Dollar US/dollar canadien : changement de cap à la Banque du Canada !

Rédigé le 21 mars 2013 par | Matières Premières Imprimer

Alors que le gouverneur de la Banque centrale canadienne, Mark Carney, va laisser sa place pour aller diriger la Banque d’Angleterre en juillet, il a encore du pain sur la planche. La pression sur le dollar canadien est forte.

Banque du Canada : changement de ton !
La Banque du Canada était la seul banque du G7 à entretenir le suspense sur une possible remontée des taux, à contre-courant des pays comme les Etats-Unis qui font tout pour assouplir leur politique monétaire.

Or le 6 mars dernier, le gouverneur Carney a franchement adouci sa position en déclarant que « l’inflation [reste] basse pour un moment », repoussant l’échéance d’une nouvelle remontée de taux. Mais pourquoi ce changement de langage ?

L’économie canadienne en difficulté ? Pas vraiment, non
Le Canada fait partie de ces pays qui ont réussi à passer au travers de la crise grâce à un modèle moderne et une capacité à s’adapter et à innover forte. La croissance a donc très bien résisté avec une progression en 2012 de 0,6%. Toutefois, on note une rapide dégradation au dernier trimestre 2012 avec un PIB dans le rouge de 0,2%. Cette déception relative sur la croissance peut-elle justifier à elle seule le changement de discours de la banque centrale ? Certainement pas.

Un million de postes créés !
D’ailleurs il n’y a qu’à regarder les derniers chiffres du chômage, à 7%, soit le plus bas depuis janvier 2009, et plus de 50 000 créations de postes en février.

Courbe du chômage canadien. Source : gouvernement - http://www.statcan.gc.ca
Courbe du chômage canadien. Source : gouvernement – http://www.statcan.gc.ca

Ces postes sont en plus, en grande partie, des temps-plein. Le ministère du Travail a lui-même annoncé que le Canada avait créé un million de postes depuis la fin de la récession en juillet 2009.

L’explication ? La guerre des devises… encore !
Il ne vous aura pas échappé que la plupart des économies en difficulté cherchent à trouver de la croissance en dopant leurs exportations et donc en baissant leur devise. Le Canada, avec son discours monétaire plus agressif, a vu sa monnaie s’apprécier rapidement surtout face au billet vert.

« La plupart des informations dont je dispose ne peuvent pas être diffusées dans les médias. Pourtant, certaines pourraient vous permettre de réaliser des plus-values de 25%… 34,5%… 60%… et bien d’autres »

Découvrez tout ce que ce spécialiste ne révélera pas en direct à la radio… et accédez à tout un secteur d’opportunités de gain : les explications sont par ici…

 

Avec un partenaire commercial aussi important que les Etats-Unis, le taux de change USDCAD devient alors problématique et pourrait expliquer ce changement d’orientation.

En regardant les chiffres de la balance commerciale, on se rend compte que les exportations ont chuté de 0,9% en décembre menées principalement par l’énergie (pétrole).

Depuis fin 2011, les exportations baissent régulièrement, ce qui coïncide exactement avec le début de la hausse de la devise comme vous le voyez sur le graphique ci-dessous.

Indice de force relative – forexticket.net
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Indice de force relative – forexticket.net

La lutte ne fait que commencer
On peut donc imaginer que la Banque du Canada a préféré calmer le jeu pour ne pas alimenter la hausse de la devise. Cela alors que les tensions reviennent en Zone euro et que le dollar canadien pourrait devenir un refuge rémunérateur avec un taux directeur à 1%, supérieur à la plupart des devises majeures.

Depuis ces déclarations, le huard, nommé ainsi en raison de l’oiseau gravé sur les pièces de 1 $CAD, a reculé un peu et est revenu proche des 1,0400 pour un dollar américain. Mais la pression devrait vite revenir comme l’indique ce graphique — et donc offrir une opportunité.

USDCAD : signal de vente ?

Indice de force relative – forexticket.net
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
USDCAD – weekly charts

Comme l’indique l’indicateur COT, les spéculateurs ont débouclé leurs achats d’options et futures de $CAD, provoquant la hausse récente. Mais la baisse des volumes illustre bien que les investisseurs sont tous simplement devenus plus attentistes, et patientent dans l’optique d’un nouveau signal pour acheter du dollar canadien.

Pour profiter de cette configuration, il va falloir scruter les prochains chiffres macro-économiques qui, s’ils confirment la bonne santé de l’économie canadienne, devraient doper le cours de la devise et faire ainsi chuter l’USDCAD.

Techniquement, je vous recommande de passer à la vente sur la zone actuelle entre 1,0240 et 1,0180 avec une zone de stop à 1,0300. L’objectif premier sera un retour à la parité. Les ventes de détail publiées prochainement pourraient être le catalyseur que nous attendons !
[NDLR : Retrouvez tous les conseils et recommandations de Jérôme Revillier jour après jour… et profitez enfin de tout le potentiel du Forex ! Tout est là…]

Mots clé : - -

Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

Laissez un commentaire