Faut-il acheter des valeurs de rendement ?

Rédigé le 22 décembre 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

__________________________________

Analyste et rédacteur spécialisé sur les small caps
__________________________________

Lorsque je suis interviewé sur BFM Business dans Intégrale Bourse, le thème des valeurs de rendement est souvent évoqué. Faut-il acheter en ce moment des valeurs de rendement, étant donné que les obligations ne rapportent pas grand-chose ?

Faut-il s’intéresser aux sociétés distribuant de généreux dividendes*, alors que les placements monétaires ne sont pas des plus intéressants ?

Souvent, mes interlocuteurs indiquent qu’il faut acheter des valeurs à fort coupon et qu’au-dessus des 6% c’est vraiment très attractif.

Alors, je me suis livré à quelques recherches dans le monde des small et midcaps

Vous allez voir que, contre toute idée préconçue que l’on vous vend dans la presse grand public… une valeur de rendement ne permet pas de s’immuniser de la crise, bien au contraire.

En fait, l’environnement macroéconomique est tellement difficile, les prévisions sont tellement sombres pour 2012 (je vous rappelle que ça y est, nous sommes officiellement entrés en récession pour l’INSEE) qu’il faut regarder cette stratégie d’investissement avec recul.

_____________________Pour vous aider dans vos trades______________________

2012 : Faillite de la France ?
Notre spécialiste vous explique pourquoi la faillite de la France se rapproche de plus en plus.

Après des mois de recherches et des heures passées sur les chiffres, elle fait aujourd’hui un bilan, que vous pouvez découvrir dès maintenant. Elle vous propose des solutions pour vous protéger.

Un dossier de recherches exclusif, et une analyse et des solutions indispensables, à lire ici…

______________________________________

Un rendement passé ne préjuge pas d’un rendement futur. En d’autres termes, ce n’est pas parce qu’une société a distribué un fort dividende en 2010, qu’elle va en faire de même au titre de l’exercice 2011. Car un dividende dépend essentiellement de la capacité de la société à générer du résultat et le fameux pay out, si souvent utilisé, n’est que la part du bénéfice distribué aux actionnaires. Il peut bien sûr varier.

Il est évident qu’une chute des résultats entraîne mécaniquement une réduction du dividende. Prenons un exemple…

La COMPAGNIE DES ALPES (FR0000053324-CDA), connue aussi bien pour ses remontées mécaniques que pour le parc Astérix ou encore le Futuroscope, vient d’annoncer une chute de 27% de son résultat net part du groupe pour l’exercice 2010-11 et donc une réduction de son dividende de 15%. Il passe de 1 euro à 0,85 euro. Le rendement n’est donc plus que de 6,3%, certes toujours acceptable mais en baisse.

Toute la problématique est de se demander si le groupe va maintenir son dividende l’an prochain, étant donné les investissements importants qu’il va devoir assurer. Donc, se placer sur un tel titre est-il une bonne stratégie ? Pas si sûr, regardez ce graphique.

Graphique de Compagnie des Alpes, comparé au CAC 40
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

De toute évidence, le titre CDA a moins profité du rebond… et par contre, a chuté bien plus fortement que le CAC 40, passant de 24 euros au début 2011 à 13,87 euros en ce moment au plus bas : quasiment 50% de baisse. Il semble bien que le parachute dividende soit percé…

Regardons maintenant TOUPARGEL (FR0000039240-TOU), le spécialiste des surgelés, dont je vous ai déjà beaucoup parlé. Je vous disais justement, début novembre : « l’énorme rendement de TOUPARGEL ne fait pas tout ». Et pour cause.

L’action a perdu 26% depuis le 1er janvier et offre un rendement de 10% aux cours actuels. Pourquoi les investisseurs ne se ruent-ils pas sur le titre ? Tout simplement parce que le rendement est ex ante et que l’exercice actuel n’est pas des plus fameux : le résultat net sur neuf mois baisse de 32% à 5,2 millions d’euros.

Les dirigeants détiennent 80% du capital et sont donc les premiers concernés par la distribution de dividende : par conséquent, ne vont-ils pas réduire le coupon afférent au titre ?

Evoquons maintenant PAGES JAUNES (FR0010096354-PAJ), que tout le monde connaît. Savez-vous quel est le rendement actuel du titre ? Vous séchez… Et bien il est de 24,5%… Oui, je ne me trompe pas d’un zéro, je n’ai pas bu une vodka orange ou un gin tonic. C’est énorme et pourtant l’action ne remonte pas et perd même 65% depuis le 1er janvier.

Graphique de PagesJaunes comparé au CAC 40
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

En fait, la société est très endettée (quasiment 2 milliards d’euros) et doit rembourser, d’ici novembre 2013, 642 millions d’euros. Cela veut dire tout simplement que le spécialiste des annuaires papier, confronté également à une baisse de ses résultats, ne sera sans doute pas en mesure de maintenir les 0,58 euro de dividende de 2010. Mais regardez le graphique : même en 2010 le titre reculait plus fortement que le CAC 40 !

Imaginons maintenant que le dividende soit réduit à 0,10 euro par action, ce qui est possible… Le rendement du titre descend à 4,2%, ce qui est peu… Comment imaginer que la société, très endettée, arrive à bien performer dans ces marchés ?

Un bon conseil donc et je me répète : le rendement passé ne préjuge pas d’un rendement à venir. Et en aucun cas, il ne doit être la raison de votre achat. Au mieux, c’est un bonus.

Tenez, j’aimerais à ce sujet lancer un petit débat, ou un petit sondage : quelle stratégie appliquez-vous en ce moment ? Etes-vous plutôt liquide ? Sur du long terme ? Ou bien est-ce que vous vous amusez plutôt à jouer les marchés ? Si oui, sur quels titres ?

Je vous demande cela car, comme je vous l’ai déjà dit, je suis en train de travailler sur un service où l’on jouerait les publications de small caps, les sous-valorisations, et dans lequel on s’intéresserait aux rattrapages rapides de certaines petites valeurs… Seriez-vous de la partie ? Ecrivez-moi soit dans les commentaires sur le site, soit à la-redation@publications-agora.fr

Sur ce je vous souhaite de très bonnes fêtes !

* Décryptage : dividende
Le dividende est une somme d’argent qui est versée à un actionnaire. Le versement d’un dividende n’est pas automatique, la décision relève de l’assemblée générales des actionnaires. L’argent distribué peut venir de réserves de l’entreprise ou du bénéfice net.

Mots clé : - - -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

Un commentaire pour “Faut-il acheter des valeurs de rendement ?”

  1. Pour compléter votre article sur les valeurs de rendement, je pense que leur « fiabilité » dépend de la conjoncture globale. En état économique stable, elles doivent être fiables. En état économique douteux, comme actuellement, elles ne valent rien, au sens de la fiabilité. Les revenus d’hier ont peu de chances d’être les revenus de demain.
    Pour répondre à votre sondage, j’ai abandonné les actions, devant la flagrante manipulation des cours de bourse. Certes les petites valeurs ne font probablement pas l’objet de manipulation, mais elles suivent les tendances, et sont embarquées grosso modo dans le même mouvement.

Laissez un commentaire