EUR/USD : la hausse jusqu’à quand et jusqu’où ?

Rédigé le 21 juillet 2009 par | Big caps Imprimer

Pourquoi l’EUR/USD rebondi ?

Tout d’abord, tentons de comprendre le mouvement de hausse actuelle de l’euro contre le dollar (la parité est revenue de 1.39 à 1.42 en quelques jours) qui est guidé par trois facteurs.

– Appétit pour le risque : l’euro/dollar est étroitement corrélé depuis plusieurs mois à l’appétit pour le risque des investisseurs. Aussi, sur le graphique ci-dessous, on constate que la paire évolue dans le même sens que l’indice Dow Jones depuis le début de l’année.

Les résultats, plutôt meilleurs qu’attendus des banques américaines, ont donc eu tendance à soutenir l’euro/dollar.

Comparaison Dow Jones et EUR/USD

– Défiance vis-à-vis du dollar : la politique de relance très agressive des Etats-Unis avec une création de monnaie gigantesque commence à inquiéter sérieusement le monde économique. Ces dernières semaines, bon nombre de dirigeants des BRIC sont intervenus pour demander une nouvelle monnaie de réserve et d’échange internationale. Au printemps, l’accord entre la Chine et le Brésil visant à diminuer l’utilisation du dollar américain dans leurs échanges avait fait grand bruit. L’euro profite donc directement de cette défiance car il est le mieux placé pour prendre la place du dollar dans les réserves internationales.

– Différence de taux directeurs : la BCE maintient son taux de refinancement à 1% créant ainsi mécaniquement un écart avec les Etats-Unis qui poursuivent leur politique de taux zéro. Aussi, l’euro est donc plus rémunérateur et attire les investisseurs plus facilement, profitant au passage de son statut de monnaie de substitut au dollar.

Mais je pense qu’il faut vendre l’EUR/USD

[Ndrl : pour savoir quand et comment vendre l’EUR/USD, rien de plus simple : continuez votre lecture ici]

Reprenons les arguments de hausse point par point. Pour moi, ils ne sont pas viables et je suis convaincu qu’il va falloir jouer la baisse de la paire.

– Appétit pour le risque : le rally actuel me laisse, comme beaucoup, perplexe. Même si les résultats s’améliorent légèrement, beaucoup de flou subsiste sur la véritable capacité des économies à sortir rapidement de la crise. L’embellie sur les marchés, même si elle peut aller très haut au vue de la forte baisse qui a précédé, me semble légèrement prématurée. De plus, la période estivale et les faibles volumes m’encouragent à la prudence.

– Défiance vis-à-vis du dollar : comme je l’ai souvent écrit, la baisse du dollar à long terme ne fait pas de doute mais à plus court terme, de meilleurs points d’entrée pourraient apparaître. En effet, si la dette des Etats-Unis augmente, elle reste la plus liquide et la plus recherchée. De plus, elle est détenue en majorité par des étrangers qui se lient ainsi directement à l’avenir du billet vert. Les dettes des pays européens sont beaucoup moins recherchées et ne trouvent que peu d’acquéreurs à l’étranger. Leur niveau est là aussi très inquiétant.

– Différence de taux directeurs : La BCE maintient ses taux à 1% malgré les risques de déflation qui pèsent sur la vieille Europe. Pas plus tard qu’hier matin, les prix à l’importation en Allemagne baissaient à la surprise générale (une hausse de 0,5% était anticipée). A l’inverse, la politique menée par les Etats-Unis devrait générer de l’inflation et si les anticipations de hausse des prix outre-Atlantique se confirmaient, le moindre signe de relèvement des taux aux Etats-Unis ferait bondir le billet vert.

Et enfin, d’un point de vue plus général, il est très peu probable que malgré leurs discours, les pays fortement détenteurs de dollars américains — comme la Chine et le Japon — laissent filer le billet vert sur les niveaux qu’il a connu. Pour toutes ces raisons, je pense donc que nous allons assister à une accalmie et à un regain sur le dollar d’ici la rentrée.

Ce que nous dit le graphique…

A l’heure où j’écris ces lignes, l’euro a dépassé le niveau très important des 1.42/dollar. Même si cela ne remet pas totalement en cause mon scénario à court terme d’un retour sur 1.3750, je dois bien avouer que la force de ce mouvement me surprend et on ne peut plus écarter l’hypothèse d’un véritable break out et d’un retour sur les 1.50.

EUR/USD

Actuellement, nous testons la ligne de tendance baissière (en rouge) qui semble présenter une bonne résistance.

A la hausse, il nous faudra donc surveiller la rupture de cette ligne puis la confirmation avec le niveau le plus important : celui des 1.4340 (en jaune). Il représente à la fois le dernier plus haut de juin et les résistances hebdomadaires et mensuelles graphiques.

Une cassure de cette zone conduirait sans aucun doute à une hausse soutenue jusqu’à 1.47 qui est le niveau supérieur de la forme en W toujours valide. A l’inverse, si l’appétit pour le risque venait à se dégonfler, il y a fort à parier qu’un nouvel échec sur ces niveaux pourrait amener une forte correction sur l’EUR/USD comme sur les autres devises majeures face au dollar américain.

Dans notre cas, le retour dans la zone de range sous 1.4150 pourrait nous amener à repasser sous les 1.40 puis les 1.3750.

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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