Dies horribilis pour Eramet : - 20% ! | La Bourse au Quotidien


Dies horribilis pour Eramet : – 20% !

Rédigé le 25 juillet 2018 par | Actions, Indices, sociétés et marchés, Mid et Small Caps, Trading, Bourse Imprimer

Logo d'ErametIntroduit en Bourse en 1994, Eramet (FR0000131757-ERA) n’avait jamais connu une séance aussi apocalyptique. Incontestable lanterne rouge du SBF120, le titre du spécialiste des métaux s’effondre de… 19,67% un peu avant 15h, à 87,40€. Son bilan est désormais négatif depuis le début de l’année (-11,7%) et la capitalisation boursière ne s’élève plus qu’à 2,3 Mds€. Un vrai carnage !

Cet impressionnant gadin résulte de la conjonction de plusieurs facteurs, avec en premier lieu un climat de tensions commerciales qui assombrit l’horizon général. Déplorant une visibilité toujours « limitée », la direction a également fait état d’un climat de tensions et d’incertitudes dans les relations commerciales qui tend à accroître la volatilité des marchés des matières premières.

Des déclarations qui ont ébranlé la communauté financière, à l’inverse totalement imperméable à l’annonce selon laquelle les marchés d’Eramet « restent globalement bien orientés » à l’entame du second semestre.

Publication décevante et perspectives peu engageantes

Les investisseurs sanctionnent aussi une publication semestrielle assez décevante, dans un contexte de vive progression des cours du manganèse (+29%) et du nickel (+42%) qui aurait dû davantage faire les affaires du groupe, avec une hausse inférieure aux attentes du bénéfice opérationnel courant de 15% à 294 M€. De même, le chiffre d’affaires n’a crû que de 1% par rapport aux six premiers mois de 2017 à 928 M€ alors qu’il s’était envolé de 48% à la même période l’an passé.

Un ralentissement prononcé qu’Eramet a imputé à « l’érosion des prix des alliages de manganèse, conduisant à un effet ciseaux défavorable sur la marge », mais la baisse du dollar face à la monnaie unique et l’augmentation du prix du baril de Brent ont également eu un impact sur la performance du groupe.

Ce dernier est à présent attendu au tournant, d’autant que son ratio de dette nette a crû de quatre points en six mois pour s’établir à 23% à fin juin.

Du point de vue boursier, l’action se paie sur un VE/Ebit de 4 et sur un PER de 9. Une fois cette publication digérée, elle devrait donc logiquement repartir à la hausse. Le contexte commercial incite toutefois à la prudence…

La guerre commerciale risque de pénaliser un grand nombre de secteurs en Bourse

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Guillaume Duhamel
Guillaume Duhamel

Guillaume Duhamel suit l’actualité boursière au quotidien depuis plus de 5 ans. Historien diplômé de l’Université de Paris IV-Sorbonne et journaliste de formation, passé également par le sport et le développement durable, il voue un intérêt particulier aux small et midcaps, ainsi qu’aux secteurs de l’énergie et de l’aéronautique

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