Edouard Rencker P-DG de Makheia Group : « Nous sommes très loin des difficultés de la presse classique »

Rédigé le 13 février 2014 par | Biotechs et Medtechs, Interviews, Mid et Small Caps Imprimer

Edouard Rencker / Makheia Group

Passer du journalisme à l’entrepreneuriat, tel a été le parcours professionnel d’Edouard Rencker, le P-DG de Makheia Group (FR0000072993). C’est pour cela que, chaque fois que je le rencontre, nous évoquons nos souvenirs communs dans la presse. Les discussions sont faciles et nous nous comprenons souvent à demi-mots quand nous abordons certains sujets épineux.

Créateur du 1er groupe français de création de contenus pour les entreprises, l’homme a un vrai franc-parler et son livre autour de la mort de la publicité, fera à mon avis grand bruit quand il sortira début mars. Il s’agit d’une analyse sans détour des manipulations et autres abus des grands publicitaires fascinés par la tentation d’endoctrinement des consommateurs. Son titre : « La Pub est morte, vive la communication » ; tout un programme !

Mais, justement, voyons comment un tel expert gère son entreprise – belle success story même si la capitalisation actuelle du groupe, d’environ 13 millions d’euros, laisse le dirigeant sur sa faim.

EL : Pouvez-vous revenir sur votre parcours professionnel ? ER : J’ai donc commencé par être journaliste à Dynasteurs, ancêtre d’Enjeux les Echos jusqu’au milieu des années 1980. Puis j’ai créé Sequoia en 1986, la première agence économique livrant des sujets clé-en-main aux entreprises de presse. Nous allions par exemple dans la Silicon Valley où nous étions les seuls journalistes français et nous proposions ensuite des sujets précis aux médias français. J’ai d’ailleurs également élargi les domaines de compétence de l’agence à la technologie ou la culture. A la fin des années 1980, nous étions 30 salariés et 30 free lance dans l’agence mais la guerre du Golfe nous a porté un coup sévère avec une perte de 50% de notre CA en 3 mois, entraînant mon premier plan social.

EL : Et vous avez donc changé de stratégie ? ER : Il devenait de plus en plus difficile de vendre des sujets aux groupes de presse. C’est pour cela que nous nous sommes orientés vers les entreprises avec, par exemple, des journaux entreprises. L’un de nos premiers clients fut Bull-Zenith pour qui nous avons réalisé un magazine de vulgarisation informatique distribué dans les magasins Bull existants à l’époque. Puis dès 1995, nous nous sommes focalisés sur la communication financière avec les rapports annuels. En 1996, Sequoia se rapproche d’Image Force et pénètre ainsi le monde du numérique. Nous poursuivons ainsi notre développement jusqu’en 2008. La société passe de 35 à 110 personnes et d’un CA de 2,5 à 15 millions d’euros. En 2008, nous menons une réflexion stratégique avec trois choix possibles : un adossement, un LBO ou encore une fusion. Nous retenons cette dernière hypothèse et réalisons une fusion avec Mediagerance, alors cotée en Bourse.

EL : Justement comment se passe cette opération ? ER : Nous changeons de nom dès 2009 pour nous appeler Makheia Group. Mais la fusion ne se passe pas bien : nous découvrons des métiers en fin de cycle, des activités concurrentes, des filiales à l’international déficitaires et, au total, nous nous retrouvons avec près de 15 structures juridiques. Je décide donc de mener une vaste restructuration. En 2009, première année du rapprochement, le groupe perd plus d’1 million d’euros alors que les activités « corporate » sont très largement bénéficiaires. Makheia Group redevient rentable dès 2010.

EL : Quelles sont les perspectives du groupe pour 2014 ? ER : Makheia reposera sur trois piliers. Primo, le digital autour de Big Youth que nous venons d’acquérir. Nous voulons faire monter la part du digital à plus de 50%. Big Youth est un acteur historique dans l’innovation digitale avec des applications mobiles très sophistiquées. Secundo, Sequoia, toujours basé sur les contenus « corporate ». Enfin, nous avons Affinity autour de la création des sites, des réseaux sociaux et du référencement. Chacune des activités pèse environ 1/3 du groupe – Big Youth et Sequoia ont des rentabilités très supérieures à Affinity.

Nous sommes très loin des affres et difficultés du business model de la presse classique, car nous sommes positionnés sur des niches (communication, presse corporate) ou déjà orientés sur le digital.

Ndlr : retrouvez le décryptage d’Eric Lewin sur Makheia Group ainsi que ses analyses complètes de valeurs, et ses recommandations boursières sur Mes Valeurs de Croissance.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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