Fed et rebond des marchés : beaucoup de bruit pour rien…

Rédigé le 13 décembre 2007 par | Autres indices Imprimer

L’analyse technique : détecter les signaux à l’avance Les marchés financiers sont volatils depuis quelques mois, dans une situation pour le moins incertaine. Avant-hier, la baisse des taux d’intérêt américains a déçu les opérateurs et les marchés restaient moroses. Hier, l’annonce de la Fed a dopé les opérateurs : les marchés prenaient +2% en quelques minutes, le « bar des liquidités  » était ouvert ; aujourd’hui, la fête est finie, ils se réveillent avec un mal de crâne…

Les marchés partent dans un sens ou dans l’autre du jour au lendemain, les opérateurs voyant tantôt tout noir ou tout vert. Résultat : à force de décrocher dans un sens ou dans l’autre, les marchés font du sur-place.

Mais voyez-vous, mon outil de travail est l’analyse technique et elle seule peut nous aider à comprendre et à encadrer ces fortes variations. Hier par exemple, en analysant les graphes et les différents outils techniques, on pouvait déjà détecter des signaux qui nous indiquaient ce retournement fort et violent d’hier après midi.

Le 12 décembre : une journée exceptionnelle pour les marchés Hier, 12 décembre, la Réserve Fédérale américaine faisait savoir qu’elle s’était entendue avec la BCE et les Banques centrales britannique, canadienne et suisse pour contenir les pressions sur les marchés du crédit — notamment en créant des lignes d’urgence pour les banques en mal de liquidités, pour plus de 20 milliards de dollars.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la réaction première des marchés a été univoque : avant même que la nouvelle ne tombe sur nos écrans, à 15h00 précises heure de Paris, le CAC 40 enregistrait un bond de +1.71% en 5 minutes. Signe de la vigueur du consensus, le RSI 21 en 5 minutes s’envolait en zone de surachat, poussant passagèrement jusqu’au seuil des 80% — rarement atteint à cette échelle, avant une correction technique.

Mais que l’on pouvait anticiper dès le matin Quelle portée donner à l’événement ? L’analyse technique peut nous aider à y voir plus clair. Il faut tout d’abord se rappeler que la veille, la Réserve Fédérale avait abaissé son taux directeur d’un quart de point seulement, à 4.25%. Cette baisse va, bien sûr, dans le sens des marchés : pourtant nombre d’observateurs l’ont accueillie avec déception, car ils espéraient   davantage (un demi-point) pour endiguer la crise immobilière américaine.

Si bien que suite à l’annonce du 12 décembre, les anticipations à l’ouverture des marchés européens étaient très baissières. On pouvait en effet légitimement s’attendre à un gap (écart de cotation) baissier ce matin-là, et d’une ampleur importante, d’au moins –2%.

Contre toute attente, quand j’observai avec attention mon écran hier matin, non seulement le marché « cash  » n’ouvrait qu’en baisse de 1.3%, mais les futures européens, tel l’Eurostoxx 50, ouvraient avec un gap haussier de 1%, montrant leur force par rapport à la clôture d’hier après la Fed (l’Eurostoxx future, contrairement au CAC future, clôture en effet à 22h).

On pouvait donc déjà s’interroger sur ce phénomène au niveau technique… Ce vif rebond a ensuite été confirmé dans l’après-midi — courtesy of the Fed ! La déception suite à la baisse des taux d’un quart de point d’hier est donc oubliée, mais jusqu’à quand ?

Que peut-on anticiper maintenant ? Malgré la vigueur du mouvement, rien n’indique qu’il soit durable. Il permet d’inscrire le CAC 40 dans un canal ascendant à très court terme (horaire)… Mais la borne supérieure de ce canal est proche, à 5850 points. Or ce niveau est aussi celui d’une forte résistance horizontale contre laquelle le cours a échoué à franchir par deux fois, en octobre et novembre. La dynamique de hausse pourrait donc faire long feu dans les semaines qui viennent.

La comparaison avec le DAX allemand est éclairante : le rebond a poussé l’indice d’outre-Rhin à 1% de ses tops de l’année. A vrai dire, le Dax va et vient dans un range horizontal depuis février 2007, borné par le haut vers les 8060/8065 pts. Là encore, un retour au contact de cette zone semble très probable.

A l’inverse, la baisse n’est pas non plus acquise : le statu quo domine. On le trouve exprimé, pour la plupart  des indices européens, par des configurations de trading range et le CAC ne fait pas exception à la règle. L’indice hexagonal oscille entre 5850 pts (plus hauts du 1er novembre), et la zone des 5577/5547 pts, le gap haussier entre le 4 et 5 décembre. Le canal ascendant de très court terme que je mentionnais ci-dessus correspond à un aller simple au sein de cet intervalle.

L’annonce de la Fed : beaucoup de bruit pour rien Au final, je crois que les précédentes journées ont fait beaucoup de bruit pour rien.

L’annonce de la Fed n’aura servi qu’à infléchir un marché résolument baissier, le 11 au soir, pour ramener à l’équilibre les anticipations des opérateurs. Il s’agissait de rassurer après une baisse de taux jugée insuffisante. En distillant habilement ses communiqués, la Réserve Fédérale a joué un rôle de régulation et prouvé, une fois encore, qu’elle savait souffler le chaud et le froid comme personne.

… car aucun signal n’est confirmé sur le moyen terme ! Qu’attendre, alors, du CAC ? A grande échelle, il reste inscrit dans un grand canal haussier, en place depuis 2003. La validité de ce canal s’est confirmée en août dernier avec un rebond sur la borne basse à 5217 points. Reste à savoir si cette tendance peut se prolonger — ou bien si le retournement se profile…

Pour le moment, la lecture des signaux techniques est incertaine, comme souvent dans les configurations de pause durable. On attendra la sortie du range des 5850/5577 — que ce soit à la hausse ou à la baisse — pour se prononcer sur l’évolution de l’indice à moyen terme.

Comment détecter des opportunités ? En attendant, des trades sont toujours jouables à court terme : encore une fois, l’analyse technique me permet de détecter de belles opportunités à court terme. A la hausse comme à la baisse, il y a toujours des valeurs à jouer sur le SRD et des profits à prendre ! Il suffit d’avoir les bonnes analyses et de savoir repérer les bons signaux.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

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