Donald Trump éreinte Justin Trudeau et cajole Kim Jong-un

Rédigé le 14 juin 2018 par | Toutes les analyses Imprimer

Tabarnak ! Donald Trump ne lâche pas l’affaire et continue de poursuivre Justin Trudeau de sa colère divine en prévenant le Canada que l’insolence de son Premier ministre va lui « coûter cher ».

La tension monte encore d’un cran entre les deux pays et le président américain l’a dit haut et fort : « Trudeau est faible » alors que Kim Jong-un, lui, est très fort (et « a très bon caractère, il est drôle, très intelligent et bon négociateur »).

Ainsi « Rocket Man » est-il devenu quelqu’un avec lequel il est possible de nouer des relations « très spéciales » (spéciales, elles les sont depuis le début), même si aucun des deux dirigeants ne s’est encore engagé sur quoi que ce soit. Ni feuille de route, ni calendrier, ni suspension des sanctions, ni démantèlement de missiles, ni projet de reconfiguration des relations commerciales avec la Chine et la Corée du Sud… Rien de rien, ou plutôt, rien que de la « com’ ».

Et à ce petit jeu, c’est Kim Jong-un qui fait figure de grand vainqueur. Il est en effet rentré au pays de manière triomphale après avoir discuté d’égal à égal avec l’homme qui a « le plus gros bouton ».

Il s’est même fait complimenter par l’homme le plus puissant de la planète pour sa trajectoire d’apprenti dictateur, « ce qui n’est pas facile quand on est si jeune ».

Des milliers d’opposants à son régime, des centaines de milliers de Nord-Coréens tués par les grandes famines qui ont sévi dans les années 1994/1998 du temps de son père Kim Jong-il, doivent se retourner dans leur tombe d’entendre le chef de la plus grande démocratie du monde se féliciter de négocier avec le chef de la plus implacable dictature de la planète.

Kim Jong-un est donc maintenant dans les petits papiers de Donald Trump, et peu importe si l’un de ses passe-temps favoris est d’expédier des missiles au-dessus du Japon et qu’il ait commandé l’assassinat de son demi-frère Kim Jong-nam en février 2017.

Le Canada et l’Europe plus que jamais dans le collimateur de Washington

A présent, le « bad guy » aux yeux de Donald Trump, c’est Justin Trudeau, « coupable » d’avoir lancé non pas des missiles par-dessus les Grands Lacs mais, pire encore, des critiques à son endroit.

Et dans ce contexte de rapprochement avec Pyongyang, il n’est plus question pour le chef de l’exécutif américain de désigner Pékin comme figure de proue de l’antagonisme économique au détriment des Etats-Unis. C’est donc Angela Merkel qui se retrouve désormais en première ligne. C’est exactement le scénario que nous avions anticipé dans un précédent numéro de notre stratégie (et avec Gilles, nous avons du coup conseillé un placement pour jouer cette montée des tensions entre Trump et Merkel) (Ndlr : pour comprendre et investir sur ces enjeux géopolitiques, inscrivez-vous ici à la lettre Béchade confidentiel).

Les marchés prennent tout cela avec un certain recul et même avec désinvolture. Ils sont habitués aux tweets rageurs de Donald Trump et ont pu observer que plus il s’emporte, moins il semble y avoir de retombées concrètes. Il a même avoué que l’escalade des menaces et les sobriquets dont il a affublé Kim Jong-un relevait de la rhétorique pure. Un exercice dont il a estimé qu’il était indispensable… et qui a parfaitement fonctionné puisque la dénucléarisation de la péninsule coréenne est aujourd’hui en marche, du moins officiellement.

Tout ceci illustrerait le dicton qui prétend que « chien qui aboie ne mord pas »… mais avec 25% de taxes sur l’acier et des menace de surtaxation des automobiles importées, le Canada et l’Europe commencent à avoir peur pour leurs mollets…

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Philippe Béchade
Philippe Béchade
Rédacteur en Chef de la Bourse au quotidien

 

Philippe Béchade rédige depuis 15 ans des chroniques macro-économiques et boursières ainsi que de nombreux essais financiers.

Intervenant régulier sur BFM Business depuis mai 1995, il est arbitragiste de formation, analyse technique et fut en France l’un des tout premiers traders et formateur sur les marchés à terme. Rédacteur et analyste contrarien pour la Bourse au Quotidien, vous trouverez son fil de news en temps réel sur cette page ou sur Twitter

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