Le dollar, négativement corrélé aux indices actions

Rédigé le 17 novembre 2009 par | Analyses indices, Matières Premières, US, VIX Imprimer

Quelque chose de troublant

Il y a quelque chose de troublant dans l’évolution des marchés ces derniers jours. Les chiffres sont bons, le moral revient, on recommence à créer des emplois en Australie et on en perd un peu moins aux Etats-Unis.

Pourtant, il faut bien dire que les indices se sont arrêtés nets jeudi soir sans raison véritablement apparente.

Le 12 novembre, à quelques minutes de la clôture à Wall Street, alors que j’écrivais ces lignes, le Dow Jones perdait presque 1%.

Graphique du VIX

Alors même qu’il y a encore quelques jours, on assistait à des hausses reposant sur des commentaires ou des enquêtes encourageantes, à la fin de la semaine dernière, les volumes sont restés faibles et la méfiance s’est élevée. L’indice VIX l’illustre parfaitement sur la journée de jeudi en passant de 23 à 24,6 en quelques heures.

Le dollar valeur refuge ?

Sans conteste, le dollar représente la valeur refuge par excellence comme le prouve sa corrélation négative avec l’indice Dow Jones par exemple, représentée sur le graphique ci-dessous.

Graphique de l'euro/usd

Cependant, je pense qu’un autre phénomène va s’amplifier dans les prochaines semaines. On a rapidement oublié la théorie souvent avancée au tout début de la crise quand on parlait encore des Etats-Unis comme de la locomotive de l’économie mondiale.

Une majorité d’analystes défendaient la thèse que les Etats-Unis étaient les mieux armés pour rebondir les premiers.

Changement de sentiment en faveur des Etats-Unis

On est sans doute à l’aube d’un changement de sentiment en faveur de l’économie américaine.

Et quand on y réfléchit, les Etats-Unis sont dans un tel état qu’ils sont de moins en moins exposés à de mauvaises nouvelles.

En face, l’Europe reste à flot mais sans véritable dynamisme économique ni politique commune, le rebond, s’il a lieu, devrait être moins impressionnant.

Jeudi matin, la production industrielle en zone euro a marqué le pas avec une progression décevante de 0,3% alors que dans le même temps, les chiffres de l’emploi américain étaient moins mauvais qu’attendus.

Je suis bien entendu conscient que la situation budgétaire des Etats-Unis est catastrophique avec une annonce d’un déficit record à 176,4 milliards de dollars. Mais les apparences et le dynamisme historique de l’économie américaine pourraient en surprendre sans doute plus d’un.

L’euro montre des signes de faiblesse

La monnaie unique a eu tôt fait de retourner sur 1,4820 qui est un niveau majeur de support alors que les places américaines perdaient du terrain.

Faiblesses de l'euro/usd

Et si la tendance haussière n’est pas encore remise en cause sur l’euro/dollar, les graphiques et les autres indicateurs commencent à montrer des signes de faiblesse.

L’euro n’a pas réussi à franchir un nouveau plus haut (au-dessus des 1,5066) avant de se retourner ; symbolisant ainsi la fragilité que j’évoquais en début de semaine.

La clé pourrait se situer dans les chiffres du PIB que je ne connais pas encore alors que j’écris ces lignes.

Mais il est désormais impératif pour la monnaie unique de franchir les 1,5060 afin de confirmer sa vigueur et maintenir le cap vers les 1,53 puis 1,60.

Dans le cas contraire, nous surveillerons attentivement le comportement de la paire sur le support majeur à 1,4750.

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Jérôme Reviller
Jérôme Reviller

Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd’hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l’Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés.

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