Dow Jones et S&P500 : sur des charbons ardents

Rédigé le 9 avril 2018 par | Analyses indices, US Imprimer

Comme promis, après le CAC et le Dax, je poursuis mon tour d’horizon de long terme des indices. Aujourd’hui petite analyse sur le Dow Jones et le S&P500.

Les marchés sont saturés de faux signaux

En préambule, je tiens évidemment à souligner que par les temps qui courent et les Tweets qui fusent, les indicateurs techniques et les niveaux que je vais mentionner peuvent être invalidés en un rien de temps. Période étrange pour un analyste technique comme moi. Cela fait 25 ans que je trade n’importe quel marché avec succès, que j’ai peaufiné et optimisé mes propres indicateurs, que j’arrive à profiter des mouvements des algos plutôt que les subir. Mais là, nous sommes saturés de faux signaux. Les séances ne veulent rien dire et les mouvements qui n’ont aucune cause rationnelle. Ils ne sont que des réactions épidermiques à un Tweet malheureux, à une annonce fracassante. Donc difficile à modéliser par des outils graphiques ou techniques.

Tenez, pas plus tard que mercredi dernier, je concluais mon analyse CAC40 en disant « attention aux batailles de Tweets entre Trump et la Chine ; une virgule mal placée sur quelques milliards de sanctions, et les marchés partent en vrille ».

Trump fait monter la pression

Une conclusion prémonitoire ? Donald Trump a une nouvelle fois fait monter la pression en menaçant de taxer les importations chinoises de… 100 milliards de plus ! Allez, qui dit mieux ?! Ces 100 milliards s’ajoutent aux précédents 50 Mds$ de taxes annoncées au début du mois.

La réponse de la Chine a été quasi immédiate : « Si les Etats-Unis ignorent les objections de la Chine et de la communauté internationale en persistant dans l’unilatéralisme et le protectionnisme, la Chine suivra jusqu’au bout et répliquera de façon résolue quel que soit le coût ». Philippe revient d’ailleurs sur les ripostes possibles de la Chine… (et je vous rappelle que nous en avons fait la thématique du dernier mensuel de Béchade Confidentiel avec une prise de position pour shorter un indice qui devrait souffrir plus que les autres de cette guerre commerciale ; pour suivre nos conseils, c’est ici).

Les limites de l’analyse technique…

Donc, dans ce contexte, il faut prendre l’analyse technique pour ce qu’elle est. Oui, c’est un outil extrêmement utile pour analyser et optimiser les investissements. Mais si un affrontement économique de cette ampleur passe de simple « menace » à la mise en place de réelles mesures, aucun support ou aucun indicateur technique ne pourra faire quoi que ce soit. Il faut en être bien conscient.

Cela dit, puisque ce sont les seules armes que nous ayons, utilisons-les.

Reprenons notre analyse du premier trimestre. Nous étions dans une espèce de krach haussier, et les indices US évoluaient dans des tendances en ligne très très pentues (algorithmique).

Depuis, elles ont été cassées. Et la correction qui a suivi a été particulièrement rapide et violente. Depuis, les indices évoluent dans un range.

S&P500 : dans un range entre 2 500 points et 2700 points

Sur le S&P500, la tendance en ligne algorithmique, c’était le canal violet.

La consolidation fut rapide et l’ancien support (segment rouge, vers 2 680/2 700 points) est devenu résistance (« R »).

Graphiquement, cette zone montre le haut probable du range.

S&P en données mensuelles Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Et le support du range ?

En utilisant les reports d’amplitude (flèches verticales vertes), le support de long terme le plus probable se situe autour des 2 500 points, niveau renforcé par la moyenne mobile 20 périodes « MM20 ».

Pour l’instant, je ne peux parler que d’un support « probable » car ce niveau n’a pas encore été testé. Nous ne savons donc pas, sur cette unité de temps mensuelle, où les prix rebondissent.

S&P500 : en vue journalière pour y voir plus clair

Donc puisque nous n’arrivons pas à mettre en évidence de support sur cette U.T mensuelle, je vous propose de passer à une vue journalière. Elle va nous permettre d’y voir plus clair.

J’ai pris un graphique qui remonte à début 2016. Il nous donne une bonne vision de moyen terme.

S&P en données journalières Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

On distingue alors une zone plus précise : un support « S1 » qui se situe vers 2 250 points.

Ce support horizontal est renforcé par le support oblique (« S2 ») qui guide la dynamique des cours depuis début 2016 et par la MM150. La MM150 est toujours haussière, mais elle vient d’être enfoncée. Cela confirme donc l’hypothèse d’un passage en range.

Techniquement, le support vient d’être validé par une divergence haussière de la MACD (double segments verts).

Vous voyez là que même si vous êtes un investisseur long terme, le manque de visibilité va vous obliger à gérer vos positions sur des échelles de moyen terme.

Mais en gros, sur le S&P500, tant que les 2 500 points ne sont pas enfoncés, on peut garder un biais positif. En revanche, il s’exprimera sans doute dans une range avec une forte volatilité.

En ce qui concerne le Dow Jones, la situation est un peu plus claire.

Dow Jones : range entre 23 500 et 25 000

L’indice est en appui sur une double zone de support formée par le support horizontal « S » de la zone des 24 000 points et le support du canal de tendance en ligne.

S&P en données mensuelles Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Dow Jones, on passe aussi sur des unités de temps inférieures

Comme pour le S&P500, nous sommes contraints d’aller chercher de plus amples informations sur des unités de temps inférieures. Nous avons donc une grosse zone de support formée par :

Dow Jones en données mensuelles Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Tant que le support des 23 500 tient, on garde un biais positif

Donc nous avons une zone support vers les 23 500. Tant qu’elle résiste, on garde un biais positif. La résistance se situe dans la zone des 25 000 points (50% de retracement de la vague de baisse débutée en 2018).

Techniquement, même chose que pour le S&P500 : le support vient d’être validé par une divergence haussière sur l’indicateur de tendance MACD.

Une dernière chose, mais extrêmement importante pour terminer. Je ne peux que vous conseiller de lire ou relire l’article de Philippe Béchade concernant les programmes de rachat d’action prévus pour l’année 2018.

Il faut bien se mettre dans la peau des grandes banques d’investissement et des dirigeants des multinationales. Les grosses mains sont massivement chargées à la hausse, souvent avec des leviers énormes détenus sur les marchés dérivés.

Même chose pour les patrons des multinationales qui forment l’essentiel des indices et qui n’ont qu’un objectif : celui qui leur est assigné par les actionnaires. Leur but est de faire monter le prix de leurs actions le plus vite possible sous peine d’être viré et remplacé par un autre dirigeant plus « compréhensif ». (J’ai une certaine expérience des pratiques de gestion d’une grosse multinationale…)

Patron et financiers n’ont pas le choix. Ils se battront jusqu’au bout pour défendre leurs intérêts. Quoi qu’il en coûte. La bataille ne fait que commencer.

Bonne semaine (quand même) !

Gilles,

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Gilles Leclerc
Gilles Leclerc
Trader

Gilles a tout d’abord commencé dans la grande finance. Avec un MBA de la prestigieuse université américaine de Hartford, il a ensuite intégré la direction Financière IBM Europe et ensuite d’IBM Corporation (headquarters mondial). Puis, peu à peu, la passion boursière le gagnant, il s’est tourné vers les activités de trading.

Cela fait maintenant 20 ans que Gilles trade sur les marchés et il se consacre exclusivement à cette activité depuis une dizaine d’années.

Dès 2008, il fut l’un des premiers à pressentir les modifications profondes qu’allaient occasionner l’utilisation intensive des algorithmes sur les marchés financiers ; il a su s’adapter en mettant en place de nouvelles stratégies de trading répondant à ce nouvel environnement. Il créa donc son propre système de trading tout à fait spécifique et basé sur des concepts innovants.

De façon à prouver la validité de son approche, il reste l’un des rares traders/analystes à poster régulièrement ses prises de position en « Live » sur un site d’Analyse Technique de renommée ( Univers Bourse ) où il partage l’intégralité sa méthodologie.

Il intervient désormais dans La Bourse au Quotidien afin de partager son expérience et de proposer ses analyses et sa méthode au plus grand nombre.

Un commentaire pour “Dow Jones et S&P500 : sur des charbons ardents”

  1. alors Mr Gilles
    On distingue alors une zone plus précise : un support « S1 » qui se situe vers 2 550 points. et pas 2250

    amicalement

    yoff

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