L’emploi US plombe le rebond

Rédigé le 7 juin 2010 par | Apprendre la Bourse Imprimer

Par Vanessa Popineau, pour La Rédaction

Vendredi dernier, 14h34, le CAC40 s’effondre et perd -2,28%. La journée avait plutôt bien commencé, le rebond se poursuivait tranquillement sur l’ensemble des places financières. Tout semblait se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mais qu’a-t-il bien pu se passer ? 14h30, la nouvelle tombe et sonne le glas de cette parenthèse enchantée. L’Oncle Sam venait de publier les très attendus chiffres de l’emploi américain et ils ont été plus mauvais que prévus.

Pourtant, on les prévoyait élevés, les analystes envisageaient même entre 500 000 et 520 000 créations de postes nettes au mois de mai — une première depuis la fin des années 1990. Mais comme l’affirmait Simone Wapler dans L’Investisseur Or et Matières :

« Ces bons chiffres anticipés ne changent en rien notre analyse : la reprise américaine est factice. Près de 420 000 des emplois créés sont des emplois temporaires. L’indice de chômage et surtout, les revenus des ménages, ne reflètent donc pas cet optimisme. »

Même discours du côté de notre analyste Agora Forex, Jérôme Revillier :

« Le chiffre devrait en grande partie se vider de sa substance car de nombreux contrats courts ont été créés pour la campagne de recensement. C’est donc cela qui explique une anticipation de 529 000 créations, qui est un record historique. Ben Bernanke prenait d’ailleurs, dès hier soir, les devants en estimant que le niveau de l’emploi restait inquiétant.« 

Et effectivement, la réalité a vite rattrapé les marchés. 431 000 postes ont véritablement été créés en mai aux Etats-Unis. Et même si, en substance, l’emploi américain s’est tout de même amélioré, les chiffres n’ont pas été à la hauteur des espérances des investisseurs.

En effet, comme le pressentait dès vendredi matin Jérôme Revillier :

« Les chiffres de l’emploi américain seront sous le feux des projecteurs. Et ce chiffre mérite d’être rapidement expliqué car il pourrait générer des mouvements assez puissants« .

Et au regard de l’accélération baissière de cette fin de semaine, nous pouvons constater que notre analyste avait raison ! D’ailleurs Jérôme avait même formulé une piste d’explication. Selon lui, « une énorme attente s’est cristallisée autour de cette annonce…  »

C’est donc cela. Les espérances sur les chiffres du marché de l’emploi américain étaient exacerbées, cristalisées. On attendait beaucoup de cette publication qui aurait peut-être pu permettre de compenser — un peu — ce déprimant mois de mai. Et voilà maintenant que l’Oncle Sam déçoit M. le Marché.  Et, vous le savez autant que moi, en ces temps empreints de nervosité, il ne faut pas trop le mécontenter. Vous l’aurez d’ailleurs constaté, sa colère ne s’est pas fait attendre…

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