Et si Donald Trump perdait les élections de mi-mandat ? | La Bourse au Quotidien


Et si Donald Trump perdait les élections de mi-mandat ?

Rédigé le 23 juillet 2018 par | Toutes les analyses Imprimer

Trump trahir secret d'etatCher lecteur,

C’est une véritable obsession ! Donald Trump sait ce qu’a enduré son prédécesseur et ennemi juré. Défait lors des élections de mi-mandat, Barack Obama n’a plus eu, lors de la seconde partie de son second mandat, la marge de manœuvre souhaitée, très loin de là. Ses décisions ont en effet été systématiquement retoquées et cette perspective glace d’effroi le président américain, dont les déclarations et tweets de ces dernières semaines ne sauraient être analysés ou interprétés indépendamment de l’échéance de ces midterm elections.

Il n’est pas question pour lui de perdre ce scrutin. Question d’honneur et de nécessité de ménager un ego que chacun sait insatiable. Parce que Donald Trump ne se voit pas passer deux ans à trépigner de rage sur le clavier de son smartphone, parce qu’il ne supporterait pas que tout ce qu’il souhaite faire pour restaurer la grandeur de son Amérique chérie soit détricoté, il caresse sa base électorale dans le sens du poil. Du moins le croit-il…

Car si nombre des partisans du président américain applaudissent ses diatribes répétées contre l’empire du Milieu, ce dernier a déjà prouvé qu’il n’était aucunement disposé à tendre l’autre joue. Pékin orchestre en effet une dévaluation du yuan dont je vous ai reparlé en fin de semaine dernière et qui pourrait se révéler dévastatrice pour les sociétés exportatrices américaines. La Chine a également dans le viseur les Etats producteurs de soja, denrée dont le cours a drastiquement baissé ces dernières semaines.

C’est l’un des effets pervers de la guerre commerciale voulue par la Maison-Blanche, dessein mortifère que le FMI dénonce par ailleurs avec de plus en plus d’insistance, redoutant qu’il ne fasse « que des perdants » (dixit Christine Lagarde) et n’engendre un ralentissement de la croissance économique mondiale.

Des rapprochements et prises de distance sujets à caution

La volonté de Donald Trump d’imposer des taxes punitives aux constructeurs automobiles européens pourrait aussi entraîner des dizaines de milliers de suppressions de postes chez Volkswagen, Daimler et consorts, considérant que la grande majorité de leurs véhicules vendus aux Etats-Unis sont produits sur le sol américain. L’approche quelque peu binaire du locataire de la Maison-Blanche a donc elle aussi ses limites…

Dans son article du jour, Philippe Béchade met également en avant le risque pour ce dernier de se voir reprocher dans les urnes ses relations désormais plus étroites avec Kim Jong-un, lequel reste tout de même le dirigeant de l’un des derniers bastions communistes, et son comportement résolument accommodant lors de sa dernière rencontre avec Vladimir Poutine, à la tête d’une Russie qui, pour pléthore de raisons, suscitera à jamais la méfiance (voire bien pire) outre-Atlantique.

A contrario, Theresa May et Angela Merkel ne sont guère ménagées, alors même qu’elles sont à la tête d’alliés historiques (surtout la première).

Donald Trump, qui avait si bien senti le pouls de ses concitoyens lors de la campagne présidentielle, a depuis beaucoup mouliné. Il s’est surtout heurté à la realpolitik, incontournable et immanquablement synonyme de concessions, que l’on bombe le torse ou non, ainsi qu’aux réserves parlementaires, y compris dans son propre camp et qui l’ont notamment contraint à faire le deuil de son ambition de réduire l’Obamacare en poussières.

On peut maintenant se demander s’il ne va pas trop loin dans son protectionnisme et s’il a bien évalué les dégâts collatéraux que son America First peut engendrer.

Peut-être lui faudra-t-il tout de même se déjuger ou en tout cas tempérer ses ardeurs pour éviter un revers électoral… et une catastrophe pour des millions d’ouvriers qui ont cru en son discours et en lui.

Bon début de semaine à tous,

Guillaume

Wall Street résiste… pour le moment

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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