Faut-il acheter des valeurs de rendement ?

Rédigé le 16 décembre 2011 par | Mid et Small Caps Imprimer

Lorsque je suis interviewé sur BFM Business dans Intégrale Bourse, le thème des valeurs de rendement* est souvent évoqué. Faut-il acheter en ce moment des valeurs de rendement, étant donné que les obligations ne rapportent pas grand-chose ? Faut-il s’intéresser aux sociétés distribuant de généreux dividendes alors que les placements monétaires ne sont pas des plus intéressants ?

Souvent, mes interlocuteurs indiquent qu’il faut acheter des valeurs à fort coupon et qu’au-dessus des 6% c’est vraiment très attractif. Alors, je me suis livré à quelques recherches dans le monde des small et midcaps… Vous allez voir que, contre toute idée préconçue que l’on vous vend dans la presse mainstream… une valeur de rendement ne permet pas de s’immuniser de la crise, bien au contraire.

En fait, l’environnement macro-économique est tellement difficile, les prévisions sont tellement sombres pour 2012 qu’il faut regarder cette stratégie d’investissement avec recul (je vous rappelle que ça y est, nous sommes officiellement entrés en récession pour l’INSEE).

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Un rendement passé ne préjuge pas d’un rendement futur. En d’autres termes, ce n’est parce qu’une société a distribué un fort dividende en 2010, qu’elle va en faire de même au titre de l’exercice 2011. Car un dividende dépend essentiellement de la capacité de la société à générer du résultat et le fameux pay out, si souvent utilisé, n’est que la part du bénéfice distribué aux actionnaires. Il peut bien sûr varier.

Il est bien évident qu’une chute des résultats entraîne mécaniquement une réduction du dividende. Prenons un exemple… LA COMPAGNIE DES ALPES (FR0000053324-CDA), connue aussi bien pour ses remontées mécaniques que pour le parc Astérix ou encore le Futuroscope, vient d’annoncer une chute de 27% de son résultat net part du groupe pour l’exercice 2010-2011 et donc une réduction de son dividende de 15% : il passe de 1 euro à 0,85 euro. Le rendement n’est donc plus que de 6,3%, certes toujours acceptable mais en baisse.

Toute la problématique est de se demander si le groupe va maintenir son dividende l’an prochain, étant donné les investissements importants qu’il va devoir assurer. Donc, se placer sur un tel titre est-il une bonne stratégie ? Pas si sûr, regardez ce graphique :

Graphique: La Compagnie des Alpes
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De toute évidence, le titre CDA a moins profité du rebond… et a chuté bien plus fortement que le CAC 40, passant de 24 euros au début 2011 à 13,87 euros en ce moment, au plus bas : près de 50% de baisse. Il semble bien que le parachute dividende soit percé…

Regardons maintenant TOUPARGEL (FR0000039240-TOU), le spécialiste des surgelés, dont je vous ai déjà beaucoup parlé. Je vous disais justement, début novembre : « L’énorme rendement de TOUPARGEL ne fait pas tout ». Et pour cause. L’action a perdu 26% depuis le 1er janvier et offre un rendement de 10% aux cours actuels. Pourquoi les investisseurs ne se ruent-ils pas sur le titre ? Tout simplement parce que le rendement est ex ante et que l’exercice actuel n’est pas des plus fameux : le résultat net sur neuf mois baisse de 32% à 5,2 millions d’euros. La direction, puisque ses dirigeants détiennent 80% du capital, est donc la première concernée par la distribution de dividende : ne va-t-elle pas réduire le coupon afférent au titre ?

Evoquons maintenant PAGES JAUNES (FR0010096354-PAJ), que tout le monde connaît. Savez-vous quel est le rendement actuel du titre ? Vous séchez… Eh bien il est de 24,5%… Oui, je ne me trompe pas d’un zéro, je n’ai pas bu une vodka orange ou un gin tonic. C’est énorme et pourtant l’action ne remonte pas et perd même 65% depuis le 1er janvier.

Graphique: Pages Jaunes
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En fait, la société est très endettée (à près de 2 milliards d’euros) et doit rembourser, d’ici novembre 2013, 642 millions d’euros. Cela veut dire tout simplement que le spécialiste des annuaires papier, confronté également à une baisse de ses résultats, ne sera sans doute pas en mesure de maintenir les 0,58 euro de dividende de 2010. Mais regardez le graphique : même en 2010 le titre reculait plus fortement que le CAC 40 !

Imaginons maintenant que le dividende soit réduit à 0,10 euro par action, ce qui est possible… Le rendement du titre descend à 4,2%, ce qui est peu… Comment imaginer que la société, très endettée, arrive à bien performer dans ces marchés ?

Un bon conseil donc (et je me répète) : le rendement passé ne préjuge pas d’un rendement à venir. Et en aucun cas, il ne doit être la raison de votre achat. Au mieux, c’est un bonus.

Tenez, j’aimerais à ce sujet lancer un petit débat, ou un petit sondage : quelle stratégie appliquez-vous en ce moment ? Etes-vous plutôt liquide ? Sur du long terme ? Ou bien est-ce que vous vous amusez plutôt à jouer les marchés ? Sur quels titres ? Je vous demande cela car, comme je vous l’ai déjà dit, je suis en train de travailler sur un service où l’on jouera les publications de small caps, les sous-valorisations, et dans lequel on jouera les rattrapages rapides de certaines petites valeurs… Seriez-vous de la partie ? Ecrivez-moi soit dans les commentaires sur le site, soit à la-redation@publications-agora.fr

Sur ce, bon week end, et à la semaine prochaine avant quelques vacances !

* Décryptage : rendement
C’est le dividende versé par rapport au cours de l’action. Ce taux est très regardé si on veut faire des placements « de père de famille », c’est-à-dire peu spéculatifs mais qui assurent un dividende assez important. Une entreprise verse un dividende de 2 euros pour une action qui vaut 30 : le taux de rendement atteint donc un excellent 6,6%.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

2 commentaires pour “Faut-il acheter des valeurs de rendement ?”

  1. […] la fin de l’âge d’or des valeurs de rendement. J’avais déjà abordé le sujet dans ces lignes en décembre, mais là, la tendance […]

  2. […] point le plus important concerne bien sûr le dividende alors que le rendement du titre atteint les 9,5%. Est-ce qu’une baisse des résultats entraînera une remise en […]

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