Faillite libérale du Kansas. Mais… et la théorie ?

Rédigé le 16 juin 2017 par | Statistiques et données macro Imprimer

Moins d’impôts = plus de croissance et plus de prospérité = plus de bonheur ?

Des travaux universitaires ont depuis longtemps démoli cette rengaine néolibérale mais cela n’a pas empêché Donald Trump d’en faire un de ses principaux argument de campagne.

Et comme il est difficile d’argumenter avec le Président sur ses lubies économiques, laissons-le se débrouiller avec les « faits alternatifs » pour se concentrer sur les « faits bien réels »… et notamment la situation de faillite qu’affronte le Kansas.

Cet état du Midwest est gouverné par un clone de Donald Trump en terme de pensées (croyances) économique : il s’agit du républicain ultraconservateur Sam Brownback qui a abaissé dès 2012 l’impôt local sur les hauts revenus de -25% en le passant de de 6,4% à 4,9%. Il a également supprimé toute taxes sur les bénéfices des petites entreprises et des auto-entrepreneurs.

Résultat de cette potion magique fiscale ?

La croissance du Kansas a été divisée par 3 (tombant à un fragile +1%) et le déficit budgétaire a explosé, plaçant l’état au bord de la faillite.

Sam Brownback se défend : le projet était brillant mais a pêché au niveau de l’exécution.

En effet de nombreux salariés ont démission et passé un contrat de « fournisseur de biens et services » avec leur ex-employeur pour bénéficier du nouveau statut fiscal (exonération) des travailleurs indépendants.

Résultat des courses : désintégration des services publics (plus aucune recette pour les financer), des riches plus riches mais qui ne dépensent rien dans leur état d’origine (Miami, Aspen ou Berverly Hills, c’est beaucoup plus sexy que le Kansas) et aucune amélioration du système éducatif (avec la règle du chacun pour soi, et aucun soutien pour les familles défavorisées).

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Faillite libérale du Kansas. Mais… et la théorie ?”

  1. Le Kansas a subi de plein fouet la baisse du prix du pétrole comme les autres Etats où cette activité est prépondérante. Par comparaison, le Kansas s’en est même plutôt mieux tiré que les états où le collectivisme local est resté florissant. En tout état de cause, la baisse des charges publiques indues a permis de soutenir l’activité bien plus efficacement que les subventions publiques, même s’il reste encore du chemin à parcourir pour sortir de cette période de vaches maigres.

    Mais tout est bon pour taper sur le Kansas dans les nombreux médias US acquis à l’idéologie à la mode, même les arguments poussés à l’absurde car, politiquement, le Kansas est l’antithèse de la doxa libérale (c’est-à-dire gauchiste selon la terminologie US) : gouverneur issu du tea party, restriction à l’avortement, interdiction du mariage homo (tombée lors de la présidence Obama), une population qui se déclare plus religieuse que la moyenne, etc. L’état du Kansas risque la faillite ? Attendons de voir la énième faillite de la Californie !

    Dommage que la bourse au quotidien se contente de recracher, sans une analyse objective de bon aloi, les fake news des journaleux gauchistes US.

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