Je tenterais bien le pari d’EUROMEDIS GROUP

Rédigé le 17 mai 2011 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

C’est dans un appartement parisien du 8e arrondissement que je rencontre Jean-Pierre Roturier, président d’EUROMEDIS GROUP (FR0000075343 – EMG).

L’homme, âgé d’une soixantaine d’années, est extrêmement courtois au premier abord et me remercie de le rencontrer alors que la valeur est peu suivie. « Nous étions suivis par un seul broker, c’est-à-dire Gilbert Dupont. Nous en ajoutons un deuxième avec Portzamparc » souligne-t-il pour indiquer que l’ère d’une nouvelle communication est arrivée.

Deux activités distinctes

exerce deux activités assez distinctes. Primo la fabrication des produits à Marque Propre dans le domaine médical — avec par exemple des compresses, des pansements ou encore des sondes et des gants médicaux. « Nous fabriquons environ 50% des gants à usage médical en France » m’annonce-t-il. Cette activité devrait représenter environ 55% du CA.

Seconde activité du groupe : la Distribution, avec la revente de matériel médical à travers des réseaux de distribution comme Paramat (points de vente pour les professionnels et les particuliers) ou encore Biomat (équipement pour les blocs opératoires). Le groupe dispose de 100 magasins en France, dont 31 en propre.

Dans cette activité, l’un des concurrents du groupe est BASTIDE LE CONFORT MEDICAL, un groupe également coté. Le marché de la revente de matériel médical est extrêmement atomisé avec quelque 1 700 revendeurs dans l’Hexagone. « Cette division altère nos résultats depuis plus de deux ans. Il y a eu un changement de règlementation sur le remboursement des lits médicalisés dans les maisons de retraite, qui s’est retourné violemment contre nous », me précise Jean-Pierre Roturier.

Ce changement de réglementation des dépenses des EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, dont ORPEA ou KORIAN font partie) a eu pour conséquence directe un net recul de l’activité distribution, couplé avec une baisse des marges commerciales. L’exercice 2008-09 s’est ainsi soldé par une perte nette de 2,5 mero (millions d’euros, pour ceux qui n’ont pas l’habitude des abréviations financières). « Vous comprenez pourquoi on a essuyé une sévère tempête en Bourse ». Oui. Je comprends, en effet ! Voyez le graphique boursier du titre…

Un titre en chute libre qui n’a pas encore profité d’un rebond

Graphique de EUROMEDIS
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Il est vrai qu’en trois ans, l’action a cédé 40%… et bien plus si l’on part de son plus haut de 18 euros à l’été 2007 : le titre a perdu quasiment 75% ! Le cauchemar est-il fini ? Il me semble en effet que l’avenir s’annonce meilleur pour EMG.

Le P-DG est confiant, il a envie de croire en sa boîte

Sur l’exercice 2009-10 (clos fin juillet), EUROMEDIS GROUPE a renoué avec la rentabilité en dégageant par exemple un résultat net de 0,8 mero. C’est peu, mais c’est déjà cela. Et le chiffre d’affaires a arrêté de baisser pour se stabiliser autour de 64 mero. « Nous ferons mieux sur l’exercice actuel » assure le P-DG du groupe, qui estime que l’horizon s’éclaircit. Et je veux bien le croire : le troisième trimestre publié en fin de semaine dernière marque une nette inversion de tendance par rapport au S1.

En effet, le CA du groupe a bondi de 5,6% à 16,3 mero, ce qui marque une nette inflexion par rapport à la baisse de 7,9% enregistrée au S1. Sur les neuf premiers mois de l’année, le CA est encore en recul de l’ordre de 2,7% par rapport à 2009-10. « Nous sommes très confiants sur le T4 et j’estime que l’activité des ventes en Marques Propres pourrait progresser d’environ 30% » précise, assez sûr de lui Jean-Pierre Roturier. « Aussi est-il possible de tabler sur un CA de l’ordre de 66 mero avec 36 mero pour les produits à Marque Propre et 30 mero pour la Distribution ».

Après calculs rapides et discussion avec le P-DG, j’arrive à la conclusion que l’activité Marque Propre devrait dégager un résultat opérationnel de l’ordre de 3 mero tandis que l’activité Distribution serait à l’équilibre. Voila donc un bon point qui est amené à largement s’améliorer.

Le P-DG rechigne pourtant à s’engager : « Franchement je ne veux pas faire de prévisions, mais je suis convaincu sur 2011-12 de dégager une rentabilité en très forte hausse avec une rentabilité dans les deux divisions ». Le groupe peut compter sur la montée en puissance de l’export qui représente 14% du CA (progression de l’ordre de 20% par an) et sur la très forte rentabilité de Medisanté (hospitalisation à domicile, perfusion et nutrition). « Medisanté est très rentable avec un CA de 600 kero* pour un résultat net de 150 kero » (*kilo euros) précise J.-P. Roturier.

Il est donc tout à fait probable que le groupe sorte dès l’an prochain un résultat d’exploitation de l’ordre de 3,5 mero et un résultat net d’au moins 2 mero.

Tentez le pari pour un titre si peu cher…

La situation financière d’EUROMEDIS, assez critique en 2009 avec un gearing de 100%, s’est nettement améliorée.

La société vient ainsi de lever 2,7 mero afin de rembourser une partie de sa dette obligataire. On peut ainsi tabler sur un gearing revenant rapidement autour de 50%. « Vous vous rendez compte, la dernière augmentation de capital il y a quelques semaines a eu lieu à 4,5 euros alors qu’en 2007 la levée de fonds avait eu lieu à 17 euros » me confie le patron, un peu dépité. Et je le comprends : il a créé sa société en 1995 après plus de 10 ans passées chez Impex (le spécialiste des seringues et aiguilles jetables). « Ma société est sous-valorisée. Il faut savoir que dans l’activité de produits à Marque Propre, les cessions se font sur une base de 80% du CA. Si on applique ce ratio, on obtient tout simplement 28,5 mero, rien que pour cette activité ! »

Rien à voir en effet avec la capitalisation actuelle d’à peine 13 mero…

Mais pour moi, il faut toutefois que le groupe fasse vraiment preuve d’un retour à la rentabilité pour que l’action décolle vraiment. Remarquez, c’est déjà ce que je vous disais pour PCAS : sans rentabilité, point de salut ! Mais que voulez-vous, c’est normal : une entreprise se doit d’être rentable si elle veut attirer les investisseurs.

Rien de plus logique.

Alors, après mes deux heures passées en compagnie de Jean-Pierre Roturier… j’ai envie de tenter le pari.

Si je me base sur mes calculs sur 2011-12, j’obtiens un PER* de 6,5 (soit une capitalisation de 13 mero avec bénéfice net de 2 mero), ce qui n’est vraiment pas très cher. Vous l’avouerez, cela vaut la peine de mettre un petit ticket pour jouer une nette amélioration des résultats.

J’allais oublier l’actionnariat… La famille détient 42% du capital devant le Crédit Agricole (13,5%) et BNP Developpement (6,5%). Le flottant, compte tenu d’un auto-contrôle de 1,5% avoisine les 37%. Pas de cession envisagée pour l’instant. Les enfants de Jean-Pierre Roturier travaillent dans l’entreprise. Mais qui peut prédire l’avenir ?

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* Décryptage : PERPrice Earning Ratio. Le PER sert à calculer la cherté d’une action. Il se calcule en divisant le cours du titre par le bénéfice ramené à une action. Par exemple : une entreprise est cotée à 40 euros. Son bénéfice par action est de 2 euros. Le PER est donc de 20. Cela veut dire que lorsque j’achète une action, je la paye 20 fois le bénéfice qu’elle va dégager (on considère généralement que le ratio peut aller de 5 à 40). Plus le PER est faible, plus il est rentable d’acheter. Cet indicateur se révèle très utile pour comparer les différentes entreprises d’un même secteur.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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5 commentaires pour “Je tenterais bien le pari d’EUROMEDIS GROUP”

  1. […] dernier, je vous avouais lors d’un long article que je tenterais bien le pari Euromedis Groupe (FR0000075343). Depuis l’action a pris 7% et […]

  2. […] vous rappelez que je vous ai présenté la société l’an dernier avec un biais […]

  3. […] dont j’ai rencontré le P-DG Jean-Pierre Roturier l’an dernier et vous ai donné moults détails sur le site, est revenu dans le vert au premier semestre, tout en révisant en hausse son chiffre […]

  4. […] spécialiste dans la fabrication et la distribution de matériel médical , que je vous ai présenté l’an dernier,  connaît une très bonne année 2001-12 marquée par une hausse de 17% de ses ventes sur neuf […]

  5. […] Le 17 mai dernier,  j’écrivais dans l’une des premières newsletters que je tenterais bien le pari Euromedis (FR0000075343)… […]

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