Etudier les secteurs pour un profit de 11% en 24 heures chrono

Rédigé le 21 mai 2009 par | Big caps Imprimer

Peut-on gagner 11% en 24 heures chrono grâce aux ratios prix/bénéfices sectoriels, grâce à l’observation du momentum et à un peu de bon sens ? Eh bien… OUI ! Et je vais vous le démontrer aujourd’hui.

Restons pragmatique Avant toute chose, ceci est un billet destiné aux traders souhaitant gagner de l’argent et non aux académiciens passionnés de débats théoriques. Par conséquent, il n’est pas question de rentrer ici dans un long débat sur le calcul correct d’un ratio prix/bénéfices. De nos jours, de nombreuses sociétés cotées en Bourse fournissent des chiffres que l’on nomme pudiquement « pro forma ». En langage courant, on pourrait appeler cela « résultat excluant tout ce qui est allé de travers ».

C’est un signe des temps. Les statisticiens du gouvernement calculent désormais l’inflation sans tenir compte, par exemple, des prix de l’essence ou du logement. Comme si la majorité d’entre nous dormait sur un banc toutes les nuits, et prenait le vélo pour aller travailler.

Disons donc simplement que le ratio prix/bénéfices idéal prendrait en compte le bénéfice réel non traficoté… Mais une telle chose existe-t-elle encore en Bourse actuellement ?

Pour l’exemple d’aujourd’hui, peu importe. La seule chose dont nous ayons besoin est que le calcul soit le même pour tous, car nous allons nous intéresser à des valeurs relatives — donc quels que soient les résultats absolus idéaux.

Il faut toujours relativiser ! Le 12 mai dernier, après la clôture des marchés, j’ai proposé à mes abonnés de jouer un titre bien particulier à la baisse. 24 heures plus tard, ceux-ci empochaient un profit de 11% tandis que les indices avaient perdu 3%. Efficace, non ? Laissez-moi vous expliquer comment j’ai fait.

Les cinq cents sociétés composant l’indice des actions S&P 500 se répartissent en neuf principaux secteurs : consommation courante, consommation cyclique, énergie, infrastructures, industrie, matériaux, santé, technologie et télécommunications.

Comme nul n’est capable de prédire le marché, j’ai choisi depuis 10 ans de ne faire plus que des investissements neutres au marché, c’est-à-dire qu’il s’agit de gagner de l’argent indépendamment des mouvements erratiques des Bourses. (Je vous ai expliqué cette stratégie du Market Neutral dans un précédent Billet du Trader, et j’y reviendrai évidemment lors de mon intervention du 19 juin car c’est une stratégie indispensable à connaître quand vous tradez).

Tournez la chance à votre avantage Imaginez-vous à l’hippodrome de Longchamp pour le Prix de l’Arc de Triomphe. Il y a 16 chevaux sur lesquels vous pouvez parier. Si je vous demande de choisir le vainqueur, vous avez en principe une chance sur 16 (soit 6,25%) de gagner et 93,75% de chances de perdre. Certes, vous me direz qu’en observant les cotes, il est possible d’augmenter ces chances. Mais si le favori part à 10 contre un, vous avez tout de même neuf chances sur 10 de vous tromper.

C’est pourquoi je propose une approche différente. Par exemple, parier que les cinq chevaux dont la cote est de cent contre un (chacun de ces canassons a seulement une chance sur cent de gagner, selon les spécialistes) se placeront, en moyenne, moins bien que le favori (qui a donc une chance sur 10, soit 10 fois plus de chances que les cinq autres).

Ce faisant, nous venons de retourner la situation. Statistiquement, vous disposez désormais de 10 fois plus de chances de gagner que de perdre.

En Bourse, il est possible de faire pareil grâce aux secteurs. Sur le graphique ci-dessous, nous voyons les valeurs des ratios prix/bénéfices pour les neuf secteurs majeurs mentionnés ci-dessus au cours de 10 dernières années.

Graphique des valeurs des ratios prix/bénéfices pour les neuf secteurs majeurs

Y a-t-il quelque chose qui vous saute aux yeux ?

Cela semble évident : tous les secteurs se trouvent actuellement dans le bas de la fourchette. Tous ? Non. Un secteur résiste encore et toujours à l’envahisseur baissier : il s’agit de la consommation cyclique, qui comprend notamment les fabricants de voitures et leurs fournisseurs.

Conclusion. Ce secteur reste fortement surévalué en comparaison des autres. Ce que je tente de vous expliquer, c’est qu’un pari différencié (exemple : le favori fera, en moyenne, mieux que les tocards) permet de mettre neuf chances sur 10 de votre côté, tandis qu’un pari simple (le favori va gagner) met neuf chances sur 10 contre nous.

Jouez de la relativité ! Ici, quel que soit le niveau des ratios prix/bénéfices, nous faisons un pari différencié (le surévalué performera moins bien que le sous-évalué) et non un pari simple, qui serait trop risqué.

Quand j’ai remarqué cela, j’ai déniché l’une des entreprises les plus surévaluées de toutes dans la consommation cyclique, une société dont le titre venait de progresser de 1 685% sans raison valable ! J’ai donc recommandé à mes abonnés de jouer la baisse. Résultat : un gain de 11% en 24 heures, avec assurément bien davantage à venir. Depuis le récent pic, l’action a déjà reperdu 55% en quatre jours, et ce n’est probablement qu’un début.

De nombreux traders ne jurent que par les indicateurs techniques : j’espère vous avoir convaincu que les fondamentaux peuvent vous aider à empocher des profits encore supérieurs, tout en éliminant le risque de marché.

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

Un commentaire pour “Etudier les secteurs pour un profit de 11% en 24 heures chrono”

  1. pas de schéma 🙁

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