Faut-il jouer les IPO ?

Rédigé le 24 juin 2014 par | Big caps, Biotechs et Medtechs, IPO, OPA, opérations financières, Mid et Small Caps Imprimer

Ca se bouscule sur la place de Paris. Les IPO (introductions en Bourse, en français) se suivent à un rythme effréné depuis le début de l’année et notamment les introductions de biotechs…

Des IPO boostées par les biotechs

Ce n’est pas un hasard si ce sont surtout des biotechs qui lèvent des capitaux sur les marchés financiers. Les investisseurs ont les yeux de Chimène pour ces entreprises innovantes. Ils savent que les gros laboratoires pharmaceutiques, en panne de nouveaux médicaments mais aux poches encore pleines, n’ont pas d’autres choix que de les acquérir s’ils veulent rester dans la course.

Pour beaucoup d’investisseurs, c’est le moment d’entrer au capital de ces start-up.

Le 14 février, Crossject (FR0011716265) a ainsi fait une entrée fracassante sur Alternext. L’offre de l’inventeur du procédé unique au monde de piqure sans aiguille a été souscrite 4,4 fois. Le cours a atteint 8,36 euros par action, soit la fourchette haute attendue par les analystes financiers. Le titre s’est envolé de plus de 11% les deux premiers jours. Aujourd’hui, il est légèrement retombé et stagne au-dessus de 10 euros.

Puis le 27 mars nous avons eu l’IPO d’OncoDesign (FR0011766229) sur Alternext, un spécialiste des nouvelles molécules thérapeutiques contre les cancers et les maladies graves.

Le 7 avril, ce fut au tour du fabricant de tests diagnostics Genomic Vision (FR0011799907) de faire son entrée sur l’Eurolist C. Il fut rejoint deux jours plus tard, toujours sur le Compartiment C, par Genticel (FR0011790542) qui développe un vaccin contre le cancer du col de l’utérus.

En juin, autre registre : nous avons eu la Coface (une société d’assurance-crédit) qui a lancé son processus d’introduction en Bourse avec une IPO supérieure à 800 M€.

Atos a également introduit en Bourse de sa filiale Worldline pour un montant de l’ordre de 610 M€. Il y aura 255 M€ liés à de nouvelles actions et 355 M€ liés à la cession réalisée par Atos. Worldline est valorisée sur une base comprise entre 12 fois et 14 fois sa VE/ROC.

Les premières cotations réussies sont rares…

Medtech (FR0010892950), qui a fait son entrée sur l’Eurolist C à la fin de l’année dernière, ne se situe pas tout à fait dans la même veine que les « biotech » : la société implantée à Montpellier conçoit des dispositifs robotiques innovants d’assistance aux gestes médico-chirurgicaux. Ce qui n’a pas empêché la valeur de s’apprécier d’un peu plus de 45% sur le premier semestre. Normal : ses perspectives de développement sont alléchantes (voir les dernières news ici).

McPhy Energy (FR0011742329) pour sa part, est carrément éloigné du monde médical puisque la société est spécialisée dans la fourniture d’équipements de production d’hydrogène et de stockage d’énergie. Pour autant, le titre a grimpé de 20% dès sa première séance de Bourse le 25 mars dernier. Il est vrai que la PME, basée à La Motte-Fanjas dans la Drôme et désormais cotée à l’Eurolist C, a profité de l’entrée à son capital d’Aliad, filiale de capital-risque du groupe Air Liquide. Certes, cette entité a vocation à rester minoritaire dans la start-up… Il n’empêche, pour les marchés, cette opération peut signifier que le leader mondial des gaz industriels puisse mettre un jour la main dessus. C’est-à-dire le même scénario que les biotech avec les « big pharma ». J’avais interviewé Pascal Mauberger, le prédisent du Directoire de Mc Phy quelques jours avant l’IPO, et même si la valorisation est très chère, je ne peux que constater que c’est un très beau dossier.

Mais d’une manière générale, si les IPO rencontrent un vif succès et sont très souvent sur-souscrites… la suite n’est pas forcément dorée en matière de performance boursière.

Des performances contrastées après l’introduction

Faudrait-il davantage se fier à l’intuition des investisseurs particuliers qui plaide pour la méfiance ?

Selon un sondage Opinion Way, 84% des investisseurs particuliers français considèrent qu’il est risqué d’acheter une société s’introduisant en Bourse tout en reconnaissant que les IPO sont utiles aux entreprises et à l’économie en général. Pourtant, les conseillers financiers les poussent souvent à participer à ces opérations…

Pour tout vous dire, je ne suis pas loin de partager cet avis pour avoir réalisé moi-même des IPO il y a quelques années. J’ai alors connu bien des déconvenues et des déceptions… Mais c’était un autre temps et le but n’est pas de raconter mes souvenirs.

Sortons de la théorie et observons ce qui s’est passé au cours des derniers mois en termes d’IPO. Dans la plupart des cas, les opérations ont été sursouscrites par les investisseurs, toujours friands de nouveauté… quitte à oublier parfois les fondamentaux. Car, très peu d’entreprises sont dans le vert depuis leur introduction. En fait, 3 tirent vraiment leur épingle du jeu (à la fin juin 2014) : McPhy Energy, le spécialiste dans la fabrication et la commercialisation d’équipements de production et de stockage d’hydrogène quia ffiche 20% de gain, et TxCell, introduit en bas de fourchette, une société de biotechnologie spécialisée dans le développement d’immunothérapies cellulaires qui affiche 40% de gain et ANEVIA, qui gagne 15%. 3 gains sur les 19 IPO du premier semestre.

Alors, devez-vous jouer les IPO ?

J’ai envie de vous dire : « d’une manière générale, NON ! » ! Vous aurez beau m’interroger par e-mail « Monsieur Lewin, que pensez-vous de telle introduction en Bourse ? », ma réponse sera toujours et invariablement la même : laissez passer. Si jamais il y a une IPO intéressante, je rencontre la direction et je vous fais une analyse le cas échéant.

Attendez tranquillement les premières cotations, voire les premières annonces avant de vous jeter sur une nouvelle venue en Bourse… Nous ne savons encore rien de la nouvelle entrante ! La mariée est toujours très belle… et ce n’est qu’après que l’on en découvre les premiers défauts.

Evolution des titres introduits en Bourse en 2014

date IPONom valeurcours IPOcours au 24 juinévolution depuis IPO
19-juinSERGEFERRARI GROUP – Compartiment C    
19-juinEURONEXT – Compartiment A                  19,40 €                   19,00 €-2,06%
17-juinPIXIUM VISION – Compartiment C                    7,95 €                      8,03 €1,01%
10-juinELIOR – Compartiment A                   15,00 €                   15,25 €1,67%
28-maiANEVIA – Alternext                  12,55 €                   14,45 €15,14%
22-maiVISIATIV – Alternext                    10,89 €                   10,61 €-2,57%
30-avrINNOVEOX – Alternext                     8,06 €                      7,88 €-2,23%
28-avrMAINSTAY MED – Compartiment C                  21,16 €                   17,21 €-18,67%
17-avrTHERACLION – Alternext                    13,59 €                   12,83 €-5,59%
14-avrAWOX – Compartiment C                   21,75 €                   21,02 €-3,36%
11-avrTXCELL – Compartiment C                      5,58 €                      7,90 €41,58%
10-avrFERMENTALG – Compartiment C                      9,20 €                      8,44 €-8,26%
09-avrSUPERSONIC IMAGINE – Compartiment B                    10,87 €                   10,85 €-0,18%
09-avrGENTICEL – Compartiment C                    7,39 €                      5,96 €-19,35%
07-avrGENOMIC VISION – Compartiment C                    17,65 €                   13,86 €-21,47%
27-marsONCODESIGN – Alternext                      7,30 €                      6,58 €-9,86%
19-marsMCPHY ENERGY – Compartiment C                    10,00 €                   12,35 €23,50%
26-févrGAZTRANS.TECHN. – Compartiment A                   46,00 €                   47,15 €2,50%
14-févrCROSSJECT                   9,85 €                   10,65 €8,12%

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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