L’infernal yo-yo des marchés devrait se poursuivre

Rédigé le 8 septembre 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Il vient de lancer La Lettre de Marc Mayor portant sur ses plus grandes idées d’investissement : des idées contrariennes qui font son succès grâce à sa connaissance des mouvements des insiders de marché.

Depuis 2007 les marchés actions c’est :
– deux années de baisse ;
– un effondrement post-Lehman ;
– un beau rally en 2009 ;
– et un krach express en mai dernier que personne n’arrive à expliquer.

Et tout ça pour quoi ? Pour aucun gain net sur une période de 10 ans ! Il vaudrait mieux vous habituer à cette volatilité des marchés, car les autorités ne semblent pas prêtes à laisser arriver les conditions qui pourraient mettre fin à ce yo-yo infernal.

Ces conditions sont au nombre de trois, selon Andy Kessler, l’ancien gérant de hedge fund qui a fait fortune dans les valeurs technologiques en sortant avant l’effondrement de la bulle Internet des années 2000. Bref, le gars en connaît un rayon sur les marchés.

Le battement de cil d’un trader cocaïnomane à Wall Street…
Andy Kessler expliquait récemment sur FoxBusiness que les investisseurs n’ont, pour le moment, rien de solide à quoi se raccrocher. La faute à qui ? A la Fed et à sa politique de taux zéro, pour changer !

Une politique qui a, en plus, un effet collatéral non négligeable : en mois de cinq ans, Ben Bernanke a fait passer la masse monétaire américaine de 850 milliards de dollars à 2 200 milliards de dollars — comme en témoigne le graphique ci-dessous. Série en cours : l’ami Ben a été réélu pour quatre ans en février dernier !

En cinq ans, Ben Bernanke a presque triplé la masse monétaire américaine

Normalement, les investisseurs comparent les performances des actions et les rendements des obligations, grâce à leurs modèles ultra-sophistiqués, puis arbitrent en faveur de telle ou telle classe d’actifs. Actuellement, « avec des rendements des T-Bills à zéro et des rendements des obligations proches de rien du tout, on ne peut pas comparer le marché à quoi que ce soit de fiable« , affirme Kessler.

Conséquence : les marchés manquent d’une direction claire et toutes sortes de nouvelles, bonnes ou mauvaises, sont reflétées dans les cours. Le battement de cil d’un trader cocaïnomane à Wall Street provoque une tornade boursière aux quatre coins du globe. D’où le yo-yo actuel. Le manque de stabilité et d’horizon est tel qu’il faudra bientôt distribuer des sacs à vomi dans les salles de marchés !

Dans des conditions normales, un marché haussier progresse en s’appuyant sur une suite d’inquiétudes qui peuvent être dépassées. Et quand il n’y a plus d’inquiétudes, le bull market touche un pic et se retourne. A l’inverse, un bear market résulte de l’accumulation de mauvaises nouvelles, un déluge pessimiste qui emporte tout sur son passage.

Pour revenir sur les marchés, 3 conditions sont nécessaires
Le yo-yo actuel des Bourses se situe entre ces deux cas de figure. D’où l’instabilité et les sacs à dégobillage. Il sera possible de revenir sur les marchés quand trois conditions auront été remplies, estime Kessler. Ou au moins une des trois.

La première : « que l’Europe fasse défaut, car l’Europe va exploser de toute façon. » La Grèce, l’Irlande ou l’Espagne vont faire faillite, prévoit Kessler, même si la Commission européenne fait tout pour que cela ne se produise pas. Mais quand ce qui doit arriver arrivera, le S&P500 perdra mille points et il vaudra mieux ne pas se trouver dans les parages à ce moment-là !

Deuxième condition, qui est très similaire à la première : la Californie. Elle aussi va probablement imploser, poursuit l’ex-gérant de hedge fund, probablement à cause de ses engagements en termes de retraites à payer. Mêmes conséquences que si un pays européen fait défaut.

Troisième nécessité, enfin : que la Réserve fédérale relève ses taux. Cela modifiera la perception du marasme ambiant, les modèles mathématiques des grands investisseurs se retourneront et le marché deviendra un régal pour les stock pickers.

Sommes-nous sur le point d’assister à l’un de ces trois bouleversements ? Probablement pas, car les autorités freinent des quatre fers de chaque côté de l’Atlantique. La Fed a repris en août l’assouplissement quantitatif qu’elle disait avoir abandonné en mars. Son nouveau programme de quantitative easing — QE 2.0 — ressemble de plus en plus à un emplâtre étouffant un malade sous respiration artificielle.

Conclusion
Quelle conclusion tirer de tout cela ? Prendre son mal en patience et attendre qu’au moins l’un de ces trois scénarios se concrétise ? Ça risque d’être long. Certains commentateurs ne suivent actuellement qu’un principe : « Cash is king« . Vous connaissez toutes et tous l’expression anglophone : le liquide est roi.

Compte tenu de l’intense incertitude qui entoure les marchés en ce moment, ne rien faire, rester hors des marchés peut sembler une bonne option. Laisser l’argent à la banque. Rembourser ses dettes de cartes de crédit. Et acheter malin : ce que vous économiserez en profitant des promotions dans les boutiques, disons 15%, dépassera certainement ce qu’un investissement vous rapporterait. Surtout que vous ne payez pas d’impôts sur vos achats — mais sur vos plus-values, oui.

Autre possibilité : se rire de telles girations en suivant une stratégie qui profite de la volatilité, au lieu d’en souffrir, comme celles des « Tortues », ou encore comme mon approche neutre au marché LSI, dont la performance annualisée atteint 61% de mieux que l’indice S&P500 pour l’instant en 2010, le tout sans exposition au risque de krach…

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

Un commentaire pour “L’infernal yo-yo des marchés devrait se poursuivre”

  1. Bonjour Monsieur MAYOR,

    Je lis avec intérêt le Capital neutre chaque semaine dont j’apprécie l’esprit.
    Aussi avant de souscrire à votre Lettre qui me tente en plus de Moneyweek et de La Lettre de Monsieur LAURENT auxquels je suis abonné je voudrais savoir si vous pourriez me faire la faveur de me faire parvenir un exemplaire même ancien de cette Lettre afin que je puisse me faire une idée de son contenu SVP.

    Thanks for any reply comme on dit là où j’ai passé quelques années ….

    Laurent FEIGENBAUM

    Le banni de commentaires chez Moneyweek car très Contrarien et ne supportant pas les pseudo conseils qualitatifs de certains rédacteurs ……

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