Epilogue pour le feuilleton de l’OPA sur Club Med

Rédigé le 9 janvier 2015 par | Big caps, Mid et Small Caps Imprimer

Ca y est, les dés sont jetés… La plus longue bataille boursière de l’histoire de la Bourse de Paris a trouvé son vainqueur : c’est le Chinois Fosun qui remporte le CLUB MED (FR0000121568) la mise. Je vous en avais plusieurs fois parlé, car l’épisode devenait grotesque. Cette fois, l’homme d’affaires italien Andrea Bonomi a préféré jeter l’éponge et n’a pas surenchéri pas par rapport aux 24,60 € proposés par Guo Guangchang, l’homme le plus riche de Chine : Fosun a relevé une dernière fois son offre de 24 € à 24,60 € et l’a remporté.

Dire que cette opération avait commencé en mai 2013 avec une offre à 17 € de la part de Chinois !

Mais, je vais vous avouer quelque chose : au fond de moi, je trouve que le véritable vainqueur, dans cette bataille boursière, est le businessman italien. Je ne comprends toujours pas cette surenchère pour une société, certes très prestigieuse de par son nom mais qui a un sérieux problème de rentabilité.

Car la montée en gamme décidée depuis des années par Henri Giscard D’Estaing n’a absolument pas été couronnée de succès. Entre 2010 et 2014, le chiffre d’affaires a progressé d’à peine 2% quand, dans le même temps, la rentabilité n’a jamais été au rendez-vous. Le groupe de loisirs a par exemple perdu 9 M€ sur l’exercice 2013-14, après une perte du même ordre sur l’exercice précédent. En 2011-12, le Club Med a été bénéficiaire mais a dégagé une rentabilité nette inférieure à 1%… C’est faible pour un groupe se réclamant du luxe.

positionnement prixMais la faute à qui ? La hausse des tarifs décidée par le groupe n’a pas été suivie de l’amélioration des services… donc le groupe a finalement perdu une grande part de sa clientèle qui, déçue, a préféré se rabattre sur des vacances moins onéreuses. Et puis les clients qui ont un très fort pouvoir d’achat… ne vont pas au Club Med : elles ont des offres de prestige bien supérieures à celles du Club Med en terme de qualité et de service. Donc pour moi, le Club Med a tout simplement raté son positionnement. Ni luxe… ni très haut de gamme, mais un Haut de gamme simplement… trop cher.

Sur le dernier exercice, le groupe a souffert  de la baisse d’activité dans la zone Europe-Afrique en raison de la conjoncture économique, des troubles géopolitiques et des craintes liées à Ebola.

L’avenir du groupe passe donc par la Chine. Le gouvernement chinois cherche à modifier son économie en profondeur en ne mettant plus seulement l’accent sur les exportations mais également sur la consommation des ménages. Or le Club Med pourrait parfaitement répondre aux attentes d’une classe moyenne chinoise urbaine. C’est évidemment sur le développement de nouveaux villages en Chine que Fosun a misé.

Mais en combien de temps la Chine pourra-t-elle prendre le relais de la croissance ? L’exercice précédent avait déjà enregistré une baisse du nombre de clients chinois à destination des villages de la Malaisie et de la Thaïlande. Y aura-t-il un nouveau repositionnement du groupe afin plus et mieux coller aux attentes asiatiques ?

Pour l’instant, je suis assez dubitatif quant à la stratégie du groupe, mais je ne doute pas que les nouveaux patrons donneront une nouvelle direction et un nouveau souffle au groupe. Après… nous attendrons quelques exercices pour voir si elle est pertinente.

Vous comprenez pourquoi avec un tel raisonnement et des multiples de valorisation aussi élevés comme une VE/REX de 15, je n’hésite pas à proclamer vainqueur de ce duel Andrea Bonomi qui a finalement raté ce que j’estime être une mauvaise affaire. Bravissimo…

 

*** FLASH URGENT : En début de semaine, le titre a pris plus de 10% en séance…***

Cette pépite industrielle française s’engage dans une des plus grandes révolutions technologiques à venir.

LA DEAD LINE DU 27 FEVRIER APPROCHE :

ULTIME CHANCE AVANT LE RALLY FINAL !

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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