Mais alors, l’élection de Trump, c’est une bonne nouvelle ?

Rédigé le 9 novembre 2016 par | Cac 40, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

Mais alors, l’élection de Trump, c’est finalement une bonne nouvelle ? L’apocalypse boursier n’est pas au rendez-vous.

Le CAC40 n’a pas tardé à effacer la moitié de ses pertes, remontant de -3% vers -1% (de 4350 vers 4433), de telle sorte que le bilan de la semaine demeure (c’est à peine croyable) positif !

Alors certes, les premiers mots de Donald Trump comme Président ont été apaisants

Trump remercie même Hillary Clinton – qu’il prétendait jeter en prison s’il était élu – pour les services rendus au pays. Lui et son équipe auraient déjà oublié le financement de la Clinton Fondation par l’Arabie saoudite, le Qatar et d’autres pays participant au soutien d’organisation terroristes au Proche-Orient, son rôle de fauteuse de guerre en Lybie (contre l’avis de Barack Obama) au profit des lobbyes de l’armement ?

La relative sérénité des marchés est assez troublante. Personne ne connaît l’équipe économique de Donald Trump. Tout le monde a gardé en tête qu’il souhaitait se débarrasser de Janet Yellen et de membres de la Fed ouvertement pro-Clinton (afin de remettre la main sur la planche à billet).

Il s’est également fait élire sur la promesse très forte que l’Amérique se réindustrialiserait au détriment de la Chine qui se verra imposer des droits de douane à hauteur du dumping pratiqué dans ce pays (ou à l’encontre d’autres pays agissant dans le même esprit).

Je vois trois explications (il en existe certainement d’autres)

La baisse de -1,5% du dollar incite les investisseurs à privilégier des actifs libellés en euros et dont la valorisations sont moins tendues qu’à Wall Street.

Le rebond des indices boursiers traduit la mise en oeuvre d’interventions – orchestrées par les banques centrales – destinées à éviter une panique de type post-Brexit (-8% en 48 heures sur certains indices)… mais ce pourrait aussi constituer une porte de sortie offerte aux « brasseurs d’argent » qui ont beaucoup misé (de leur argent) sur la victoire d’Hillary.

La 3e explication, c’est que Wall Street subodore déjà que Donald Trump ne va pas plus gouverner l’Amérique que le pantin George Bush et que ce sont d’autres Dick Cheney, d’autres Ronald Rumsfeld qui vont s’emparer des rênes économiques et diplomatiques du pays, le nouveau Président étant totalement incompétent dans ces domaines.

Une guerre froide a été engagée à l’encontre de la Russie, une guerre civile/religieuse éternelle a été rallumée au Proche Orient: pas question de laisser quiconque venir à la légère perturber des plans aussi sérieux… et dont Hillary fut l’une des actrices les plus engagées.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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