Vers un crépuscule du marché obligataire chinois et du shadow banking ?

Rédigé le 21 avril 2017 par | Statistiques et données macro, yuan Imprimer

J’évoquais dans ma vidéo du jour trois principaux périls pour la hausse des marchés. En N°1, la prise de conscience — quel que soit le candidat qualifié au second tour, et même si le favori des marchés et des bookmakers a de bonnes chances de devenir Président — qu’une majorité gouvernementale alliant la carpe et le lapin sera difficile à constituer et plus encore à pérenniser.

En N°2, le risque de déception concernant la réforme fiscale de Donald Trump, une sorte de « deus ex machina » financier sur lequel Wall Street a littéralement fait tapis depuis le 10 novembre. Les chances de « bonne surprise » sont quasi nulles et les risques de déception sont immenses tant les attentes sont surjouées par les marchés.

En N°3, j’évoquais le risque lié au surendettement chinois associé à un montant de mauvaises dettes stratosphérique (la situation japonaise de 1990 mais à la puissance 10).

Voilà un sujet que les marchés ont largement perdu de vue…

Mais voilà que quelques heures à peine après l’enregistrement de la vidéo, une dépêche Reuters relate les inquiétudes de l’ex-ministre de l’économie, Lou Jiwei, à l’occasion d’un forum se tenant à Pékin.

Lou Jiwei rappelle que le dette chinoise totale (publique + privé) dépasse désormais 250% du PIB alors qu’elle était de 150% en 2008. L’endettement des ménages chinois a bondi de quasiment 0 au tournant du 21ème siècle pour tutoyer 50% du PIB. Il rappelle que les banqueroutes de collectivités locales se multiplient et que beaucoup croulent sous de mauvaises créances: trop c’est trop ! Le gouvernement central a donc cessé de voler systématiquement au secours des canards boiteux.

Ce qu’il oublie de préciser, c’est que de nombreux créanciers appartiennent à la « nomenklatura » et qu’ils ont été encouragés à procurer des capitaux à des emprunteurs à l’agonie du fait du rendement très élevé qu’ils percevaient… sans courir de grands risques puisque Pékin faisait presque systématiquement un chèque pour régler le problème sans faire de vague.

Si le couple rendement/risque fonctionne de nouveau normalement en Chine, de nombreux créanciers pourraient être tentés de se débarrasser à tout prix de dettes menacées de valoir zéro… Et beaucoup de banques (et d’entités para-financières pratiquant le shadow banking) adopteront la même attitude et liquideront massivement les positions les plus scabreuses.

Cela promet d’être sportif !

Mots clé : - -

Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Vers un crépuscule du marché obligataire chinois et du shadow banking ?”

  1. Une réédition de 2015, donc ? Je m’en régale d’avance… sans trop y croire puisque les autres BC y sont préparés.

Laissez un commentaire