Faut-il être intelligent pour investir ?

Rédigé le 19 novembre 2014 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Faut-il être intelligent pour investir avec succès ? On parle souvent des « génies de la finance », ces personnes qui réussissent à surperformer le marché plus souvent que la moyenne, et cela de manière significative. Cette surperformance est-elle le fruit de leur travail acharné et méthodique, ou est-ce lié à des prédispositions intellectuelles particulièrement hors norme ?

En d’autres termes, est-il possible de lier le quotient intellectuel d’un investisseur à sa performance boursière sur le long terme ? Cette épineuse question a fait l’objet de plusieurs études académiques, dont je vais vous dévoiler certaines des conclusions les plus frappantes.

Pour simplifier grandement la réflexion, partons d’abord d’un constat de base : l’investisseur moyen ne peut pas battre le marché, puisque ce dernier est la somme de ses composants. Ce que gagne un investisseur est forcément perdu par un autre, car la bourse est un jeu à somme nulle.

 

Faisons également l’hypothèse que l’investisseur lambda a un quotient intellectuel de 100, ce qui est plus ou moins la moyenne d’un adulte.

Ensuite, si on suppose que le QI d’un investisseur a effectivement un impact sur ses gains en bourse, on devrait alors observer, en moyenne, une surperformance sur les personnes possédant un QI supérieur à 100. Et c’est précisément ce que démontre la première étude dont je vous parle aujourd’hui : le niveau de quotient intellectuel est très fortement corrélé à la participation aux marchés.

D’après les auteurs, plus les gens sont « intelligents », plus ils investiront sur les marchés. Plus intéressant encore, ce résultat persiste quels que soient leur niveau de fortune, de revenu, leur âge ou leur profession. Ceteris paribus.

Taquins, les chercheurs ont même effectué des comparaisons entre frères et sœurs. Leur conclusion : la corrélation entre QI et volonté d’investir est tout aussi forte chez les femmes que chez les hommes. On pouvait s’en douter, cette étude le prouve scientifiquement.

Enfin, cet article montre également que les investisseurs à QI élevé ont plus tendance à détenir des parts de fonds de placement et un nombre élevé d’actions (ce qui est bon pour la diversification). Leurs portefeuilles affichent généralement un niveau de risque moindre et dégagent des ratios de Sharpe plus élevés (ce qui signifie qu’ils obtiennent une performance supérieure sans prendre de risque supplémentaire).

Ces dernières conclusions sont confortées ou complétées par cette deuxième étude* des mêmes auteurs. Elle démontre que le niveau de quotient intellectuel conditionne largement les comportements boursiers, la performance et les coûts de transaction.

Cette recherche combine deux sortes de données : la performance d’investissements en actions, le nombre de transactions et les ordres limites placés par des investisseurs finlandais d’une part, et les résultats de tests de QI réalisés pendant près de vingt ans sur pratiquement tout Finlandais en âge d’effectuer son service militaire.

Résultat, les investisseurs à QI élevés affichent une aptitude supérieure à faire du market timing (c’est-à-dire anticiper les mouvements de marché) et à pratiquer le stock picking (choisir les bons titres plutôt qu’un panier diversifié). Leurs ordres boursiers bénéficient également d’une meilleure exécution, ce qui assure des coûts plus attractifs.

Un petit bémol pour finir, cependant : ces deux études ne précisent pas à partir de quel niveau de QI on devient un génie de la finance…

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sylvainfrochaux
sylvainfrochaux
Directeur de la recherche chez Straight from The Lab

Sylvain Frochaux est le directeur de la recherche chez Straight from The Labet fondateur de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/). Il est surnommé par ces pairs le « Japonais blanc » de la finance, en raison de son caractère jusqu’au-boutiste et de son parcours de vie.

Après des études brillantes à HEC Lausanne (où il finit premier de sa volée, avec notamment une thèse de master en économétrie financière), il se dirige vers le Japon pour y effectuer son doctorat. De retour en Suisse, il devient responsable de l’analyse financière et de la recherche académique pour le quotidien financier L’Agefi.

En 2009, il quitte le journalisme pour créer le groupe Straight from The Lab (https://ra113.infusionsoft.com/go/sftl/Agora/) qui a pour objectif de rendre accessible, aux investisseurs privés, les dernières recherches en finance. En 2013, après trois ans de recherche, il lance avec son équipe le service Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so/Agora/), une solution d’investissement basée exclusivement sur l’analyse scientifique des marchés. Unique en son genre, cette stratégie fournit aux investisseurs un portefeuille clé en main, avec une garantie de performance (minimum 50% en cinq ans).

Toutes les études mentionnées dans les articles signés par Sylvain Frochaux peuvent être consultées en vous enregistrant sur la page commune des Publications Agora et de Solution ORION© (https://ra113.infusionsoft.com/go/so-agora/Agora/).

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