Euro-dollar : au secours Super Mario ?

Rédigé le 25 octobre 2018 par | BCE, Taux & Devises Imprimer

Flou autour des modalités du Brexit, poursuite de la hausse des taux de la Fed, rejet du budget italien par la Commission européenne (la perspective d’un déficit à 2,4% l’an prochain ayant du mal à passer, surtout en comparaison des 0,8% promis par le précédent gouvernement) : les raisons de la baisse de la paire euro-dollar (EURUSD) sont nombreuses. Et avec ces sources de tension (et un spread BTP/Bund au plus haut de l’année), on retrouve la paire sur des niveaux de 1,14$.

Graphe écart entre le rendement des taux à 10 ans italien (BTP) et allemand (Bund)

Cliquez sur le graphique pour l’afficher en grand

D’un point de vue graphique, à long terme, elle reste un peu entre deux eaux, avec une paire support/résistance obliques assez clairement identifiée (visible en bleu clair + flèches de couleur sur mon graphique mensuel ci-dessous).

Graphe euro-dollar

Mario Draghi devra bien choisir ses mots…

Comme mon collègue Philippe vous en le rappelait ce matin, Mario Draghi est attendu de pied ferme tout à l’heure. Plus que sur les taux (qui n’ont aucune chance de bouger), c’est surtout la rhétorique du président de la BCE qui sera examinée. Tout l’intérêt de sa conférence de presse sera de savoir s’il va ou non prendre en compte l’accroissement des risques ces dernières semaines pour modifier en substance le timing d’arrêt du quantitative easing (QE). Or, si tel devait être le cas, la baisse de l’EURUSD pourrait se poursuivre.

Par rapport aux indices, deux options me semblent envisageables (comme toujours en Bourse, rien n’est tout blanc ou tout noir, ce serait trop simple) :

L’équation inverse est valable en cas de hausse de la parité monétaire. D’un côté, une remontée au-delà des 1,15$ pourrait freiner nos gros exportateurs européens. De l’autre, la confirmation du calendrier de l’arrêt du QE pourrait être saluée, le marché l’assimilant à un signe de confiance de la banque centrale par-delà les risques actuels.

Alors quel scénario s’imposera cet après-midi ? En toute objectivité, l’impact éventuel sur le CAC40 est à ce stade bien difficile à évaluer.

Pour ce qui me concerne, avec la petite poussée baissière de l’EURUSD sous les 1,14$ d’hier, je viens de sécuriser une nouvelle prise de bénéfices partielle (PBP) de 11% sur nos puts EURUSD. Dans tous les cas, je suis de facto sans risque sur l’ensemble de ma position avant cette échéance. Pas si inconfortable au vu de l’environnement actuel…

Ce serait le bon moment pour la BCE d’intervenir…

Mathieu Lebrun
Mathieu Lebrun
Rédacteur en Chef d'Agora Trading

Mathieu Lebrun est analyste financier. Il commence sa carrière chez Fortis Banque pour intégrer la table de négociations sur devises au sein de la salle des marchés du groupe Natexis Banques Populaires. En 2004, il intègre un cabinet de conseil sur produits dérivés en tant qu’analyste technique et obtient son diplôme d’Analyste Technique délivré par la STA (Society of Technical Analysis).

Depuis près de 10 ans, il s’est forgé une solide expérience sur les marchés financiers. En juin 2013, il décide de créer un service de trading simple et efficace : Agora Trading. Pour ses abonnés, il combine à merveille sa lecture des différentes classes d’actifs et leur corrélation pour en tirer le meilleur. Vous pouvez ainsi vous positionner en toute simplicité, en exploitant des outils de trading ultra-efficaces, les certificats Turbos.

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