Ces 20% de survalorisation de l’euro qui posent problème

Rédigé le 21 novembre 2011 par | Matières Premières Imprimer

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Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers
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Les traders restent l’oeil rivé sur la parité euro/dollar, devenue le baromètre de l’appétit ou de l’aversion pour le risque dans l’Eurozone. Mais, comme je vous le disais la semaine dernière, il devient difficile de prétendre que l’euro constitue le témoin infaillible de la confiance dans la pérennité de la zone euro car les tensions sur les dettes souveraines – exacerbées en novembre – ont à peine entamé son crédit aux yeux des cambistes. Les taux longs ont grimpé de 100 points de base en Espagne et en Italie, de 50 points de base en France et en Belgique depuis le 1er novembre… Or l’euro ne perd que 1%, de retour sur ses planchers mensuels établis deux semaines auparavant.

La Grèce et l’Italie ont vu leurs dirigeants balayés par la défiance que leur témoignaient les marchés ; aujourd’hui, les problèmes structurels restent entiers à l’échelon local. L’Allemagne et la France s’écharpent sur la façon de contenir les attaques spéculatives contre les dettes souveraines… la discorde et la confusion règnent au plus haut niveau mais l’euro ne lâche rien.

Qui aurait osé parier que la monnaie unique se maintiendrait au-dessus des 1,35$ avec des taux longs italiens à 7% et un spread (écart de rendement) de 180 points de base entre le Bund (dont la rémunération plafonne sous 1,80%) et l’OAT (qui navigue entre 3,60 et 3,70% depuis le 10 novembre dernier) ?

Début juin, l’euro flirtait avec les 1,47$, et le CAC 40 avec les 4 000 points. Compte tenu des déboires qui s’abattent sur les gouvernements et les places boursières de la zone euro depuis, ceux qui s’accrochent à leurs placements en euro s’en tirent sans trop de casse. C’en est même assez troublant. Rappelez-vous : dans des circonstances de tension des taux moins extrêmes, l’euro avait plongé de -20% de mi-novembre 2009 à début juin 2010.

Et pourtant, jamais la Grèce ne s’est retrouvée aussi proche de la sortie. Le tabou de son retour au drachme (pour ne pas dire son exclusion consentie de l’Eurozone) est tombé fin octobre… Il n’est pas certain que d’autres pays surendettés et confrontés à une récession dont on cerne mal l’issue (encore 5 ou 10 ans de galère ?) ne se laisseraient pas tenter par une reprise en main de leur propre destin monétaire.

L’Angleterre est comptablement en faillite ; son système social est en miette, le chômage explose mais la Bank of England monétise la dette à tour de rotatives : la City et la livre affichent une santé insolente. Si la livre recule épisodiquement face au dollar, c’est de façon délibérée et parce que cela soutient les exportations britanniques.

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Compte tenu du niveau de croissance anticipé en zone euro pour 2012 (+0,6%), c’est le dollar qui apparaît notoirement sous-évalué. Les experts de Morgan Stanley se sont empressés de réviser à la hausse leurs prévisions de croissance du PIB US de +3,3% à +3,5% en rythme annuel, ce qui a contribué à propulser le baril de pétrole au-dessus des 100$.

C’est en réalité le pire des scénarios pour l’économie américaine. La hausse des prix du pétrole menace le pouvoir d’achat, et impacte les coûts de l’industrie locale. Mais les indices boursiers américains repassent tous dans le vert par rapport au 1er janvier. Et vous souvenez-vous de ce que valait la parité euro/dollar au 1er janvier 2011 ? Exactement 1,3450, c’est-à-dire son niveau médian de la séance des 15 et 16 novembre derniers. Les places du Vieux Continent chutent de -20% en moyenne depuis le 1er janvier à parité monétaire constante. Cherchez l’erreur !

Graphique EURUSD
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

[Ndlr : d’ailleurs, tous ces mouvements sur la parité euro/dollar créent autant d’opportunités pour ceux qui tradent sur le Forex. Imaginez : une variation de 1% ou 2% dans la journée peut vous rapporter des milliers d’euros grâce à l’effet de levier ! Pour profiter de conseils quotidiens et précis sur les devises, découvrez le service de Jérôme Revillier.]

Si la véritable menace était la dislocation pure et simple de l’Eurozone, alors le dollar aurait dû prendre +20%… Mais nous ne devons pas perdre de vue que le dollar a été opportunément affaibli de décembre 2010 jusqu’à fin avril 2011 par le QE2 de la Fed, ce qui a été particulièrement profitable à Wall Street.

Le billet vert a, comme par hasard, atteint son plancher avec une parité à 1,4900 lorsque Ben Bernanke a fait comprendre aux marchés qu’il n’y aurait pas de QE3.

Pour être parfaitement cynique, les Etats-Unis ont tout intérêt à faire douter de la survie de l’Eurozone pour capter le montant d’épargne mondiale nécessaire au refinancement de leur dette colossale… tout en s’arrangeant pour maintenir l’euro le plus haut possible (via des achats massifs de Bunds) afin de plomber le commerce extérieur du Vieux Continent. Cette stratégie commence à s’avérer payante puisque la production industrielle a chuté au mois d’octobre en France et en Allemagne.

La survalorisation de la monnaie unique achève d’ancrer l’Europe dans la récession et de doper artificiellement une économie US qui dysfonctionne à tous points de vue depuis 2007. Mais l’Europe dysfonctionne également, mais au niveau de la gouvernance fiscale et budgétaire. Le couple franco-allemand considéré comme le « noyau dur » de l’Europe se trouve maintenant séparé par un écart de rendement obligataire de 200 points.

Nous voici parvenus à un point de rupture et l’euro pourrait ne pas résister 48H de plus à l’inaction de la BCE. Surveillez la cassure des 1,3420$ (support oblique moyen terme en vert sur le graphique) car un gouffre s’ouvrirait sous nos pieds. L’euro chuterait immédiatement jusque vers 1,3150$ (le plancher du 4 octobre dernier) mais le principal objectif moyen terme serait le retracement du plancher annuel des 1,29$.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.
Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

Depuis la Suisse : composez le 0901 801 889, chaque appel vous sera facturé 2 CHF / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

2 commentaires pour “Ces 20% de survalorisation de l’euro qui posent problème”

  1. […] que vous venez de lire a été reprise du Billet du Trader, où elle a été publiée hier lundi 21 novembre 2011.] AKPC_IDS += […]

  2. […] de ma précédente analyse, j’avais mis l’accent sur le caractère de “baromètre du stress” de l’euro. Je redoutais qu’il enfonce le plancher des 1,3450/1,3430 face au […]

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