Et si la Fed ne pouvait finalement pas relever ses taux ?

Rédigé le 27 janvier 2015 par | Matières Premières, Toutes les analyses Imprimer

Et si finalement le QE de Mario Draghi poussait la Fed à ne pas relever ses taux ?

Cela parait improbable pour l’instant, mais en réalité, la chute de l’euro, conséquence de ces mesures non conventionnelles, est bel et bien problématique pour les Etats-Unis.

La devise européenne a perdu 18% sur un an et, la baisse s’est fortement accélérée depuis la mi-décembre : l’EURUSD a perdu plus de 10% sur un mois et demi…

chute eurodollar

C’est considérable pour une devise, surtout pour une devise qui fait partie des plus grandes devises mondiales.

Et déjà, les premiers résultats publiés sur le quatrième trimestre par les entreprises américaines affichent des effets de change négatifs et les discours des dirigeants se font plus prudents. La croissance des bénéfices du quatrième trimestre des sociétés du S&P 500 est prévue légèrement supérieure à 4% alors qu’elle était encore attendue à 11,1% début octobre. Et 2015 ne sera sans doute pas un cru fantastique.

D’ailleurs, les prévisions des analystes ne vont pas au delà des 5% sur l’ensemble de l’exercice pour les valeurs qui composent le S&P500. Et encore ces prévisions ont été faites avant ce décrochage de la monnaie européenne…

Au mois de janvier, l’euro a continué son décrochage par rapport au dollar, ce qui veut dire que les entreprises américaines subiront, pour le premier trimestre, des effets de change encore plus douloureux. Car en réalité, la violence et la rapidité de la chute de l’EURUSD a été telle que les grandes entreprises américaines ont eu bien du mal à déclencher des stratégies de couverture suffisamment rapidement et à en gérer l’ampleur.

Pour l’instant, la bourse américaine est relativement épargnée : les investisseurs se disent que même avec une moindre contribution des exportations,  la demande intérieure reste robuste.

Mais est-ce bien le cas ? Les derniers chiffres des ventes de détail sont inquiétants : attendues en hausse de 0,1% en décembre, elles ont finalement reculé de 0,9% sur le dernier mois de l’année. Le célèbre groupe Kimbermy-Clark, grand acteur des produits de consommation (mouchoirs Kleenex ou les couches Huggies) a souffert d’une perte nette part du groupe de 83 M$ sur la fin de l’année !

Pour l’instant, les prévisions économiques de la première économie mondiale sont plutôt rassurantes, et les perspectives restent robustes… Le FMI, dans sa dernière publication, révise ses prévisions de croissance à la baisse pour la croissance mondiale, sauf pour les Etats-Unis, crédités d’une hausse de 3,6% cette année et de 3,3% l’an prochain. Mais, problème, l’institution ne précise pas sur quel niveau de change ces prévisions ont été faites… Alors l’euro n’est-il pas en train de faire vaciller cette belle reprise ?

Pour l’instant, nous baignons encore dans une douce euphorie… et c’est d’autant plus inquiétant car quand le marché sera face aux faits, aux difficultés des entreprises américaines, il risque de déchanter d’autant plus sévèrement. Il suffirait que quelques gros groupes américains, confrontés à ces difficultés de change et à une consommation assez médiocre (n’oublions pas le ralentissement prononcé de la croissance en Chine), émettent des profit warnings… et le marché dévissera. La Fed sera alors confrontée au dilemme de relever, ou pas ses taux… et sans doute prendra-t-elle toutes les (non-)mesures et précautions nécessaires pour ne pas pénaliser l’économie américaine… et surtout ne pas déplaire aux marchés. Nous n’en sommes pas encore là… mais ce scénario peut très vite devenir plausible.

Restez prudents sur les marchés. Dans mes lettres d’investissement, que ce soit sur les big caps ou les mid, nous avons souvent atteint les objectifs de cours que nous avions fixés. J’ai fait le choix de nous laisser porter par la hausse, mais nous avons placé des ordres stops que nous relevons régulièrement au cas où le marché dévisse. C’est la seule manière de ne pas se laisser surprendre par un retournement brutal, tout en profitant de l’euphorie ambiante. Mais encore une fois, restez lucides et prudent.

Ndlr : Savez-vous comment gérer vos positions ? savez-vous quelles sont les valeurs du CAC40 les plus fragiles ? Savez-vous comment protéger votre portefeuille ? Pour adapter votre PEA et n’investir que sur les meilleures valeurs, suivez les conseils d’Eric Lewin

 

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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