EADS : sortez le train d’atterrissage !

Rédigé le 25 février 2009 par | Big caps Imprimer

Voici des news pour le premier groupe aéronautique européen : le programme A400M aurait finalement cinq ans de retard sur la première livraison d’un appareil standardisé, et non quatre comme précédemment annoncé par EADS.

« Le problème est d’avoir un avion qui transporte des véhicules blindés de combat d’infanterie, qui atterrit sur des terrains non préparés et qui est protégé des missiles ennemis. Tout cela, nous ne l’aurons pas pendant cinq ans » rapporte La Tribune, citant les autorités. Oui, j’imagine aisément que travailler à de telles conditions d’atterrissage demande quelques années.

Mais, vous le savez, ce sont avant tout des critères techniques qui me poussent à aborder le sujet. En effet, ces derniers jours, les cours sont venus enfoncer une forte oblique de soutien ascendante et marquent par ailleurs des signes de retournement évidents.

Jugez plutôt…

◊ Retournement baissier à venir

Graphique d'EADS

Le graphique ci-dessus parle de lui-même.

Deux événements techniques majeurs sont venus donner des signes de faiblesse au rebond initié à la mi-octobre 2008.

◊ Premier signe de faiblesse : rupture du biseau d’étranglement

On appelle « biseau d’étranglement » (ou wedge en version originale), une figure traditionnelle de retournement qui, comme son nom l’indique, prend la forme d’un biseau. Il s’agit en fait d’une sorte de triangle aplati, qui a tendance à finir en étau, d’où le nom de « biseau d’étranglement » : les cours y sont de plus en plus confinés, jusqu’à finir « étranglés » avant de se libérer en ressortant de la figure en question dans le sens inverse à celui par lequel ils y étaient entrés.

On rencontre donc souvent ce genre de figure en fin de mouvement, par exemple dans des vagues 5 conséquentes. Parfois, un wedge peut cependant être de continuation : cette exception se rencontre surtout dans les vagues 1. Enfin, et c’est le cas pour EADS ici, un wedge peut marquer la fin d’un mouvement de consolidation : rebond dans une tendance baissière ou pause dans une tendance haussière.

Ici, donc, c’est vers mi-novembre que les cours sont entrés dans ce type de configuration et c’est vers mi-février qu’ils en sont finalement sortis, confirmant aujourd’hui le sentiment de faiblesse pressenti.

◊ Second signe de faiblesse : cassure de l’oblique ascendante

C’est ici un cas d’école bien plus populaire, que je n’aurai donc pas à vous expliquer trop longuement. Comme vous le constatez aisément, les cours se sont solidement appuyés sur une oblique de support ascendante depuis le point bas de mi-octobre 2008. Aussi, après avoir contenu les pressions vendeuses à plusieurs reprises, l’oblique en question a très récemment fini par céder, ouvrant là aussi la voie à un nouveau potentiel de chute important.

◊ Où en sommes-nous ?

Le décompte dans toute la grande phase de baisse est difficile à établir de façon précise. La prudence reste de rigueur. En revanche, il reste tout à fait envisageable de prendre chaque nouvelle phase de baisse au cas par cas, et d’en anticiper les objectifs, sans pour autant savoir où nous pouvons en être très exactement. C’est le cas du graphique d’EADS, et c’est le scénario que j’applique dans mon analyse.

◊ Que devrait-il donc se passer ?

De ce qui précède, on conclut aisément que l’heure est à nouveau à la baisse ! Dans l’immédiat, j’ai deux objectifs en ligne de mire. Ils le resteront tant que les cours ne seront pas nettement repassés au-dessus de la résistance clé des 13,50 euros.

– premier objectif sur les 10,10 euros : ce niveau correspond en effet à la projection de 100% de la jambe de baisse qui avait pris place entre les 4 et 20 novembre 2008, reportée au sommet du 9 février dernier ;

– second objectif sur les 8,05 euros : il s’agit cette fois de la projection à 100% de la dernière vague de baisse qui avait abouti au creux de mi-octobre dernier, reportée là aussi sur le sommet du 9 février dernier.

Alternativement en revanche, seul le passage au-dessus des 14,35 euros pourrait réinstaurer la tendance haussière sur le plus long terme.

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marc-dagher
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