-KLM

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Intrinsèquement liée auxdites revendications, la menace de nouvelles grèves n’était pas jugulée et elle est plus que jamais redevenue d’actualité depuis hier et la terrible promesse de Philippe Evain, président du puissant Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le principal syndicat des pilotes. Preuve d’une détermination que d’aucuns jugent profondément déplacée, voire suicidaire, ce dernier a évoqué l’hypothèse d’un arrêt de travail de quinze jours si la future direction devait refuser de reprendre les négociations sur les salaires.

Après avoir eu la peau de Jean-Marc Janaillac, qui a dû démissionner après le rejet de propositions jugées insuffisantes au terme d’un scrutin dramatique, Philippe Evain et ses affidés mettent donc d’emblée la pression sur le nouveau management, alors même qu’Air France-KLM est toujours dans l’attente de la désignation d’un nouveau patron par le conseil d’administration !

Benjamin Smith, un nom qui ne fait pas l’unanimité

Le nom de Benjamin Smith, actuel numéro deux d’Air Canada, est revenu avec insistance ces jours-ci, mais cette perspective n’enchante guère le susnommé Philippe Evain. "Nous pensons qu'il faut un dirigeant connaissant les spécificités du dialogue social français, qui maîtrise les détails du marché aérien européen et les forces en présence […]. Avec cette nomination, nous sommes en train de faire plaisir aux Américains (Delta Airlines détient une participation de 8,8% au capital d'Air France-KLM) et aux Chinois (ndlr : China Eastern détient également 8,8% du capital du transporteur franco-néerlandais). Et je ne suis pas sûr que ça soit dans l'intérêt d'Air France et des passagers français", estime le dirigeant.

Les états de service de Benjamin Smith sont pourtant très respectables, le numéro deux d’Air Canada ayant notamment fait signer à deux syndicats représentant les personnels navigants des accords sur l’organisation de la compagnie et de sa filiale low cost Air Canada Rouge valables sur une durée de dix ans. De là à être de taille pour s’imposer dans le marigot Air France-KLM, théâtre d’affrontements terribles depuis de longues années, avec des directions qui ont fini par plier face à un sectarisme d’une constance peu commune, il y a cependant un grand pas.

En tout état de cause, je n’ai pas changé d’avis depuis douze jours : le prochain PDG, quel qu’il soit et indépendamment de son pedigree, aura fort à faire pour à la fois apaiser les tensions et permettre au groupe de continuer d’exister dans un univers ô combien concurrentiel. D’autant qu’à en croire De Telegraaf, les pilotes de KLM, désireux de voir leur charge de travail allégée, envisageraient eux aussi la possibilité d’une grève…

http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-limite-la-casse-au-deuxieme-trimestre-le-titre-grimpe/

L’article Air France-KLM rechute en Bourse après de nouvelles menaces de grève est apparu en premier sur La Bourse au Quotidien.

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Avion d'Air France-KLM Air France-KLM (FR0000031122-AF) est en quelque sorte confronté à un douloureux retour à la réalité ce lundi. Plutôt bien orienté depuis la publication de résultats du deuxième trimestre honorables au regard du contexte, il retombe dans ses travers et accuse la plus forte baisse du SBF 120 en début d’après-midi (-4,9%, -37,3% depuis le 1er janvier). "L’édifice reste fragile", écrivais-je dans ces colonnes le 1er août dernier, dans le sillage de l’annonce de comptes trimestriels marqués par un recul du bénéfice d’exploitation (Ebit) beaucoup moins prononcé qu’attendu. Je gardais en effet à l’esprit un newsflow peu engageant, avec des incertitudes quant au profil de la nouvelle direction et la persistance des revendications salariales, incertitudes qui dans mon esprit prévalent encore sur des ratios toujours attractifs (PER et VE/Ebit de 7). Graph chute en Bourse du titre Air France-KLM

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Intrinsèquement liée auxdites revendications, la menace de nouvelles grèves n’était pas jugulée et elle est plus que jamais redevenue d’actualité depuis hier et la terrible promesse de Philippe Evain, président du puissant Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL), le principal syndicat des pilotes. Preuve d’une détermination que d’aucuns jugent profondément déplacée, voire suicidaire, ce dernier a évoqué l’hypothèse d’un arrêt de travail de quinze jours si la future direction devait refuser de reprendre les négociations sur les salaires. Après avoir eu la peau de Jean-Marc Janaillac, qui a dû démissionner après le rejet de propositions jugées insuffisantes au terme d’un scrutin dramatique, Philippe Evain et ses affidés mettent donc d’emblée la pression sur le nouveau management, alors même qu’Air France-KLM est toujours dans l’attente de la désignation d’un nouveau patron par le conseil d’administration !

Benjamin Smith, un nom qui ne fait pas l’unanimité

Le nom de Benjamin Smith, actuel numéro deux d’Air Canada, est revenu avec insistance ces jours-ci, mais cette perspective n’enchante guère le susnommé Philippe Evain. "Nous pensons qu'il faut un dirigeant connaissant les spécificités du dialogue social français, qui maîtrise les détails du marché aérien européen et les forces en présence […]. Avec cette nomination, nous sommes en train de faire plaisir aux Américains (Delta Airlines détient une participation de 8,8% au capital d'Air France-KLM) et aux Chinois (ndlr : China Eastern détient également 8,8% du capital du transporteur franco-néerlandais). Et je ne suis pas sûr que ça soit dans l'intérêt d'Air France et des passagers français", estime le dirigeant. Les états de service de Benjamin Smith sont pourtant très respectables, le numéro deux d’Air Canada ayant notamment fait signer à deux syndicats représentant les personnels navigants des accords sur l’organisation de la compagnie et de sa filiale low cost Air Canada Rouge valables sur une durée de dix ans. De là à être de taille pour s’imposer dans le marigot Air France-KLM, théâtre d’affrontements terribles depuis de longues années, avec des directions qui ont fini par plier face à un sectarisme d’une constance peu commune, il y a cependant un grand pas. En tout état de cause, je n’ai pas changé d’avis depuis douze jours : le prochain PDG, quel qu’il soit et indépendamment de son pedigree, aura fort à faire pour à la fois apaiser les tensions et permettre au groupe de continuer d’exister dans un univers ô combien concurrentiel. D’autant qu’à en croire De Telegraaf, les pilotes de KLM, désireux de voir leur charge de travail allégée, envisageraient eux aussi la possibilité d’une grève… http://labourseauquotidien.fr/air-france-klm-limite-la-casse-au-deuxieme-trimestre-le-titre-grimpe/

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Le torchon brûle entre les États-Unis et la Turquie… et la livre turque s’effondre http://labourseauquotidien.fr/etats-unis-turquie-livre-turque-seffondre/ http://labourseauquotidien.fr/etats-unis-turquie-livre-turque-seffondre/#respond Mon, 13 Aug 2018 09:24:49 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70768 Turkish president Erdogan pointing a finger

Turkish president Erdogan pointing a finger
Recep Tayyip Erdoğan n’a définitivement peur de rien, et surtout pas du ridicule. Après avoir (di)lapidé l’héritage kemaliste ; après s’être appuyé sur Daech pour tenter de mettre la minorité kurde à quia ; après avoir organisé des purges dont Staline n’aurait pas eu à rougir, à la suite d’une tentative de coup d’État qui a furieusement ressemblé à une de ces grossières manipulations dont raffolent les despotes en perte de vitesse (ou en mal de nouvelles prérogatives démocratiquement douteuses) ; le président turc, acculé, vient d’imputer la crise économique qui secoue son pays à un "complot politique international".

La galéjade a fait suite à une autre, peut-être plus ridicule encore, quand il y a quelques jours, Recep Tayyip Erdoğan s’en était remis à… Allah pour surmonter la descente aux enfers de la livre turque, laquelle, déjà malmenée depuis plusieurs mois, a encore chuté de 24% vendredi dernier face au billet vert.

 


Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

 

Ce décrochage tient sa source dans la brutale montée des tensions entre Ankara et Washington, qui a commencé à s’émouvoir du sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour "terrorisme" et "espionnage", placé fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention et qui risque jusqu’à 35 ans d’emprisonnement. Un nouveau Midnight Express que Donald Trump ne digère pas, le président américain ayant annoncé via un tweet le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs à respectivement 20 et 50%.

De nombreux motifs de discorde

Une mesure choc qui fragilise encore un peu plus l’équilibre déjà fort précaire de la région. Alliés historiques, les États-Unis et la Turquie ne semblent décidément plus du tout sur la même longueur d’onde, avec des pierres d’achoppement de plus en plus nombreuses. À l’affaire "Brunson" s’ajoute en effet le refus américain d’extrader Fethullah Gülen, prédicateur turc soupçonné par Ankara d'être l'artisan du putsch manqué de juillet 2016, ainsi que le soutien des États-Unis tout aussi décrié par Recep Tayyip Erdoğan aux Unités de protection du peuple kurde (YPG), perçues par le président turc comme une émanation du PKK.

Deux autres pommes de discorde – à moins qu’il ne s’agisse de nœuds gordiens qui finiront par être tranchés, au prix de concessions auxquelles aucun des deux camps ne semble cependant enclin pour le moment – qui amènent elles aussi à se poser plusieurs questions de fond. La Turquie pourra-t-elle continuer à être membre de l’OTAN alors que l’Oncle Sam, le membre le plus puissant de son organisation, l’a plus que jamais dans le collimateur ? Actuellement utilisée comme centre des opérations contre ce qui reste de l’État islamique par l’US Air Force, la base d’Incirlik est-elle menacée en tant que telle ? Plus isolé que jamais, Recep Tayyip Erdoğan pourra-t-il encore compter sur le soutien, même relatif, d’une Union européenne qui, crise migratoire oblige, a jusqu’ici fermé les yeux sur bien des dérives en Turquie ? Sera-t-il tenté de se tourner vers la Russie, avec laquelle les relations avaient été houleuses durant l’été 2016 ?

Dans l’immédiat, le président turc entend "jouer" sur la fibre patriotique et a promis de nouvelles dispositions pour endiguer la chute de la devise nationale. Celles-ci seront pilotées par son gendre Berat Albayrak, à la tête d'un super-ministère des Finances, sorte de Premier ministre officieux et qui devra également tenter de contenir l’inflation ainsi que le creusement des déficits courants. Des défis colossaux et peut-être trop lourds à porter pour ces épaules que nombre d’observateurs jugent fort frêles.

Les investisseurs aussi semblent douter de la capacité du pouvoir à renverser une situation qui n’a, il est vrai, de cesse de se dégrader, comme en témoigne le recul de plus de 2% du BIST 100, le principal indice de la Bourse d’Istanbul. Pas sûr du tout que cette dernière a mangé son pain noir…

http://labourseauquotidien.fr/turquie-etats-unis-diriger-un-pays-devient-une-affaire-de-famille/

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Turkish president Erdogan pointing a finger

Turkish president Erdogan pointing a finger Recep Tayyip Erdoğan n’a définitivement peur de rien, et surtout pas du ridicule. Après avoir (di)lapidé l’héritage kemaliste ; après s’être appuyé sur Daech pour tenter de mettre la minorité kurde à quia ; après avoir organisé des purges dont Staline n’aurait pas eu à rougir, à la suite d’une tentative de coup d’État qui a furieusement ressemblé à une de ces grossières manipulations dont raffolent les despotes en perte de vitesse (ou en mal de nouvelles prérogatives démocratiquement douteuses) ; le président turc, acculé, vient d’imputer la crise économique qui secoue son pays à un "complot politique international". La galéjade a fait suite à une autre, peut-être plus ridicule encore, quand il y a quelques jours, Recep Tayyip Erdoğan s’en était remis à… Allah pour surmonter la descente aux enfers de la livre turque, laquelle, déjà malmenée depuis plusieurs mois, a encore chuté de 24% vendredi dernier face au billet vert.  

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  Ce décrochage tient sa source dans la brutale montée des tensions entre Ankara et Washington, qui a commencé à s’émouvoir du sort du pasteur américain Andrew Brunson, actuellement jugé en Turquie pour "terrorisme" et "espionnage", placé fin juillet en résidence surveillée après un an et demi de détention et qui risque jusqu’à 35 ans d’emprisonnement. Un nouveau Midnight Express que Donald Trump ne digère pas, le président américain ayant annoncé via un tweet le doublement des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium turcs à respectivement 20 et 50%.

De nombreux motifs de discorde

Une mesure choc qui fragilise encore un peu plus l’équilibre déjà fort précaire de la région. Alliés historiques, les États-Unis et la Turquie ne semblent décidément plus du tout sur la même longueur d’onde, avec des pierres d’achoppement de plus en plus nombreuses. À l’affaire "Brunson" s’ajoute en effet le refus américain d’extrader Fethullah Gülen, prédicateur turc soupçonné par Ankara d'être l'artisan du putsch manqué de juillet 2016, ainsi que le soutien des États-Unis tout aussi décrié par Recep Tayyip Erdoğan aux Unités de protection du peuple kurde (YPG), perçues par le président turc comme une émanation du PKK. Deux autres pommes de discorde – à moins qu’il ne s’agisse de nœuds gordiens qui finiront par être tranchés, au prix de concessions auxquelles aucun des deux camps ne semble cependant enclin pour le moment – qui amènent elles aussi à se poser plusieurs questions de fond. La Turquie pourra-t-elle continuer à être membre de l’OTAN alors que l’Oncle Sam, le membre le plus puissant de son organisation, l’a plus que jamais dans le collimateur ? Actuellement utilisée comme centre des opérations contre ce qui reste de l’État islamique par l’US Air Force, la base d’Incirlik est-elle menacée en tant que telle ? Plus isolé que jamais, Recep Tayyip Erdoğan pourra-t-il encore compter sur le soutien, même relatif, d’une Union européenne qui, crise migratoire oblige, a jusqu’ici fermé les yeux sur bien des dérives en Turquie ? Sera-t-il tenté de se tourner vers la Russie, avec laquelle les relations avaient été houleuses durant l’été 2016 ? Dans l’immédiat, le président turc entend "jouer" sur la fibre patriotique et a promis de nouvelles dispositions pour endiguer la chute de la devise nationale. Celles-ci seront pilotées par son gendre Berat Albayrak, à la tête d'un super-ministère des Finances, sorte de Premier ministre officieux et qui devra également tenter de contenir l’inflation ainsi que le creusement des déficits courants. Des défis colossaux et peut-être trop lourds à porter pour ces épaules que nombre d’observateurs jugent fort frêles. Les investisseurs aussi semblent douter de la capacité du pouvoir à renverser une situation qui n’a, il est vrai, de cesse de se dégrader, comme en témoigne le recul de plus de 2% du BIST 100, le principal indice de la Bourse d’Istanbul. Pas sûr du tout que cette dernière a mangé son pain noir… http://labourseauquotidien.fr/turquie-etats-unis-diriger-un-pays-devient-une-affaire-de-famille/

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Elon Musk tente un coup de bluff à 71 Mds$ http://labourseauquotidien.fr/elon-musk-tente-coup-de-bluff-71-mds/ http://labourseauquotidien.fr/elon-musk-tente-coup-de-bluff-71-mds/#respond Wed, 08 Aug 2018 10:09:31 +0000 http://labourseauquotidien.fr/?p=70758 Elon Musk, PDG de Tesla

Elon Musk, PDG de TeslaC'est le "coup de comm'" ou le coup de bluff de l'année (et probablement un peu des deux) : Elon Musk avait promis de carboniser les vendeurs à découvert ("short sellers") sur Tesla et c'est ce qu'il a réussi à faire en grande partie mardi en confirmant qu'il envisageait le retrait de son titre de la cote, en rachetant les positions des minoritaires à un cours de 420$/action, soit un montant titanesque de 71Mds$ (au cours de mardi soir, la "capi" de Tesla atteignait près de 64Mds$).

Le carnage infligé aux vendeurs à découvert repose en fait sur une affirmation : Elon Musk prétend avoir sécurisé la somme permettant de racheter les titres en circulation.

Cela suppose que les banquiers le suivent et considèrent que Tesla vaut bien 71 Mds$ (soit plus que General Motors, qui produit 100 fois plus de véhicules).

Elon Musk abat ses cartes

Mais ont-ils la possibilité de le démentir ? Et les actionnaires ont-ils intérêt à s'y opposer ?

Laisser planer le moindre doute sur la "valo" prétendue par Elon Musk, c'est s'exposer à perdre une grande partie de leur mise (Tesla a en effet levé 56Mds$ auprès de ses bailleurs de fonds, pas seulement sous forme d'emprunts d'ailleurs, mais peu importe, qu'il s'agisse d'emprunts ou d'augmentations de capital, c'est de l'argent "à risque").

Nous assistons bien au plus grand coup de bluff de l'histoire de l'industrie automobile. Une certitude : que ce soient les "short sellers" ou les alliés (un peu contraints) d'Elon Musk, des dizaines de milliards de dollars seront de toute façon perdus sur ce dossier, dès 2018.

http://labourseauquotidien.fr/tesla-met-le-turbo-alors-que-wall-street-enclenche-la-marche-arriere/

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Elon Musk, PDG de Tesla

Elon Musk, PDG de TeslaC'est le "coup de comm'" ou le coup de bluff de l'année (et probablement un peu des deux) : Elon Musk avait promis de carboniser les vendeurs à découvert ("short sellers") sur Tesla et c'est ce qu'il a réussi à faire en grande partie mardi en confirmant qu'il envisageait le retrait de son titre de la cote, en rachetant les positions des minoritaires à un cours de 420$/action, soit un montant titanesque de 71Mds$ (au cours de mardi soir, la "capi" de Tesla atteignait près de 64Mds$). Le carnage infligé aux vendeurs à découvert repose en fait sur une affirmation : Elon Musk prétend avoir sécurisé la somme permettant de racheter les titres en circulation. Cela suppose que les banquiers le suivent et considèrent que Tesla vaut bien 71 Mds$ (soit plus que General Motors, qui produit 100 fois plus de véhicules).

Elon Musk abat ses cartes

Mais ont-ils la possibilité de le démentir ? Et les actionnaires ont-ils intérêt à s'y opposer ? Laisser planer le moindre doute sur la "valo" prétendue par Elon Musk, c'est s'exposer à perdre une grande partie de leur mise (Tesla a en effet levé 56Mds$ auprès de ses bailleurs de fonds, pas seulement sous forme d'emprunts d'ailleurs, mais peu importe, qu'il s'agisse d'emprunts ou d'augmentations de capital, c'est de l'argent "à risque"). Nous assistons bien au plus grand coup de bluff de l'histoire de l'industrie automobile. Une certitude : que ce soient les "short sellers" ou les alliés (un peu contraints) d'Elon Musk, des dizaines de milliards de dollars seront de toute façon perdus sur ce dossier, dès 2018. http://labourseauquotidien.fr/tesla-met-le-turbo-alors-que-wall-street-enclenche-la-marche-arriere/

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