Comment savoir ce qui ne se passera pas ?

Rédigé le 2 février 2011 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Rédacteur de La Lettre de Marc Mayor

Vous voulez savoir si les marchés seront volatils à l’avenir ? Jetez un oeil dans le passé, pour regarder les taux d’intérêt à court terme. Quand les taux d’intérêt augmentent, la volatilité prend l’ascenseur, mais deux ans et demi plus tard.

Pourquoi ? Car des taux bas favorisent l’usage du levier jusqu’à atteindre des niveaux insoutenables. Car quand les taux remontent, la facture devient salée, le recours au levier diminue et les marchés redeviennent plus calmes.

Ce n’est malheureusement pas ce qui nous attend…

De l’intérêt de s’endetter
Instinctivement, on peut en effet logiquement penser qu’un environnement de taux d’intérêt bas encourage le recours au levier : l’endettement n’est pas cher, autant mettre le paquet. Un peu comme si, dans ces moments-là, le marché n’avait qu’une idée en tête : « du levier, c’est bien ; beaucoup de levier, c’est mieux« .

Mais la véritable raison derrière cette forte corrélation entre taux d’intérêt et volatilité est liée au développement des dérivés. Des instruments qui justement impliquent le recours à l’endettement. Moins ce dernier est cher, plus les investisseurs vont utiliser des dérivés.

Et inversement, quand le coût de l’endettement augmente, l’intérêt de s’endetter de manière conséquente et répétée recule. Avec un temps d’adaptation compris entre vingt-quatre et trente mois.

La volatilité suit l’évolution des taux… avec 2,5 ans de retard !
Dans le graphique suivant, la valeur des taux d’intérêt affichée pour janvier 2011 correspond à celle de mi-2008. On voit bien que les deux lignes évoluent de concert sur la période 2002/2011.

Des chercheurs sont remontés dans le temps jusqu’au début du XXIe siècle et ont trouvé que la corrélation tenait — parfois plus ou moins forte et/ou avec des variations dans le décalage temporel, mais elle s’est toujours confirmée.

Graphique: la volatitilité suit l'évolution des taux avec un décalage de 2,5 ans

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Bien sûr, la relation n’est pas parfaite et évolue dans le temps. Mais ce n’est pas le plus important. L’enseignement fondamental de cette corrélation est que les deux courbes demeurent toujours dans des dynamiques parallèles.

Quand les taux d’intérêt (une fois décalés dans le temps) baissent, comme ça a été le cas en 2004 et 2005, la volatilité recule également. Inversement, quand les taux étaient orientés à la hausse en 2007 et 2008 — toujours en tenant compte du décalage temporel –, la volatilité n’a pas continué à reculer, mais elle a commencé à prendre l’ascenseur.

Conclusion
Ce type de graphique prévient l’investisseur de ce qui ne va pas se produire. Plutôt que prédire précisément les événements à venir, il permet d’exclure ce qui n’arrivera pas.

Par exemple que la volatilité diminue alors que les taux remontent : cela ne se produit pas, ou du moins pas durablement. Entre monter et diminuer, savoir ce que la volatilité ne fera pas constitue un atout de choix pour l’investisseur.

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur www.lecoindesinsiders.com/profits-garantis

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Marc Mayor
Marc Mayor

Marc Mayor est le fondateur et président d’Inside ALPHA, une entreprise helvétique spécialiste des approches financières éliminant le risque de marché (investissements dits « ‘neutres au marché »). Depuis plus de 10 ans, Marc analyse avec humour et sagacité le comportement des initiés de la Bourse, notamment dans les colonnes de sa rubrique hebdomadaire « Le Coin des Insiders », qui paraît chaque vendredi dans le quotidien financier L’Agefi (Suisse).

Auteur à succès, il préside aussi un cycle régulier de conférences réunissant des investisseurs, tant professionnels que privés, notamment sur le thème des métaux (de base ou précieux) et de l’énergie (fossile, nucléaire ou renouvelable).

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