EVOLIS : la force tranquille des cartes plastiques

Rédigé le 7 juin 2011 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Combien de sociétés présentes dans 120 pays et réalisant 42,5 millions d’euros de chiffre d’affaires connaissez-vous ? Combien de sociétés cotées sur Alternext, ayant plus de 430 clients dans le monde dont TOTAL, NESTLE ou encore l’Assemblée nationale avez-vous repérées ? Aucune ? Ah ! Eh bien nous allons corriger ce problème vite fait.

EVOLIS (FR0004166197 – ALTVO) est notre star du jour. C’est un fabricant d’imprimantes pour les cartes plastiques et la personnalisation de badges. Du concret en somme. La société vend également — évidemment, vous me direz –, une gamme complète de consommables et d’accessoires conçus spécifiquement pour fonctionner avec ses imprimantes.

Le process de vente est en général le suivant : EVOLIS vend ses produits à des intégrateurs de type SAGEM, qui eux-mêmes vendent les imprimantes aux grands groupes. Et les marchés d’EVOLIS sont extrêmement nombreux, couvrant des secteurs d’activité multiples et variés.

Des badges pour tous !

Commençons par les badges. EVOLIS produit par exemple les badges pour la célèbre carte Navigo — que tous les Franciliens qui ont renoncé à utiliser leur voiture pour se rendre au travail connaissent. Elle propose encore les badges pour imprimantes, badges de sécurité dans des entreprises qui ont des problématiques d’identification. Je précise également, si vous êtes sportif, que la carte Club Med Gym que vous utilisez par exemple pour « badger » est aussi produite par EVOLIS. N’oublions pas également les badges d’accès aux universités — voire aux collèges et lycées puisque chaque élève a besoin d’être reconnu et identifié.

Mais EVOLIS travaille également sur des projets gouvernementaux dans de nombreux pays, avec par exemple l’impression de permis de conduire ou encore des cartes d’identité.

« Il y a également un énorme marché peu développé en France. C’est celui des cartes bancaires. Grâce à leurs multiples technologies, ces imprimantes facilitent le processus d’émission des cartes bancaires en le rendant instantané. C’est assez fréquent en Asie d’imprimer sur place les cartes bancaires dans les banques » précise Emmanuel Picot, président et directeur général du groupe, que j’ai rencontré dans un grand hôtel parisien il y a quelques jours. « Le prix de nos machines varie de 1 000 euros pour les clubs de sport à 10 000 euros pour des imprimantes beaucoup plus sophistiquées » explique le patron.

On comprend maintenant plus aisément pourquoi cette entreprise réalise 91% de son chiffre d’affaires à l’international…

Quel chemin parcouru depuis 1999 !

Car oui, c’est en 19999 que cinq copains décident d’unir leurs forces pour créer la société. Basée à Angers depuis sa création, EVOLIS est toujours dirigée par ces cinq hommes, unis par un pacte d’actionnaires et toujours aussi proches les uns des autres.

En buvant un Vichy-menthe (sa boisson préférée), Emmanuel Picot me raconte l’histoire de cette success story à la française dont le développement a été fulgurant. « Début 2005, nous ouvrons une filiale américaine à Miami, puis à l’automne 2006 c’est l’ouverture à Singapour de sorte que fin 2006 nous avons un réseau de distribution qui couvre déjà 91 pays », me raconte celui qui a mis toutes ses économies dans l’aventure EVOLIS et qui possède 17% du capital.

Les fondateurs d’EVOLIS détiennent encore 65% du capital et l’on trouve parmi les autres actionnaires importants le (5% du capital) aux côtés des fonds Alto Invest et IPO.

Bref, voilà un beau tour de table pour cette société cotée sur Alternext depuis un peu plus de cinq ans. « Nous avons fait nos premiers pas en Bourse en mars 2006 au cours de 11,50, soit une valorisation boursière à l’époque de 70 millions d’euros (mero). Depuis, la progression n’est pas stratosphérique car la capitalisation boursière n’est que de 86 mero, ce qui fait 23% de hausse en cinq ans. Nous avons subi de plein fouet la crise des subprime avec un cours de l’action qui a atteint 7,40 euros au plus bas » précise le P-DG du groupe.

Graphique d'EVOLIS

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Mais sur un an, l’action s’adjuge 46% et vaut aujourd’hui autour de 16,50 euros !

Des résultats en bonne progression

Il faut dire que les résultats 2010 d’EVOLIS ont été très bons après une année 2009 plutôt médiocre. Le chiffre d’affaires n’a certes progressé « que » de 30%, à 42,5 mero (soit 27 mero dans les ventes de machines et 15 mero dans les consommables), mais le résultat net a augmenté pour sa part de 67,2% à 5,5 mero, ce qui nous donne une marge nette à 13%, soit +2,8 points par rapport à l’année précédente.

EVOLIS consacre par ailleurs 4% de son chiffre d’affaires à la R&D car il faut sans cesse trouver des innovations technologiques dans les imprimantes proposées.

Quid de 2011 ? Demandai-je au patron

« Nous allons sans doute avoir une croissance de 15% avec peut-être un léger tassement de la rentabilité dû à de nouveaux investissements » précise le P-DG du groupe.

EVOLIS aurait pu être touché par le tremblement de terre au Japon. Heureusement, la société a été épargnée. En effet, son fournisseur de têtes d’impression est basé à Osaka et EVOLIS dispose en général de trois mois de stock : pas de conséquences pour le groupe donc. « Nous sommes relativement confiants sur l’année mais nous sommes quand même attentifs à l’évolution de l’euro. Un euro trop fort nous rendrait beaucoup moins compétitif par rapport à nos concurrents » précise Emmanuel Picot. Oui, EVOLIS est dans la même situation que toute entreprise orientée à l’international !

Ses concurrents, justement, s’appellent ZEBRA (Etats-Unis), MAGICARD (Grande-Bretagne) ou encore HID (Suède) « Nous sommes le seul groupe au monde à être indépendant tout en restant focalisé uniquement sur notre métier » conclut le P-DG. La trésorerie nette de 12 millions d’euros, pour des fonds propres de 31,7 millions, permet à EVOLIS d’envisager une poursuite de son développement, d’innover technologiquement, de réfléchir à des opérations de croissance externe et d’ouvrir bien sûr de nouveaux réseaux de distribution. La société pourrait mettre l’accent sur les pays émergents.

Ah oui, j’ai oublié de vous parler de l’action. D’après mes calculs, à 16,50 euros, elle se paye sur un PER* de 12 sur 2011, ce qui n’est pas très cher pour une valeur de cette qualité.

Mais regardez quand même de très près l’évolution de l’euro. Il ne faudrait pas que l’on reste trop longtemps au-dessus des 1,45, comme actuellement.

PS : je vous avais parlé, dans un précédent article de CARMAT (FR0010907956) et de STENTYS dans mon article du 20 mai. Depuis, de bonnes nouvelles ont été publiées, et le titre explose !

Graphique de CARMAT

Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

 

* Décryptage : PER 

Price Earning Ratio. Le PER sert à calculer la cherté d’une action. Il se calcule en divisant le cours du titre par le bénéfice ramené à une action. Par exemple : une entreprise est cotée à 40 euros. Son bénéfice par action est de 2 euros. Le PER est donc de 20. Cela veut dire que lorsque j’achète une action, je la paye 20 fois le bénéfice qu’elle va dégager (on considère généralement que le ratio peut aller de 5 à 40). Plus le PER est faible, plus il est rentable d’acheter. Cet indicateur se révèle très utile pour comparer les différentes entreprises d’un même secteur.

Mots clé : - - - - - -

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

3 commentaires pour “EVOLIS : la force tranquille des cartes plastiques”

  1. […] spécialiste des solutions de personnalisation pour cartes plastiques, dont je vous ai longuement parlé dans  il y a quelques mois, voit son  activité franchement ralentir avec un chiffre d’affaires à neuf mois stable à […]

  2. […] vous rappelez qu’en juin dernier,  je vous ai longuement présenté ce spécialiste des imprimantes destinées à la personnalisation graphique l’an dernier. J’étais […]

  3. […] Je ne vous présente plus Evolis (FR0004166197), ce spécialiste des imprimantes destinées à la personnalisation graphique et à l’encodage des données de cartes plastiques… J’avais consacré l’an dernier une eletter au groupe… […]

Laissez un commentaire