Coup de froid à venir sur l’Espagne

Rédigé le 18 janvier 2010 par | Autres indices Imprimer

De la neige en Espagne, 10 centimètres à Madrid, et même quelques flocons sur Séville, cela n’était pas arrivé depuis 50 ans. Cette actualité météorologique me fait penser que l’on ne parle plus beaucoup de la crise économique dans la péninsule ibérique … et pourtant malgré la reprise, sa situation économique reste vacillante. Le pays est l’un des quatre PIGS qui sèment actuellement désordre et désarroi au sein de la Zone euro.

L’immobilier, le talon d’Achille espagnol

L’indice espagnol, l’Ibex 35, compte parmi ceux qui ont le plus profité du rebond boursier qui s’est enclenché depuis mars 2009. Tenez-vous bien, depuis cette date il a repris 80% ! Soit 20 points de plus que le CAC40 ou le Dax, l’indice allemand.

Cela peut sembler pour le moins paradoxal quand on sait que l’économie espagnole est malheureusement l’une de celles qui est le plus sévèrement touchée par la crise. Et sa situation ne s’est guère améliorée depuis un an.

Avec plus de 19% de la population active au chômage, l’Espagne est fatalement la lanterne rouge de la Zone euro, et ce taux pourrait même dépasser les 20% dans le courant du premier semestre 2010, alors qu’il était de 8% début 2007 !

Il y a trois ans, l’Espagne était, en Europe, le marché le plus dynamique sur le plan de l’immobilier. Sa législation favorisant l’achat sur la location et, à l’instar des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne, le recours à des taux d’intérêts variables.

Emportée par cet élan, on a assisté à une surproduction de logements. On estime ainsi qu’il existe plus d’un million de logements neufs et plus de deux millions de logements anciens vides. Le résultat est aujourd’hui sans appel. L’Espagne est le pays le plus durement touché par la chute de l’immobilier.

Les chiffres définitifs devraient faire ressortir une croissance du PIB en recul de plus de 3% en 2009, et contrairement à la France ou à l’Allemagne, l’Espagne est l’un des rares pays à ne pas être sorti de la récession, et il n’est même pas sûr qu’elle y parvienne en 2010. En effet, la plupart des économistes tablent sur une croissance proche de 0 et le gouvernement espagnol lui-même prévoit prudemment un recul de 0,3%.

Les chiffres que je vous ai donnés au début de ce billet sur le rebond spectaculaire de la Bourse espagnole apparaissent d’autant plus paradoxaux, et insoutenables, que l’on ressent une étrange impression de flash-back. Un peu comme si le marché était revenu deux ans en arrière, alors que l’immobilier et l’économie en général avaient fortement reculé, comme si tout cela était totalement décorrélé. Ce n’est pas le cas, et le réveil devrait donc être d’autant plus douloureux… voire brutal.

L’Ibex 35 sur la sellette

Voyons cela plus en détail avec le graphique hebdomadaire de l’indice.

Graphique de l'IBEX 35

Alors que certains indices, comme le CAC40, parviennent depuis mars 2009, à se maintenir au-dessus de leur oblique ascendante, l’indice espagnol l’a cassée dès novembre dernier.

Depuis septembre 2009, l’indice est entré dans une phase de stagnation autour des 12 000 points, à quelques encablures de la résistance majeure de 12 690, anciens plus bas de début 2008.

Sur le plan des indicateurs mathématiques, là aussi, la tendance est d’ores et déjà à la consolidation, puisque le RSI à 14 semaines présent sur le graphique ci-dessus s’inscrit désormais au sein d’un canal baissier, dont l’objectif semble au minimum le test du support important des 52, qui coïncide quasiment avec la zone de neutralité.

La cassure du point bas de la semaine dernière, à 11 986, dès mardi dernier, nous donne une première alerte, confirmant le début d’une consolidation pour les prochaines semaines, voire les prochains mois.

Quelles perspectives pour 2010 ?

La première cible à court moyen terme (je parle là pour les prochaine semaines) est le point bas d’octobre 2008, bas du range qui s’est mis en place ces dernières semaines, à 11 180 points.

Si ce support à court terme parvenait à tenir, nous pourrions ensuite avoir un nouveau test des 12 240 points, voire de la résistance des 12 690.

Dans le cas contraire, une nette cassure des 11 180 points donnerait lieu à une accélération baissière vers les 9 800 points pour les prochains mois, support majeur correspondant aux anciens plus hauts de janvier 2009, dont le test sera déterminant pour la suite des événements.

Il est probable qu’il ait lieu cette année, la Bourse espagnole ne pouvant rester en dehors de la réalité économique indéfiniment.

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Sebastien Duhamel
Sebastien Duhamel

Un commentaire pour “Coup de froid à venir sur l’Espagne”

  1. […] des pays de l'Europe du Sud, j'évoquais dans ces colonnes le cas de l'Espagne. J'envisageais un coup de froid imminent sur l'indice espagnol, […]

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