EUR/USD : la paire qu’il faut jouer

Rédigé le 19 mai 2010 par | Matières Premières Imprimer

Je me suis décidé à profiter de ce week-end prolongé, qui n’en était pas un sur les marchés, pour lire le livre témoignage de Jérôme Kerviel. Le hasard a voulu que je parcours cet « engrenage » au même moment où le nouvel héros américian, Andrew Cuomo — procureur général de New York –, s’attaque à neuf banques suspectées d’avoir fourni de fausses informations aux agences de notation. Sans blague ?

Plus de trois ans après les premiers scandales des subprime, alors qu’on a laissé pendant des dizaines d’années un certain Madoff franchir toutes les étapes de l’escroquerie avec la bienveillance de la SEC et de tous les organismes de régulation, la justice et le système économique montrent définitivement leurs limites.

Le nouveau cow-boy de New York n’y changera rien. Rien ne changera jamais. Je vais vous expliquer pourquoi dans les lignes qui suivent.

Les traders de l’opinion publique

La semaine passée, le point culminant de la bêtise a été atteint avec un projet assez hallucinant, un système qui viserait à freiner la chute des cours si elle allait trop vite. Imaginez, plutôt que de traiter la source du problème on cherche à s’adapter. Pensez-vous que ce soit réellement la première mesure à prendre ?

Ce n’est pas le système financier qui est malade, ce ne sont pas les marchés qui sont déréglés ou trop nerveux, ils ne sont que le reflet d’un manque de compétences évident, ou tout du moins, d’une complicité perfide du monde politique voué à l’enrichissement personnel d’une élite. Ce ne sont pas les marchés qui doivent guider les décisions. Fortunes et faillites donnent le pouls des marchés, ce ne sont pas ces problèmes qui doivent préoccuper les dirigeants élus pour des mandats relatifs au bien-être de la population.

Les marchés ont besoin de krachs, de bulles et de volatilité pour vivre. Rien ne sert de vouloir changer ça. Le monde bascule dangereusement dans le court-termisme alors que les hommes politiques deviennent des traders intraday de l’opinion publique. Et ils ne sont a priori pas très doués.

Zapping économique

Mais les citoyens ont leur part de responsabilité dans ce désastre programmé. Ils ont fait du zapping leur jeu favori. Cette facilité à oublier une catastrophe pour se focaliser sur une nouvelle. C’est exactement la même chose sur les marchés.

Pour réussir dans les prochaines années à dégager des profits, vous aurez deux solutions :

  • zapper plus vite que les autres, ce qui devient très dur ;
  • prendre un recul sain et jouer les fondamentaux.

Même si je suis programmé pour la première solution (…on ne se refait pas), je vous recommande de bien réfléchir à la seconde.

Et en prenant un peu de ce recul toujours nécessaire, on pourrait en déduire quelques pistes assez sérieuses d’investissement sur les devises sur lesquelles j’aurai l’occasion de revenir sans doute prochainement.

EUR/USD : le rebond nécessaire

Mais comme vous non plus, vous ne pouvez pas vous en empêcher, je vous propose une analyse de la paire phare du Forex pour les prochains jours. Autant profiter de la déconfiture actuelle pour accumuler les plus-values.

Graphique de l'EUR/USD

Ce lundi, la paire a touché un plus bas à 1,2235$. Tant que ce nouveau palier n’est pas dépassé, la thèse à privilégier est un rebond en direction du premier retracement de Fibonacci de la dernière jambe de baisse à 1,2580/1,2600$.

Ensuite, nous pourrions avoir une extension de ce rebond vers 1,2780/1,2800 qui devrait tout de même contenir le mouvement. Si la pression baissière moyen terme se confirme, alors nous aurons ensuite une forte probabilité de voir la paire repartir tester le récent plus bas pour viser 1,20$.

Attention cependant, vous connaissez notre devise favorite. « Quand tout le monde pense la même chose, c’est que personne ne pense vraiment. »

Et depuis quelques jours, le nombre d’économistes ayant retourné leur veste pour rejoindre le consensus est la thèse que je défendais déjà en novembre au salon Actionaria pendant ma conférence avec Moneyweek alors que l’euro était à 1,50$ me fait à la fois sourire mais me rend méfiant.

Quand vous êtes suivi par les moutons, c’est que vous n’êtes plus le loup…

A bon entendeur.

Bon Trade !

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

2 commentaires pour “EUR/USD : la paire qu’il faut jouer”

  1. bonjour, en effet il faut être skyzophrène….on peut être short avec un ETF sur moyen terme (pour les fondamentaux) et long avec un turbo call (pour la réactivité) et obtenir une couverture à peu près correcte…une sorte de neutralité hélvètique (c’est un coup d’oeil à votre confrère Marc Mayor).

  2. […] L'euro tout d'abord. Il s'est progressivement retourné après plusieurs mois de baisse et consolide actuellement autour d'un obstacle à 1,26$. Son dépassement, plus que probable, ouvrirait la voie vers les 1,31$ à moyen terme. […]

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