Doute sur l’efficacité des politiques monétaires

Rédigé le 21 mars 2016 par | Analyses indices, Autres indices, Indices, sociétés et marchés, Toutes les analyses Imprimer

De plus en plus de voix s’élèvent pour exprimer des doutes au sujet des politiques hyper-accommodantes des Banques centrales. Bien sûr, il subsiste de nombreux effectifs au sein des Asset Managers pour encenser l’action de la BCE ou de la Fed. Mais leurs arguments sont de plus en plus courts et celui qui domine désormais est le suivant :

« Les banques centrales sont de notre côté (comprendre: des acteurs du monde de la finance) et il n’y a pas de raison de douter que les marchés vont continuer à progresser, tant l’appétit pour le risque est stimulé par des taux négatifs et des « flux » toujours plus abondants« .

La crise boursière du début d’année résultait de questionnements sur l’efficacité des politiques monétaires : les doutes persistent !

Mais il existe des stratèges qui acceptent de questionner plus en profondeur l’action des Banques centrales, comme par exemple Daniel Morris, l’un des responsables de BNP Paribas Investment Partners qui souligne « la persistance de nombreux sujets de tensions sur les marchés, malgré l’absence de véritable situation de crise ».

Selon lui, « les Banques centrales peuvent encore en faire plus si nécessaire », mais il doute que les outils déployés « permettent de répondre aux problèmes actuels, qui ne sont pas forcément des problèmes liés au niveau des taux d’intérêts ».

Les taux négatifs peuvent-ils se justifier ?

Il doute ouvertement de l’utilité du TLTRO II qui devrait abreuver les banques de liquidités bon marché, voire à taux négatifs (une enveloppe probablement supérieure à 1100 Mds€ utilisable jusqu’en mars 2020), reconnaissant à sa façon que l’on ne fait pas boire un âne qui n’a plus soif.

Ce qui manque, ce ne sont pas les liquidités, mais les projets à financer et les taux négatifs se justifieraient « si les banques étaient réticentes à accorder des prêts, or ce n’est pas le cas ».

Et de conclure : « Avec une croissance de 1,6% en 2015 et du même ordre en 2016, rien ne prouve que la Zone euro ait vraiment besoin d’un stimulus supplémentaire ».

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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