Donald Trump va-t-il encore une fois renverser la table ?

Rédigé le 6 septembre 2018 par | Toutes les analyses Imprimer

donald trump bourse marchés wall street« Cap » ou pas « cap » ? Les investisseurs ne semblent pas prendre pas la menace de la guerre commerciale au sérieux, à voire tant le comportement de Wall Street hier (le recul du Nasdaq a été relatif et, comme Philippe Béchade vous l’explique dans son article du jour, ne peut être imputé aux tensions protectionnistes) que celui du CAC ce jeudi matin (il était en légère hausse vers 10h30). Manifestement, ils ne croient pas que Donald Trump sera « cap »…

Non, ce n’est pas possible. Non, l’insaisissable président américain n’instaurera pas 25% de droits de douane sur 200 Mds$ d’importations de Chine. Les consultations publiques sur ce projet doivent s’achever aujourd’hui et non, définitivement, les opérateurs ne le « voient » pas aller au bout.

La raison finira par l’emporter. L’orgueilleux successeur de Barack Obama, aussi imprévisible, primaire et binaire soit-il parfois, dans ses propos et ses tweets, finira par s’entendre avec cette Chine qu’il exècre. Cette Chine qui vole les technologies américaines et qui casse les règles de cette OMC dont il rêve qu’elle se réforme en profondeur, pour abonder davantage dans le sens de cet America First qu’il brandit comme un étendard. Et avec une insistance croissante à mesure que se rapprochent les toujours redoutées élections de mi-mandat…

Les investisseurs s’attendent à une détente

L’optimisme « de fond » des opérateurs s’explique peut-être par la conclusion inattendue du sommet de Washington à la fin du mois de juillet, quand Donald Trump et Jean-Claude Juncker ont pris tous les spécialistes de cours en parvenant à un accord. Las ! En grand spécialiste des rétropédalages, le président américain a remis la pression sur l’Union européenne.

Les choses ne sont donc toujours pas réglées avec Bruxelles, pas plus qu’avec Pékin, mais dans les deux cas, des négociations sont en cours. La porte n’est donc pas fermée… et on peut évidemment compter sur le président américain pour qu’il mette tout en œuvre afin que leur conclusion aille dans l’intérêt supérieur et sacro-saint de la première puissance économique mondiale.

Pour l’heure, le déficit commercial américain, à défaut d’être un indicateur considéré à sa juste valeur par les investisseurs, s’est notablement creusé en juillet. Une preuve que la politique agressive de Donald Trump à l’endroit de ses partenaires n’obtient pas les effets escomptés ? Le président américain fait-il fausse route ?

Une chose me semble en tout cas acquise : en mettant l’ensemble de ses menaces commerciales à exécution, il en sera tôt ou tard quitte pour une sévère correction sur les marchés actions américains (ce qui aura évidemment aussi des conséquences sur leurs homologues du monde entier). Correction dont il ne s’estimerait bien sûr pas comptable, aussi sûrement qu’il s’estime directement responsable de la détonante toute-puissance actuelle de Wall Street.

Philippe Béchade suit de très près les développements de cette guerre commerciale passionnante et qui restera comme un marqueur fort du premier (et unique ?) mandat de Donald Trump. Si vous souhaitez obtenir ses précieuses analyses sur cette question absolument capitale, c’est ici !

Achat d’or : même la Banque centrale indienne s’y met…

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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