EURUSD / CAC 40 : un signal précurseur ?

Rédigé le 25 avril 2013 par | Autres indices, Big caps Imprimer

Conférence "A la recherche du rendement perdu"

 

Déjà, le G20 avait ouvert une brèche ce week-end en adoubant la politique monétaire du Japon. Le ministre sud-coréen s’est sans doute senti bien seul lors de son intervention pour mettre en garde le gouvernement japonais sur les dangers d’une telle politique monétaire…

Mais le G20 a surtout focalisé sur l’Allemagne et la Chine et leurs excédents commerciaux afin de les convaincre de la nécessité de freiner l’austérité pour favoriser la relance. Je ne vais pas ici revenir sur la vertu ou le vice d’une telle orientation monétaire, mais plutôt m’intéresser au comportement que cela a entrainé sur le marché.

L’activité allemande à la peine
Les indices PMI ont fait plonger l’euro ce mardi alors que l’Allemagne souffre d’une conjoncture de plus en plus difficile pour ses exportations. Le ralentissement chinois et les difficultés en Zone euro rendent en effet les perspectives peu encourageantes.

L’indice publié par Markit s’affichait ainsi à 47,9 points, illustrant la possible récession qui pointe en Allemagne. Cela est surtout le signe que c’est toute la Zone euro qui est contaminée par la récession, rendant la posture d’Angela Merkel bien difficile à tenir jusqu’aux prochaines élections en septembre. En effet, les Allemands verraient d’un mauvais oeil — et comme un signe de faiblesse — tout assouplissement du discours de politique monétaire.

Baisse des taux illusoire
L’Allemagne en difficulté, le G20 qui demande la relance plutôt que l’austérité… Il n’en fallait pas moins pour que les spéculations sur une baisse des taux de la BCE viennent alimenter un repli de l’euro sous 1,30 $ — mais surtout un rebond de plus de 3% sur le CAC 40 qui se poursuit à l’heure où j’écris cet article.

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Pourtant Mario Draghi ne baissera pas les taux, pour au moins deux raisons :

– Préserver l’équilibre qu’il a créé avec l’Allemagne
– Parce que ça ne servirait à rien

C’est sur la deuxième raison que je voudrais juste insister un peu…

Pourquoi baisser les taux serait contre-productif ?
Je vais faire simple. L’impact d’une baisse des taux s’arrêterait à la salle de la conférence de presse de Draghi. Aucun impact réel sur l’économie. La preuve en est que, sinon, nous aurions déjà dans tous les pays du monde un retour de la croissance et une augmentation des prêts aux entreprises comme aux particuliers, une amélioration des trésoreries et de la consommation et donc un chômage en baisse.

Le problème est ailleurs — et Mario Draghi est sans doute le banquier central qui a le mieux compris l’enjeu : la transmission de la politique monétaire.

En effet, la problématique des grandes banques centrales des pays « riches » (il y aurait à redire sur ce terme) n’est pas d’aller plus loin dans la gabegie budgétaire et monétaire mais de la rendre efficace. Or cela, elles n’y arriveront pas seules. Les banquiers centraux peuvent préparer le terrain, inciter, mettre en place les structures mais sans volonté politique, tout cela ne sert à rien.

Aussi aujourd’hui, alors que les marchés se focalisent sur une baisse de taux inutile sinon dangereuse car un réel aveu d’impuissance, les dirigeants politiques sont faces à leurs choix. Ils ont épuisé les ressources budgétaires, monétaires et vont devoir désormais tout simplement faire leur travail : décider les réformes et donner des orientations claires.

Quelque chose me dit que la douche froide va être violente. Sauf si vous faites confiance aux hommes politiques. Utopiste, va !

EURUSD/CAC 40 : une décorrélation qui pointe…
Alors que l’indice CAC 40 s’engouffrait sous 3 520 points, les perspectives de voir la BCE assouplir sa position ont provoqué une douce euphorie ramenant le CAC proche des 3 780 points ce mercredi matin.

Si beaucoup voient également la manne de liquidités japonaises se déverser par vagues en Europe (ce dont je doute toujours autant), ce phénomène est surtout l’illustration que seul un euro déclinant et un quantitative easing européen peuvent faire monter les marchés. Pendant ce temps, l’euro trouvait support sous 1,30 $, déclinant depuis ses récents plus hauts à 1,3180 $.

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A court terme, la zone à 1,2960 $ est vraiment la clé de l’évolution de l’eurodollar. J’anticipe la poursuite de la baisse malgré des soubresauts possibles ici et là car la pression reste à la baisse sur la Zone euro — que ce soit par des perspectives peu réjouissantes ou par la volonté de la BCE de faire baisser cette monnaie, décidément bien mal maîtrisée par les Européens.
[NDLR : Comment jouer cette évolution de l’euro — et toutes les autres possibilités qu’offre le marché du Forex ? Les réponses sont ici… ]

 

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

Un commentaire pour “EURUSD / CAC 40 : un signal précurseur ?”

  1. Bonjour M. Revillier,

    à en croire vos confrère, les taux vont baisser la semaine prochaine: http://www.bfmtv.com/video/bfmbusiness/integrale-bourse/bce-va-baisser-taux-selon-gilles-moec-integrale-bourse-25-avril-123122/

    Pourriez-vous argumenter, cela me semble intéressant.
    Merci

    Cordialement

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