Le Dow Jones ne laisse aucune chance au hasard

Rédigé le 17 septembre 2010 par | Analyses indices, Autres indices, US, VIX Imprimer

Tous les jours, et dès 16h00 au 0899 88 20 36* Philippe Béchade analyse pour vous les marchés, les rumeurs qui animent les salles de trading, et vous propose SA stratégie pour profiter ou contrer les mouvements boursiers.

« Plus il y a d’argent en jeu, moins il subsiste de place pour le hasard« . Cette maxime, attribuée au président Dwight David Eisenhower, reste plus que jamais d’actualité. D’ailleurs, nous croyons fort peu aux coïncidences — surtout depuis que le trading informatisé à la milliseconde génère 90% des ordres qui apparaissent puis disparaissent des carnets comme de la mousse sur laquelle on verse du talc…

Nous venons à nouveau d’identifier, depuis le début du mois de septembre, une bonne demi-douzaine d’évolutions totalement incohérentes à Wall Street par rapport à l’actualité du jour. Nous assistons soit à des réactions totalement disproportionnées alors que les chiffres sont des plus anodins, soit à une absence de réaction lors de la publication de statistiques marquant pourtant une brutale rupture par rapport aux attentes.

Plus la conjoncture change, plus le Dow Jones se fige !
C’est dans ce genre de moments que nous avons le sentiment de voir se déchirer brièvement le voile de l’illusion numérique. Les marionnettistes et leurs grosses ficelles deviennent soudain visibles, mais les spectateurs veulent que le spectacle — tel qu’ils l’aiment — continue et font comme s’ils ne s’étaient aperçus de rien.

C’est ainsi que le Dow Jones parvient à afficher exactement le même niveau de début janvier (10 500 points) avec une croissance américaine estimée à +3,7% en 2010. Le même niveau mi-septembre alors que le PIB au 3e trimestre pourrait n’avoir progressé que de +0,5 à +1% voire zéro après révision fin novembre.

Bien entendu, les profits des entreprises du Dow Jones proviennent essentiellement de « l’international » et le taux de progression mesuré au 1er semestre est spectaculaire… mais partant de presque zéro en juin 2009, il n’est pas difficile de faire s’extasier les profanes — et nombre de journalistes financiers — devant des taux de progression de 50 à 100%.

Avec la chute de -1,8% de la productivité au 2e trimestre dernier, l’optimisation des coûts de production a touché sa limite. Le 3e trimestre verra certainement les taux de rentabilité se dégrader même si les profits, en volumes, continuent d’augmenter.

En ce qui concerne les taux d’intérêts aux Etats-Unis, ils n’ont pas varié depuis 18 mois. En quoi seraient-ils plus favorables aux entreprises du Dow Jones qu’en janvier dernier ?
La Fed pourrait se remettre à faire tourner la planche à billets — ce qu’elle intitule pudiquement « assouplissement quantitatif » — cet automne. Cette stratégie a échoué à relancer l’emploi et l’immobilier en 2009 puis en 2010…

Pourquoi cela marcherait-il mieux en 2011 alors que les banques vont faire face à la seconde vague d’effondrement des prêts à mensualités révisables — les « 5,25% » qui sont les équivalents des subprime « 3/27 » pour des emprunteurs mieux notés ?

Pour l’heure, Wall Street spécule sur une nouvelle intervention miracle de la Fed. Après tout, les élections législatives partielles sont toutes proches, il faudrait que le Dow Jones fasse bonne figure pour entretenir un bien illusoire sentiment de richesse…

Une série de coïncidences bien troublantes…
Le Dow Jones a effectué deux incursions en intraday les 13 et 14 septembre au-dessus de la résistance oblique baissière majeure moyen terme — issue du zénith des 11 255 points du 26 avril dernier — qui gravite vers 10 550 points. Mais, après avoir testé 10 588 points, l’indice a subi deux corrections consécutives sur 10 545 puis 10 525 points.

Cela peut apparaître symbolique mais le Dow Jones a bel et bien ricoché sous les 10 555 points le 31 décembre 2009, puis le 21 juin sous 10 593 points — c’était la première séance du 3e trimestre qui s’achève demain.

Croyez-vous qu’une série de pullback sous des seuils aussi précis résulte du simple fruit du hasard ? Certainement pas, et encore moins à l’approche de la journée des « Quatre sorcières » qui clôture un trimestre boursier dont le bilan avoisine zéro — variation nulle entre le 18 juin et le 17 septembre.

C’est une vraie manne financière pour ceux qui ont vendu call et put durant tout l’été et encaissé tranquillement les primes versées par ceux à qui l’on a fait croire à l’émergence imminente d’une tendance véritablement haussière.

Le Dow Jones doit à présent composer avec le niveau de surachat excessif des oscillateurs daily. Cela risque de casser l’élan du marché — qui semble par ailleurs s’essouffler depuis le 13 septembre. Une rechute sous la MM100 (10 400 points) apporterait un début de réponse, avec la perspective d’une rechute sur la base du corridor de consolidation moyen terme, c’est-à-dire 10 000 points d’ici la mi-octobre.

Mais un jour viendra où le Dow ressortira de cette zone d’incertitudes dont les limites externes se situent à 9 700 points et 10 700 points : surveillez bien la trajectoire du VIX car la sirène du retour de la volatilité devrait bientôt retentir à Wall Street.

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

Un commentaire pour “Le Dow Jones ne laisse aucune chance au hasard”

  1. […] Il n'y a pas de faux-semblant sur le Forex La contradiction semble évidente entre l'optimisme inébranlable de Wall Street depuis le 31 août et la faiblesse du dollar, la lourdeur du pétrole… et un nouveau record […]

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