EURO DISNEY : une hausse irrationnelle… la chute arrive

Rédigé le 22 février 2011 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Les résultats déçoivent… Nous sommes le 8 février au matin et la société publie son chiffre d’affaires trimestriel. La progression de l’activité atteint 8,5% à 316,8 millions d’euros avec un bond de 6% des dépenses touristiques et une légère progression de 2% de la dépense moyenne par visiteur.

Pas de quoi pavoiser, au point qu’un broker qui suit la valeur n’hésite pas à trouver la croissance du chiffre d’affaires des parcs à thèmes clairement décevante. L’intermédiaire va plus loin et confirme une recommandation à alléger sur la valeur avec un objectif de cours de 4 euros, soit un cours inférieur aux 4,50 euros que valait le titre le 8 février au matin.

… mais le titre s’envole ! Mais dès l’ouverture des marchés, un vent de spéculation s’empare du titre qui clôture le 8 février au soir à 5,28 euros puis le 9 février à 6,55 euros.

Graphique du cours d'Euro Disney

Puis, après trois séances de consolidation, la boulimie d’achat reprend et l’action progresse jusqu’à un plus haut de 10,89 euros le 17 février ! Nous sommes dans la hausse la plus irrationnelle qui soit, et d’un coup… la bulle se dégonfle : le titre retombe à 8,80 euros le 18 février.

Mais rendez-vous compte : l’action a quasi-doublé en moins de 10 séances. Avec également une forte montée des volumes.

Si la première hausse entre 4,50 à 6,55 euros s’est faite avec 2 millions d’actions, celle entre 6,55 et 8,80 euros a donné lieu à des échanges historiques avec pas moins de 11,3 millions d’actions soit environ 30% du capital ! Je vous avais déjà dit qu’il fallait surveiller les volumes, mais là, nous avons eu la démonstration parfaite !

Quelle mouche a donc piqué les investisseurs alors que le dossier n’intéressait plus du tout les grandes gestions ces dernières années ? Même le célèbre fonds Kingdom du Prince Alwaleed Bin Talal, l’un des membres de la famille royale saoudienne et l’une des plus grosses fortunes mondiales, a commencé à jeter l’éponge en passant sous les 10% du capital en novembre dernier, ne détenant plus que 8,5% des actions.

Il faut dire que les performances financières du parc à thèmes n’ont jamais fait rêver depuis son ouverture il y a quasiment vingt ans.

En quatre ans, par exemple, la société a quand même perdu plus de 140 millions d’euros, pénalisé notamment par un endettement très important (1,8 milliard d’euros). Et son chiffre d’affaires n’a progressé que de 5% sur la période.

Alors, pourquoi une telle flambée ? Certains évoquent une prise de participation étrangère en vue d’une prise de contrôle — mais je n’y crois pas. Il y a en effet toute une problématique de licences et de culture d’entreprise chez Euro Disney. N’oubliez pas également que le complexe est exploité par la société Euro Disney SCA, détenu à 39% par la Walt Disney Company et que la société verse de fortes redevances à sa maison mère (environ 5,7% de son chiffre d’affaires).

Une autre explication est beaucoup plus plausible pour moi. C’est l’apparition évidente de quelques fonds d’investissement qui ne cessent de faire des allers retours sur cette valeur, car elle est liquide et peu chère en terme de valeur nominale.

Ajoutez également à cela que le titre est éligible au SRD (avec un effet de levier jusqu’à 5 fois) et qu’il attire toute une foule de particuliers, prêts à saisir la moindre opportunité pour engendrer une plus-value rapide. Un cocktail explosif mais qui peut devenir très dangereux si jamais le marché se retournait sur la valeur…. Ce qu’il a commencé à faire hier, pris dans la consolidation générale. [Ndlr : Sébastien Duhamel avait commencé à vous avertir suite à son analyse du VIX]

Un bon conseil donc : n’investissez pas dans des dossiers dont les fondamentaux n’ont rien à voir avec la valorisation boursière de l’entreprise… Cela peut coûter très cher. Ceux qui ont acheté à 10,89 le 17 février ont déjà perdu plus de 20%.

Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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