Faisons le point sur les IPO à venir

Rédigé le 25 mai 2015 par | Actions, Mid et Small Caps, Toutes les analyses Imprimer

Malgré les récents reports des introductions de Labco et de Solairedirect dans un contexte de marchés secoués par les tensions sur l’obligataire, la fin du semestre s’annonce plutôt dense en matière d’IPO.

Europcar : une IPO vouée à l’échec?

Europcar, par exemple, a d’ores et déjà annoncé vouloir lever 475 M€ d’ici la fin du mois de juin. L’opération devrait principalement servir à éponger une partie de la dette de l’entreprise et s’intégrer à un plan de refinancement plus large. Une raison d’introduction, déjà, que je n’aime pas. Pour moi, une IPO doit servir à lever des fonds pour aller de l’avant, pas pour essuyer les plâtres du passé. Mais passons.

Si Eurazeo, actionnaire du groupe, prévoit de vendre une partie de ses titres, pour l’heure, aucun chiffre n’a filtré.

Les principales velléités de l’opération me font penser à celles de la levée de fonds avortée de Labco (FR0012695666), le spécialiste des services de diagnostic médical. Cette IPO devait servir en grande partie à rembourser les obligations à haut rendement émises par le groupe. Peine perdue car l’opération n’a jamais eu lieu, elle est pour l’heure reportée « en raison de conditions de marché devenues particulièrement volatiles sur l’ensemble des places financières ».

Même logique, même punition pour Spie (FR0012159846)… A l’automne dernier, le spécialiste des prestations de services (dans les domaines du génie électrique notamment) comptait bien lever quelque 1,2 Mds€ pour se désendetter. Comme pour Labco, l’opération a été reportée en raison de conditions de marché peu favorables. Depuis, Spie est parvenu à refinancer sa dette mais via des emprunts. Le groupe a ainsi pu procéder au remboursement par anticipation d’une obligation à échéance 2019 de 375 M€ à 11% d’intérêt.

Ces deux exemples sont éloquents. Ils montrent que les investisseurs (pour lire la suite) n’ont pas forcément envie de participer à ce qui s’apparente à de pures opérations de refinancement. Pour être crédible, la levée de fonds doit servir une vraie stratégie de développement et de croissance. Certes, refinancer sa dette permet de réduire ses charges financières et donc d’améliorer son compte de résultat mais ce n’est pas l’objectif premier que doit porter une IPO. Elle doit soutenir des opérations stratégiques et un développement pertinent…

Je suis peut-être de la vieille école, mais je préfère de loin une levée de fonds avec une stratégie de croissance en appui plutôt qu’une stratégie qui vise à améliorer la flexibilité financière. Je ne serai donc pas étonné de voir l’opération d’Europcar prendre le même chemin que Labco et Spie – et c’est d’ailleurs pour cela que je ne suis pas favorable à ce que vous jouiez les IPO.

Petit Wallix veut devenir grand

Par contre, Wallix réussira sûrement son IPO. En effet, ce spécialiste de la cyber-sécurité créé en 2003 projette de s’introduire sur Alternext pour augmenter sa notoriété et son attractivité.

L’idée ? Accélérer le développement du groupe. En effet, ce dernier prévoit de passer de 40 à 130 salariés d’ici à 2018 tout en renforçant parallèlement sa présence en Angleterre, en Allemagne, en Italie et dans les pays nordiques.

Reste à connaître la valorisation attendue par la société alors qu’elle réalise un CA de 4 M€ pour une perte nette tournant autour de 0,3 M€. Les modalités devraient être connues en fin de semaine prochaine suite à une réunion prévue à l’occasion de son entrée en Bourse.

Uniti sur le marché libre

Signalons pour finir l’arrivée sur le marché libre via une cotation directe (sans levée de fonds) d’Uniti, un spécialiste de la réalisation de programmes de logements sociaux. La valorisation autour de 50 M€ me paraît être très élevée. Mais la société ambitionne de réaliser un CA de 30 M€ cette année assorti d’une rentabilité de l’ordre de 18%. Ce qu’elle y gagne ? De la crédibilité, aux yeux de ses clients… et de ses clients seulement parce que quand vous allez sur le Marché Libre, c’est que vous n’avez pas… comment dire… tous les feux verts de l’AMF.

Attention, pour le moment, cette action est très peu liquide, ce qui la rend dangereuse à jouer… Il faudra sans doute attendre un passage sur Alternext, avec en parallèle, une vraie levée de fonds avant de s’y intéresser…

Comme je vous l’ai déjà expliqué, je ne vous conseille pas de jouer les IPO. Mieux vaut laisser l’opération se faire et attendre tranquillement les premières publications de résultat pour avoir de quoi analyser le dossier. Je peux vous l’affirmer sans complexe, et je parle par expérience, si la mariée est toujours bien apprêtée pour faire ses premiers pas boursiers, son maquillage peu cacher quelques défauts savamment cachés…

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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