Double top sur le Nasdaq ?

Rédigé le 25 juin 2014 par | Analyses indices, Autres indices, US Imprimer

La séance de vendredi dernier fut, à Wall Street, l’archétype de la séance des 4 sorcières en mode « marché administré par la FED ».

Le S&P 500 alignait une 6ème hausse consécutive pour couronner une séquence de 19 séances de progression sur 24. C’est un ratio carrément surnaturel, avec à la clé 12 records absolus en 20 séances dont 10 pour le seul mois de juin. Il n’entre évidemment aucune part de hasard dans un scénario qui se répète de façon aussi systématique : c’est programmé comme ça… et ça l’est depuis fin avril.

Mais le cas de figure graphique le plus intéressant concerne le Nasdaq qui a pris 5 points entre 21h50 et 21h52. En quoi ces 2 minutes valent-elles la peine d’être mentionnées ? Et bien tout simplement parce que ces 5 petits points permettent de battre le record de clôture du 18 juin (4.363) et de finir la semaine et le terme boursier de juin au plus haut… depuis le 7 avril 2000.

230614_nasdaqMais ce n’est pas tout : le Nasdaq a égalé au point près son zénith du 6 mars (4.372,1 contre 4.371,8), ce qui constitue l’ébauche du double sommet long terme le plus parfait jamais inscrit par cet indice au cours des 25 dernières années. 

Autrement-dit, alors que le Nasdaq ne parvient pas à s’échapper par le haut des 4.400Pts, nous risquons de voir l’indice confronté à son 5ème M baissier long terme des 20 dernières années. Or toutes les grandes phases haussières des deux dernières décennies se sont toutes achevées, sans aucune exception, par ce scénario de double-plafonnement historique.

Je ne doute pas un instant que les sherpas du marché connaissent par cœur cette caractéristique technique très singulière du Nasdaq mais elle passe relativement inaperçue tant le S&P, le Dow Jones et le Dow Transport sont désormais réputés être capables de progresser indéfiniment sous l’effet de l’hélium monétaire injecté dans tous les actifs financiers depuis 2009.

Les médias sont d’autant mieux parvenus à détourner l’attention des investisseurs que le pétrole a fait une poussée au-delà des 107 $ vendredi… ce qui fut l’occasion d’attirer l’attention des investisseurs sur le fait que cela n’enrayait en aucune manière la progression du S&P500 en direction des 2.000Pts (un objectif dont plus de 75% des gérants américains se disent convaincus qu’il sera atteint avant la fin de l’année, et probablement même, le milieu de l’été).

Sur le Nasdaq en revanche, je n’ai pas lu beaucoup de commentaires mettant l’accent sur un risque de plafonnement imminent : voilà un dernier mur de la peur que cet indice n’aura pas à escalader !

Peut-être l’occasion ou jamais de tenter un short historique sous 4.372Pts… Mais en tout cas, conservez de l’or et j’espère que vous avez protégé votre portefeuille par des ETF bear !

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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