Que penser d’EnterNext, la nouvelle Bourse des PME ?

Rédigé le 4 juin 2013 par | Biotechs et Medtechs, IPO, OPA, opérations financières, Mid et Small Caps Imprimer

Je voudrais revenir sur la création d’EnterNext, la Bourse des PME.

Le 23 mai dernier a en effet été annoncé en grande pompe le lancement de cette nouvelle place de marché des PME. Cette filiale de Nyse-Euronext sera dédiée aux capitalisations boursières de moins de 1 milliard d’euros et recouvrira les marchés déjà existants que sont les compartiments B, C ainsi qu’Alternext. Cela fait 750 entreprises cotées et cela semble aller dans le bon sens, les 18 millions d’euros représentant une augmentation de 15% par rapport à la situation précédente.

La volonté est réelle d’aller dans le sens des PME mais je regrette et m’interroge toutefois sur l’impression de flottement qui se dégage du lancement de cette nouvelle place de cotation. Primo le président de la structure n’est pas encore connu, ce qui est bizarre près de 15 jours après son lancement officiel.

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Secundo, l’objectif de tripler le nombre d’introductions en Bourse est ambitieux et salutaire pour ce segment, mais il ne faut pas non plus faire n’importe quoi, comme à l’époque de l’ère Internet avec des introductions de .com à tout va. On se souvient des liquidations de Fi System ou autres Himalaya. Il faudra s’assurer que les candidats aux IPO seront de bons candidats, prêts à durer sur les marchés et à construire une vraie vie boursière. Je m’en chargerai, évidemment, mais je vous recommande de rester très prudent. D’ailleurs, d’une manière générale, je n’aime pas trop jouer les IPO comme je vous l’ai déjà expliqué.

Il y a en effet un risque, avec la situation de credit crunch que l’on connaît, de voir arriver des sociétés qui n’ont rien à faire sur un marché réglementé et qui veulent simplement lever de l’argent pour financer leur fonds de roulement.

Enfin, être coté sur un marché implique beaucoup de contraintes. Cela coûte cher (même si les frais de cotation vont baisser). Il faut en effet payer le teneur de marché, souvent également une agence de communication, sans parler des deux réunions SFAF annuelle au minimum. Il faut vraiment que le jeu en vaille la chandelle pour qu’une entreprise décide d’aller sur le marché boursier ; or très franchement, les annonces préalables à la création d’EnterNext n’ont rien d’exceptionnelles…

Et puis, cela aidera-t-il vraiment les PME ? Vous devez me trouver critique, mais certains patrons de PME que j’ai eus au bout du fil – qui ne veulent surtout pas être cités – estiment qu’ils resteront les mal aimés des marchés et qu’une nouvelle Bourse ne changera pas grand-chose. Vous savez que les small caps sont peu suivies par les analystes financiers, qui se mettent à les suivre uniquement lorsqu’il y a une opération financière à l’horizon. Si vous êtes cotée et que vous pesez 50 millions d’euros en Bourse, vous allez payer un broker environ 20 000 à 30 000 euros pour être suivi. Or cet argent… c’est bien peu pour un broker qui serait obligé de mobiliser un analyste pour plusieurs heures par mois pour suivre votre titre… Cela ne lui rapporterait pas assez… à moins… à moins qu’il se rattrape avec une levée de fonds (comprenez : une augmentation de capital). C’est comme ça que les brokers gagnent leur vie ! Car sur une augmentation de capital de 20 millions d’euros, le broker se prend environ 3% des montants levés (soit 0,6 million d’euros si vous faites le calcul), ce qui n’a rien à voir avec les contrats annuels de 20 000 à 30 000 euros.

Avec ce système, le problème sera donc toujours le même : les petites boites n’auront pas les moyens d’être suivies par les analyses, alors qu’elles n’ont pas l’intention de faire appel au marché à la base. Donc en réalité, la cotation ne changera pas grand-chose pour ces petite PME.

Attendez, je ne compte pas révolutionner mon domaine de prédilection, mais il faut tout prendre en compte quand on fait des réformes. Si tenté qu’on puisse parler de réformes dans le cas qui nous intéresse…

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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