Mon diagnostic de Diagnostic Medical

Rédigé le 10 mai 2011 par | Biotechs et Medtechs, Mid et Small Caps Imprimer

Un matin, un gérant m’appelle et me dit de but en blanc: « Eric, tu devrais rencontrer DIAGNOSTIC MEDICAL (FR0000063224 – DGM), c’est une penny stock qui semble aller de mieux en mieux ».

Pour être franc avec vous, DGM ne m’a jamais inspiré confiance. La société est le spécialiste français du développement, de la conception et de la fabrication de systèmes d’imagerie dédiés à la radiologie numérique et à l’ostéodensitométrie… mais non, rien à faire, je n’aimais pas la boîte.

Mes raisons son plutôt simples : son ancien dirigeant, que j’avais déjà rencontré, avait une très mauvaise communication financière, annonçant des objectifs financiers qu’il ne tenait jamais. Encore une fois, je ne saurai que vous répéter l’importance d’avoir une bonne communication quand vous voulez attirez l’attention de la communauté financière. Car le dirigeant, là, avait ainsi perdu toute crédibilité.

Je vais vous donner quelques chiffres qui sont édifiants…. Sur un plan financier, entre 2005 et 2010, la société a perdu 23,8 mero (millions d’euros dans mon jargon : c’est plus simple !) pour un CA stable. Et encore la croissance du CA a atteint 16% en 2010 ! Mais l’action s’est évidement effondrée, perdant 93% de sa valeur. Durant ces cinq années, la société a levé environ 25 mero, ce qui est énorme pour un chiffre d’affaires ne dépassant pas les 18 mero. D’où bien sûr des dilutions à répétition, avec l’actionnaire qui trinque.

Graphique de Diagnostic Medical
Pour agrandir le graphique, cliquez dessus

Bref, voilà pour moi une société au bord du gouffre avec une telle perte de crédibilité qu’il me semblait illusoire de la regarder. Mais interloqué par ma communication téléphonique, je décide de rencontrer le nouveau P-DG du groupe, Jean-Paul Ansel.

Aussitôt son langage m’étonne. Il a vraiment un langage de financier et non pas d’industriel (ce qui, en quelque sorte, me rassure car je me dis que cet homme-là sait aussi gérer des enjeux financiers). « Je suis un ancien de Merrill Lynch et j’ai également travaillé dans la banque d’investissement d’HSBC. Je suis un redresseur d’entreprise » m’indique-t-il. Il est arrivé dans le groupe en 2009 avec comme mission, un redressement que certains jugeaient impossible avec l’ancienne direction.

Tout de suite pour marquer son territoire, il me fait une comparaison entre 2009 et 2010. « En 2009, DMS a perdu 6 mero mais cette perte était subie, sans visibilité. L’an dernier, sous ma direction, nous avons perdu 5,7 mero mais cette perte construit l’avenir car il y a par exemple 3 mero de pertes non récurrentes » dit-il. « 2010 a été une année majeure de restructuration avec par exemple la poursuite de la politique de réduction des effectifs. De 130 personnes en 2009, la société devrait passer à 70 personnes en fin d’année. Mon but est également d’améliorer la productivité par salarié. Je vise un chiffre d’affaires en fin d’année de 300 kero [NDLR: « kilo euros », vous l’aurez compris] par employé contre 100 kero il y a deux ans ».

Mais les objectifs financiers ne me suffisent pas si derrière les produits ne suivent pas. Je lui demande d’éclaircir ce point. Car je sais que le groupe a mis sur le marché deux nouveaux produits en 2010 : la table de radiologie Platinum et l’ostéodensitomètre Stratos DR. L’activité de radiologie représente encore 80% du chiffre d’affaires du groupe. « Cette activité est très concurrentielle et nous avons de grands concurrents comme Philips ou encore General Electric » précise le patron du groupe.

Du coup, il a signé un accord commercial majeur l’an dernier avec T2I Healthcare — société spécialisée dans l’imagerie médicale communicante et les équipements de radiologie et tables télécommandées.

Depuis moins d’un an, T2I Healthcare distribue en France l’ensemble des solutions de radiologie et d’ostéodensitométrie conçues et développées par DGM, qui sera lancé avant la fin de l’année 2010.

T2I Healthcare doit ainsi permettre de renforcer le réseau commercial de DGM, à la fois en termes d’équipes de vente mais également sur le plan géographique avec un maillage désormais complet de l’Hexagone. « J’ai toutefois comme objectif d’augmenter la part de l’ostéodensitométrie. L’idéal est de réaliser 50% de CA dans chaque activité » ajoute Jean-Paul Ansel.

Il est vrai que cette dernière activité est nettement plus rentable car il n’y a que deux concurrents. « D’ores et déjà, DIAGNOSTIC MEDICAL SYSTEMS a réussi à faire homologuer le Stratos en Corée du Sud. C’est une excellente nouvelle, car cela nous ouvre en grand les portes de la Chine, qui est un marché considérable ».

On le voit et je vous avoue que j’en suis le plus surpris : DGM semble prendre une nouvelle dimension. « Je ne suis pas là pour vous vendre du rêve, mais pour vous exposer la réalité » me dit le gérant.

En 2011, le groupe va réduire ses pertes avec sans doute un équilibre en fin d’année (non pas sur l’ensemble de l’exercice mais sur un trimestre), tout en enregistrant une progression de son chiffre d’affaires.

La situation financière est saine avec des fonds propres consolidés de 11,2 mero (0,27 euro par action) et une trésorerie nette de dettes financières positive de 3,9 mero.

Mais si vous vous penchez sur le graphique ci-dessus, vous verrez que l’action est extrêmement volatile et ce pour deux raisons. Primo l’actionnariat du groupe est éclaté avec aucun actionnaire ne dépassant les 2% du capital. Secundo la valeur est éligible au SRD, ce qui veut dire qu’on peut l’acheter avec effet de levier — et la vendre à découvert !

Alors après toutes ses explications, quel est mon sentiment sur la valeur ?

Mon avis sur DGM…

Je pense que c’est sans doute un peu trop tôt pour jouer une appréciation de DGM mais à la moindre bonne nouvelle la hausse peut être très importante. N’oubliez pas que la valeur a valu jusqu’à 5,85 euros il y a 5 ans… et quasiment 20 euros il y a 10 ans !

La marge de progression, si la rentabilité* est au rendez-vous, est donc ENORME. L’action se traîne sur les 0,37 euro actuellement. Donc si vous avez le coeur bien accroché, pourquoi ne pas tenter.

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* Décryptage : Rentabilité

C’est le rapport entre les recettes et les dépenses. C’est un bon indicateur pour mesurer l’efficacité d’une entreprise à générer de la valeur. Si une société a besoin de 100 euros pour fabriquer 101 euros, elle n’est pas très rentable. Si avec 100, elle crée 150 euros, elle est beaucoup plus efficace.

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Eric Lewin
Eric Lewin
Rédacteur en Chef de La lettre PEA et Mes valeurs de Croissance

Journaliste pour BFM Business et dans d’autres médias… conseiller pour un fonds Small Caps chez CFD Asset Management… responsable de la salle de marché chez EuroLand Finance… consultant pour dirigeants d’entreprise…

Le parcours professionnel d’Eric Lewin est tout simplement remarquable – et représente un atout considérable pour vos investissements : un carnet d’adresses rempli, l’expérience de la réalité des publications de résultats, de la manière dont les « insiders » et les institutionnels fonctionnent…

Cette expérience multi-facettes lui permet de lire entre les lignes des marchés – et de révéler aux lecteurs de La lettre PEA des conseils de tout premier ordre pour se constituer un PEA alliant solidité… et économies d’impôts !

En savoir plus sur La Lettre PEA et Mes Valeurs de Croissance.

6 commentaires pour “Mon diagnostic de Diagnostic Medical”

  1. Désolé de vous contredire mais DGM ne peut être vendue à découvert (VAD)
    Il me semble qu’un analyste de votre dimension doit le savoir !

    RAPPEL :
    Cercle Finance le 09/02/2011 à 16:07
    DMS : ses titres éligibles au SRD ‘Long-seulement’

    Diagnostic Medical Systems annonce l’admission de ses titres au SRD ‘Long-seulement’ à partir du 16 février prochain.
    Le SRD ‘est un mécanisme simple, tout en restant encadré par des règles prudentielles strictes qui permet aux investisseurs d’investir avec un levier sur des valeurs par le biais d’un marché réglementé.

    Quant à la notion de ‘Long-seulement’, elle signifie que la valeur n’est éligible qu’à l’achat avec levier.

  2. Cher monsieur
    vous avez entièrement raison, il s’agit d’une coquille.
    Veuillez nous excuser pour cette faute d’inattention

  3. […] c’est rare car, comme je vous le disais dans un précédent article, les fonds préfèrent généralement rester à l’écart des penny stocks. Ce cas mis à […]

  4. Bonjour,

    Votre avis sur les biotechs seraient interressant.
    Que pensez vous de Exonhit ou de Nicox par exemple.

    Merci

  5. […] Prenons un autre exemple. La capitalisation de DIAGNOSTIC MEDICAL (FR0000063224 – DGM), dont je vous ai déjà longuement parlé, a une capitalisation boursière de 15 mero. Mais il n’y a pas d’actionnaire de […]

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