Regardez où va l’euro, vous saurez où va le CAC 40

Rédigé le 25 juin 2010 par | Matières Premières Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

Le parallèle entre l’ascension linéaire de l’euro, le CAC 40 et plus largement l’ensemble des indices boursiers paneuropéens est saisissant puisque nous découvrons une succession de 10 journées où l’euro a inscrit des plus hauts intraday consécutifs.

Tout comme la monnaie unique qui a culminé le lundi 21 juin à 1,2465$ en début de matinée, le CAC 40 a inscrit un zénith à 3 760 points peu après l’ouverture. La suite est connue : tandis que l’euro rechutait sous les 1,24$ puis les 1,23$, le CAC 40 est repassé sous les 3 700 points pour revenir s’appuyer sur les 3 660 points.

Il ne fait guère de doute que la parité Euro/Dollar, Euro/Yen et Euro/Franc suisse — la devise helvétique pulvérise un nouveau record historique à 1,359 euros — constitue l’une des clés, sinon la plus décisive, en ce qui concerne l’orientation future des actions.

Notre pressentiment est que l’euro demeure faible. Toutes les mesures d’austérité connues ou à venir — les Français auront droit à leur lot de mauvaises surprises durant leurs vacances d’été, et la rentrée sera saumâtre d’après les bribes d’informations parvenues à nos oreilles — ne font que convaincre les cambistes d’une inéluctable rechute de l’activité économique. Cela pourrait se solder par une baisse des recettes fiscales et donc une moindre efficacité des mesures de désendettement. Au mieux, le malade européen « mourra guéri » s’il suit à la lettre le traitement visant à rétablir l’équilibre des dépenses publiques à l’horizon 2013.

Il n’y a pas de remède chinois Partant de ce constat, certains se sont mis à espérer l’arrivée sur le marché d’un remède miracle chinois, déjà testé il y a deux ans — avant la crise — et qui aurait pour nom « Yuan flottant ». Nul ne se souvient exactement de l’étendue de ses bienfaits… mais croire en l’effet d’un médicament, c’est déjà s’engager sur le chemin de la guérison. Sauf que l’effet placebo a fait long feu. Les opérateurs se sont vite rendu compte de la démesure et de l’absurdité du mouvement d’euphorie qui a suivi l’annonce par la Chine d’un rétablissement d’un flottement du yuan — indexé sur un panier de devises — après deux années de change fixe et d’arrimage au dollar.

Pékin consent un geste symbolique. Celui-ci marque surtout une volonté d’apaisement des tensions sino-américaines avant le G20. Ce n’est certainement pas la « révolution » monétaire que certains voudraient y voir. D’ailleurs, le yuan a perdu 0,5% en l’espace d’une semaine tandis que l’euro en a reperdu autant lundi dernier en l’espace d’une heure de cotations.

Lors du précédent épisode de réévaluation contrôlée du yuan, le dollar et l’euro avaient reculé de 2 ou 3% en l’espace de six mois… alors que la monnaie unique a chuté d’autant en moins de six jours au début du mois de juin. Voilà de quoi relativiser les potentiels bienfaits d’un raffermissement de la devise chinoise !

Quelles perspectives ? En ce qui concerne l’évolution de l’euro, nous voyons se dessiner l’ébauche d’une configuration en tête-épaules inversée — de séquence 1,2150/1,1870/1,2250$… ce qui n’est pas parfait, mais l’euro peut encore se replier un peu à court terme.

Graphique de l'euro

Si les opérateurs estiment avoir pris trop de risques sur un dollar adossé à une montagne de dettes — l’administration américaine continue de temporiser après les avertissements de Ben Bernanke au sujet de la dette –, le franchissement par l’euro du palier des 1,2430 puis des 1,26$ pourrait préfigurer une ascension en direction des 1,29$.

Il s’agit d’une résistance graphique majeure. Elle correspond au cours d’ouverture du 10 mai ainsi qu’à la résistance oblique moyen terme qui délimite le canal baissier inauguré avec le pullback survenu début décembre 2009 sous les 1,515$.

Si en revanche le palier des 1,19$ — ex-plancher de mars 2006 — devait être enfoncé, l’euro poursuivrait selon toute vraisemblance sa correction baissière jusque vers 1,17$ — support majeur datant de novembre 2005 — puis 1,09$. Il s’agit là d’un seuil correspondant au zénith d’octobre 1999 ainsi qu’à un plancher testé de la fin août à début septembre 2003.

Dans un cas comme dans l’autre, le CAC 40 pourrait difficilement éviter un retracement de son récent plancher annuel des 3 280 points. Le test des 3 000 points apparaîtrait plus que probable en cas de rechute de l’euro sous les 1,1690$.

*1,35 euro par appel + 0,34 euro / minute.

Depuis la Belgique : composez le 09 02 33110, chaque appel vous sera facturé 0,75 euro / minute.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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