DNX Corp manque de charme

Rédigé le 27 mars 2012 par | Mid et Small Caps Imprimer

C’est dans un grand restaurant parisien du bas des Champs Elysées que j’ai longuement rencontré Patrice Macar, PDG de DNX Corp (FR0010436584), anciennement Dreamnex. La société a été créée en 1999 par cet homme issu du marketing promotionnel et s’est introduite en Bourse en 2007.

Si vous parlez de DNX Corp à un collègue, dans le milieu, vous décèlerez bien souvent un petit rictus qui lui traversera leur visage. Car DNX Corp n’est pas une société comme les autres : elle vend du tout l’arsenal du charme et du plaisir en ligne.

Elle opère pour 90% de son activité dans les « rencontres » (via par exemple son site Wekiss.com), les webcams pour adultes ou encore la vidéo on demand classée X. Les 10% restants sont générés essentiellement la vente de produits — lingerie ou encore sextoys. Mais la société va désormais chercher à se diversifier.

Devinez dans quoi ? Bingo ! « Nous voulons également nous développer dans les jeux d’argent qui représentent 0,5% de l’activité » précise Patrice Macar.

Oui de toute évidence la valeur n’aurait pas sa place dans certains fonds éthiques. Et Patrice Macar m’a avoué que la société n’était pas aidée par OSEO-Anvar, donc éligible aux FCPI, à cause de son positionnement jugé trop spécial.

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Elle s’apprête en effet à commercialiser une nouvelle molécule au second trimestre 2012, et cela pourrait révolutionner le traitement du cancer. Nos spécialistes sont formels : ACHETEZ !

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Sauf qu’en termes d’investissement, personnellement cela m’est égal. Ce qui compte pour moi, c’est évidemment le potentiel de croissance de la boîte, et donc du titre boursier. Et malheureusement, c’est cela qui m’ennuie le plus dans le dossier.

Le chiffre d’affaires a encore baissé de 7% l’an dernier, à 57 millions d’euros après avoir chuté de 9% en 2010. Alors, certes, le PDG essaye de me rassurer : « 2012 devrait être une année de stabilité avec une bonne dynamique dans les webcams mais une nouvelle baisse dans la VOD »… Car les internautes cherchent de plus en plus de la vidéo X gratuite, ce qui est facile à trouver. Donc la VOD risque de subir cette érosion de la clientèle — qui peut-être se reportera sur les webcams du coup ?

Quoi qu’il en soit, cette baisse de l’activité a pesé sur la rentabilité du groupe, en recul l’an dernier. Ainsi le résultat opérationnel a chuté de 17% à 11,3 millions d’euros, soit une marge opérationnelle revenue sous les 20%. Et le résultat net a suivi le même chemin avec un recul de 16,2% à 9,3 millions d’euros.

A l’origine de cette performance médiocre, on trouve notamment une hausse des charges salariales ainsi qu’une nette progression des moyens de paiement sur factures opérateurs. Cela consiste à reporter vos achats sur votre facture opérateur ; pratique pour les internautes, mais cela génère des commissions plus élevées.

DNX Corp dispose depuis fin 2011 d’une licence européenne d’émetteur de monnaie électronique. Cela veut dire qu’un internaute ouvre un compte chez eux, et que ses achats sont débités de ce compte. « Cela nous ouvre de nouvelles perspectives dans le domaine des services de paiement » précise Patrice Macar, qui a beaucoup insisté sur ces nouvelles perspectives.

Patrice Macar distribue 66% de son bénéfice net sous forme de dividendes. Il en est bien sûr le principal bénéficiaire (il détient 23,9% du capital devant des business angels historiques qui ont 23% du capital). Cette distribution fait de DNX Corp une valeur de rendement. En effet, le groupe va distribuer sur l’ensemble de l’exercice un dividende de 1,82 euro par action. C’est moins que les 2,17 euros de 2010 ou encore que les 2,47 euros de 2009. Mais cela reste très convenable car aux cours actuels, cela représente un rendement de 10,6% !

Sauf que. Un dividende est-il la raison pour laquelle vous devez acheter un titre ? Non, et mille fois non. Surtout qu’un acompte de 0,88 euro a déjà été versé le 13 janvier dernier. « Nous n’avons pas de raison de changer notre politique de dividende » me précise Patrice Macar qui précise disposer d’une trésorerie nette de 9,4 millions d’euros.

2012 sera donc une année qualifiée de « transition » par le PDG avec une stabilité du chiffre d’affaires et de la rentabilité. Mais pour moi, rien de bien passionnant pour l’instant dans ce dossier, sauf que le rendement reste copieux. Raison insuffisante pour acheter.

Ce n’est qu’en 2013 que tout devrait s’améliorer avec notamment la montée en puissance des nouvelles activités paiements et services aux marchands avec également des paiements autour du porte-monnaie électronique. Mais nous n’en sommes pas encore là. Si la rentabilité ne baisse pas cette année, on peut dire que DNX Corp n’est pas très chère avec un PER* de 6,5 et une VE/ROC de 3,5.

C’est un pari à prendre qui peut révéler des surprises s’il y avait une amélioration rapide, mais je n’ai pas eu cette sensation en écoutant Patrice Macar pendant plus d’une heure et demie.

En plus, j’ai vraiment du mal à quantifier l’essor du porte-monnaie électronique et la nouvelle licence d’émetteur de monnaie électronique. Quid également des services de charme avec l’avènement du gratuit et le téléchargement illégal ? Quid du développement de la partie jeu en ligne ? Les entreprises qui se sont lancées sur ce secteur ont du mal à convaincre. Il y a encore beaucoup trop d’interrogations, même si l’action a perdu plus de 62% en cinq ans.

Mais je mets simplement la valeur sur ma watchliste, histoire de surveiller ses objectifs d’amélioration.

* Décryptage : PER
Price Earning Ratio. Le PER sert à calculer la cherté d’une action. Il se calcule en divisant le cours du titre par le bénéfice ramené à une action. Par exemple : une entreprise est cotée à 40 euros. Son bénéfice par action est de 2 euros. Le PER est donc de 20. Cela veut dire que lorsque j’achète une action, je la paye 20 fois le bénéfice qu’elle va dégager (on considère généralement que le ratio peut aller de 5 à 40). Plus le PER est faible, plus il est rentable d’acheter. Cet indicateur se révèle très utile pour comparer les différentes entreprises d’un même secteur.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

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Un commentaire pour “DNX Corp manque de charme”

  1. […] d’un point de vue fondamental, comme Eric vous le disait, rien de bien […]

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